Marc-André Fortin et Audrey-Louise Beauséjour ont tous les deux été dévoilés au grand public avec leur participation à Star Académie. Il a remporté les honneurs en 2005; elle figurait parmi les favoris en 2022. Après avoir enchaîné les projets, ces deux interprètes polyvalents et talentueux sont réunis pour le spectacle Un piano et des mots présenté au Théâtre Alphonse-Desjardins cet été à Repentigny. Nous avons discuté avec eux afin d’en apprendre davantage!
Marc-André Fortin

Comment ce projet s’est-il présenté à toi ?
Ça fait quelques spectacles que je fais avec les Productions Grand V. J’avais fait Je reviens chez nous et Deux, les plus grands duos. L’année passée, ils m’avaient proposé de faire Nos icônes, mais finalement ça n’a pas fonctionné pour un paquet de raisons. Là, ils sont revenus avec ce projet-là en me parlant du concept plus épuré avec trois musiciens et avec les textes mis de l’avant. Donc je trouvais ça très intéressant! J’aimais aussi que ce soit 100% en français. C’est ce qui m’interpelle le plus dans la vie. La musique québécoise, la musique francophone, c’est ce que j’écoute le plus. En plus, quand ils m’ont nommé Audrey-Louise qui serait possiblement dans le projet, j’étais super enchanté parce que je suis fan de la chanteuse qu’elle est.
Comment décrirais-tu le spectacle ?
C’est vraiment un beau show, pour vrai! On fait un voyage dans plein de genres de musique en français. On dépoussière de vieux succès que les gens ont peut-être oubliés, mais on prend aussi des trucs plus actuels comme du Patrice Michaud ou du Ingrid St-Pierre, par exemple, puis on les met à notre sauce. Il y a une belle réflexion dans le show, une belle introspection. J’ai hâte de le vivre avec la réaction des gens dans le public. C’est un show qui reste près de nous; on se raconte un peu à travers ça. Je pense que les gens vont apprécier. Je pense qu’ils vont ressortir avec une belle émotion, une belle lumière. On ne veut pas faire danser le monde; ce n’est pas ça l’objectif.
C’est un beau rendez-vous avec les mots. On aborde des thèmes comme le temps qui passe, les saisons, vieillir… On fait un clin d’œil à Star Académie, aussi, parce que je l’ai gagné il y a 20 ans et Audrey-Louise y a participé plus récemment. Je pense qu’on va plaire à plein de gens, peu importe la génération. Les plus jeunes vont peut-être aussi découvrir certaines chansons. Par exemple, on fait du Francine Raymond, qui est une des grandes autrices-compositrices au Québec. On ne l’a pas oubliée, mais on dirait qu’on ne l’a jamais célébrée à sa juste valeur. Ça ratisse très large! C’est très touchant aussi, comme show. Même nous, comme interprètes, on passe dans des zones plus sensibles aussi. Ce n’est pas nécessairement triste; il y a quelque chose qui fait du bien aussi, dans tout ça. C’est un peu thérapeutique, je dirais (rires)!
Vous interpréterez des classiques du répertoire francophone. En quoi celui-ci est-il important pour toi ?
Ça a toujours été ce que je mettais de l’avant. Je chante en anglais des fois, oui, mais ce n’est pas ma langue et je n’ai pas été élevé dans un univers anglophone. Je viens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et on apprenait l’anglais à l’école, mais c’était très, très secondaire à l’époque (rires)! Notre langue, c’est notre culture, c’est nos racines. C’est important de la célébrer et de ne pas l’oublier. On dirait que, des fois, c’est mis de côté, et je trouve qu’un show comme ça la met en valeur.
Je trouve ça important et j’espère qu’il va y avoir une clientèle un peu plus jeune aussi pour leur faire découvrir le tellement beau répertoire qu’on a ici et ailleurs dans la francophonie. Je trouve ça important, et il ne faut pas perdre ça! C’est une belle langue, le français. Moi, j’aimais le français à l’école. J’aime ça bien écrire, même si on écrit de moins en moins avec un crayon sur du papier. Quand je vois des fautes sur des statuts Facebook, ça me rend fou (rires)! De promouvoir notre langue, à travers la chanson et la musique, c’est une fierté et un devoir qu’on se doit de faire, en fait.


Comment avez-vous choisi les pièces que vous présenterez au public ?
C’était le fun comme processus. Je n’avais jamais procédé à ce genre de travail à ce point-là. Le show est parti vraiment d’une rencontre avec Audrey-Louise, moi, Janik [V. Dufour] et Louis-Charles [Sylvestre], qui est un des scripteurs. On s’est fait un souper, puis on avait une liste de questions. On est partis de ça. Nos souvenirs d’enfance par rapport à la musique, notre chanson préférée, les chansons préférées de nos parents, des chansons qui nous font penser à nos enfants, à des voyages, des chansons qu’on a toujours voulu chanter, des chansons qu’on considérait comme des défis… Ça a emmené plein, plein, plein de discussions.
On s’est un peu racontés, à travers tout ça. Ils ont bâti le show avec ces outils-là, en mettant leur coup de cœur à eux aussi, évidemment, et aussi pour que le show se tienne. Je dirais que c’est un show qui nous ressemble à 98% parce que ce sont toutes des chansons qu’on a nommées ou presque. C’était intéressant après de voir ce qu’ils allaient garder et comment ils allaient arranger tout ça. Ils n’ont pas pu tout mettre non plus, évidemment. Je n’ai pas compté on faisait combien de chansons, mais je dirais une cinquantaine. Des fois, c’est des medleys ou de courts extraits, des fois, c’est plus long, mais on se raconte vraiment à travers tout ça. C’est notre essence à travers les chansons.
Le piano est au cœur du spectacle, pratiquement aussi important que vos voix. Certaines chansons jouées habituellement à la guitare seront même réarrangées au piano. En tant qu’interprète, comment décrirais-tu ton rapport à cet instrument ?
Premièrement, dès l’âge de 6 ans, je suivais des cours de piano. Il y a toujours eu un piano chez nous; ça a toujours fait partie de mon quotidien. Encore aujourd’hui, le piano qui était chez mes grands-parents et ensuite chez mes parents est maintenant dans ma maison. C’est un élément de décor exceptionnel, puis c’est un son qui a toujours fait partie de moi. C’est un instrument qui est toujours dans mes arrangements en studio, quand je fais des chansons. Il n’y a jamais juste de la guitare dans mes chansons; il y a toujours du piano. Qu’il soit aussi présent dans le spectacle, je trouve ça super intéressant.
Ça nous emmène tellement ailleurs comme ambiance, comme atmosphère. C’est une autre façon de chanter, on dirait. Il y a l’instrument, mais il y a aussi le gars qui en joue, Gabriel Bertrand Gagnon. Il nous écoute vraiment comme chanteur et il nous inspire, puis nous, on l’inspire aussi. C’est un bel humain et, ce qu’il joue, c’est toujours beau; ça nous donne des frissons! Qu’il ait cette place-là dans le show, c’est le fun pour nous et c’est le fun pour lui. On lui donne même un numéro juste à lui avec du Alexandra Stréliski et du Jean-Michel Blais. Il a vraiment son moment à lui où nous on n’est même pas sur scène.
Le spectacle s’appelle Un piano et des mots. Si tu devais choisir un seul mot pour le décrire dans une formule Un piano et…, lequel choisirais-tu et pourquoi ?
Oh mon dieu! Tu sais, il y a des mots universels, comme l’amour. C’est le premier mot qui me vient en tête parce que ça s’applique à toute chose. L’amour de soi, l’amour de conjoint et conjointe, l’amour de ses enfants, l’amour de ses parents, l’amour de ses amis… Ça englobe plein de choses! En plus, il y a des chansons d’amour qui vont dans tous les sens, et on aimera toujours chanter des chansons d’amour.


Qu’espères-tu que les gens vont ressentir en vous écoutant ?
Je pense qu’ils vont prendre conscience de vraiment écouter les textes et peut-être les comprendre d’une autre façon, aussi. Juste de s’arrêter pour écouter les paroles, ça peut changer notre perception, des fois. On ne s’arrête pas toujours sur ce que les chansons veulent dire. Là, c’est ça qui est mis de l’avant. On n’est pas enterrés par les instruments; le texte, c’est l’élément principal. Je pense qu’ils vont réaliser que, des fois, on écoute sans écouter attentivement. Des fois, ça fait partie de nos vies, mais on fait autre chose en même temps; on est dans l’auto, on travaille, on cuisine, donc on ne s’arrête pas.
Je pense que ça va être un deux heures où on se met sur pause, comme public, et juste recevoir ça le plus ouvertement possible. Je pense que ça va être rempli de frissons, de belles émotions de différentes sortes. Ça va permettre un voyage dans les souvenirs, aussi, une belle nostalgie. Je conseillerais d’avoir un petit mouchoir pas loin (rires)! Ça va faire du bien, de vivre ça. Il se passe des affaires en ce moment qui ne sont pas nécessairement belles, on va se le dire, mais je pense que ça va être lumineux. Même si on parle des départs ou du temps qui passe, je pense qu’on le fait d’une façon qui réconforte.
Vous avez tous les deux participé à Star Académie, en 2005 et en 2022. Qu’est-ce que ça fait d’être réunis sur un projet comme celui-là ?
Je l’avais beaucoup aimée à Star Ac, mais on ne s’était jamais rencontrés. Artistiquement et vocalement, ça fonctionne tellement bien avec elle. Elle a tellement chanté avec plein de gens différents, plein de styles différents, et ça paraît. Il n’y a rien qui lui fait peur; elle est ouverte à tout. C’est vraiment facile! Moi aussi, j’ai fait beaucoup de spectacles de revues et d’harmonies. J’ai autant chanté du Bon Jovi que du Joe Dassin. Les deux, on est un peu caméléon dans ces univers-là, et moi, c’est ce que j’aime!
Il y a quelque de chose de naturel dans notre complicité naissante. J’avais hâte de voir parce que j’ai 42 ans et elle en a presque 26, donc on a quand même une bonne différence d’âge, mais ça ne paraît pas. Elle, c’est une vieille âme et moi, je ne sens pas que j’ai 42 ans (rires)! Donc, je pense qu’on s’est comme bien trouvés entre les deux dans notre personnalité, dans notre humour, dans ce qu’on est en train de créer. Nos deux univers se mélangent vraiment bien. Les filles qui nous ont choisis ont eu un bon flash de nous mélanger et de ne pas se fier à l’âge.
Pour en revenir à Star Académie, je ne peux pas croire que ça fait va faire 20 ans. Dans ma tête c’est comme hier, et je suis content qu’ils en refassent un exactement 20 ans plus tard. Ça reste tellement des souvenirs magnifiques pour moi. Je le referais demain matin et je vais l’écouter avec le plus grand intérêt du monde, ça, c’est sûr! Je comprends pourquoi les gens s’attachent autant. C’est vraiment le fun à suivre, d’écouter les quotidiennes et de les voir évoluer, tout en sachant ce qui se passe de leur bord. Justement, je me souviens quand Audrey-Louise a été éliminée, on n’avait jamais vu ça venir de notre vie parce que c’était tellement une interprète hors pair et hors norme! C’était complètement inconcevable pour moi! Je peux te dire que j’embarque dans le trip Star Ac même en étant dans mon salon (rires)!
Quelle serait la pièce que tu as le plus hâte de présenter au public ?
Je ne dirai pas elle est où dans le show, mais il y a une chanson que j’avais demandée. C’est une des chansons de Jean-Pierre Ferland qui nous a quittés dernièrement. Je ne l’avais jamais chantée, mais je l’écoutais souvent; c’est la chanson « Avant de m’assagir ». Après l’avoir mise dans le show, on a su que c’était la chanson qu’il aurait voulu entendre au moment de sa mort ou juste avant de mourir. Des fois, les circonstances de la vie sont drôlement faites. On a le privilège d’avoir cette grande chanson-là dans le show. C’est comme un beau clin d’œil à Jean-Pierre. Elle est bien placée dans le show et résume bien ce dont on parle. C’est un beau cadeau pour des interprètes comme nous. On va essayer d’y rendre hommage et de lui faire honneur comme il se doit!
Audrey-Louise Beauséjour

Comment ce projet s’est-il présenté à toi ?
J’ai reçu un appel des Productions Grand V qui m’ont laissé savoir qu’ils avaient pensé à moi pour un nouveau projet pour l’été 2024. J’étais déjà intéressée parce que je savais que c’était de grandes productions et des spectacles de qualité et qu’ils avaient vraiment le souci du détail. J’en avais aussi entendu parler par d’autres amis qui avaient déjà travaillé sur ces spectacles-là, notamment Frédérique Mousseau et Camélia Zaki. Je savais déjà que c’était une équipe absolument formidable, donc j’avais déjà un pied dedans (rires)!
Ils m’ont parlé du projet qui allait être 100% francophone et qui allait donc mettre en valeur la langue de chez nous, puis que ça allait être une revue musicale, mais avec nous-mêmes à l’avant-plan, sans personnages. Ils m’ont dit qu’on serait très impliqués dans le choix des chansons. Ça, ça m’a beaucoup intéressée, puis ils m’ont ensuite parlé de Marc-André Fortin. Je trouvais ça tellement cool! Je n’avais aucune raison de dire non (rires)! Ça me tentait vraiment parce que, tout d’abord, je n’avais jamais travaillé avec lui, mais il avait l’air d’être tellement une belle personne, et, en plus, il est super talentueux et a une voix d’une qualité infinie, riche et en même temps fragile. Je savais aussi que nos voix allaient bien fitter. Ça me tentait full!
Comment décrirais-tu le spectacle ?
Je pense que la grande qualité du spectacle, c’est que les gens vont se rendre compte qu’il n’y a pas assez de deux heures dans une vie pour mettre toute la beauté et la qualité du répertoire francophone de l’avant. Le texte est mis de l’avant, donc on comprend encore plus les chansons et le sens de ce qu’elles veulent dire ou, des fois, on peut voir un nouveau sens auquel on n’avait pas pensé dans une chanson. Je pense qu’il y a beaucoup de ça!
Ça s’appelle quand même Un piano et des mots, donc le piano est mis de l’avant presque comme si c’était notre troisième chanteur. Gabriel Bertrand Gagnon, qui est un pianiste absolument incroyable, a réarrangé certains accords. Il fait comme « respirer » son piano, pour vrai. C’est vraiment comme un humain qui respire et qui vit à côté de nous. C’est vraiment le fun! On est dans une formule un peu plus intime. La salle est faite comme une petite bulle. Je pense que le but, c’est de passer un bon moment, de se laisser porter par la musique et de voir à quel point la musique accompagne notre vie.
Vous interpréterez des classiques du répertoire francophone. En quoi celui-ci est-il important pour toi ?
Je trouve qu’en français, comme c’est notre langue natale, les mots vont peser plus fort pour les gens dans la salle. Je pense que ça a plus d’impact quand c’est dans notre langue maternelle. Des fois, quand je veux dire de quoi et l’amoindrir un peu, on dirait que je trouve ça plus facile de le dire en anglais, ça a moins de poids (rires)! Mais pour vrai, le français, je trouve que ça a de l’impact. Je trouve que c’est une langue qui est riche.
Il y a 47 000 façons de dire « je t’aime », mais des fois, dire juste « je t’aime », ça a plus d’impact que toutes ces autres façons-là. Je trouve que, dans la chanson francophone, on a tellement de beaux et grands textes. Je trouve que c’est important de les mettre en lumière. L’anglais, c’est le fun et c’est important, mais je trouve que c’est tellement important de garder notre français. On a tellement de beaux textes et de belles chansons. Les berceuses que je chante à ma fille le soir, c’est rendu toutes les chansons du spectacle… J’en chante tellement (rires)!


Vous avez été très impliqués dans le choix des pièces. Comment ça s’est passé ?
On a eu une belle rencontre au début. On a parlé des chansons qui avaient un rapport significatif dans notre vie à nous. Il y a des trucs que Janik [V. Dufour] a pris soin de mettre dans le spectacle. Elle a écrit le texte, mais c’est souvent vraiment nous qui l’avons dit. C’est un spectacle qui devient super humain, super proche de nous, aussi. Je trouve ça le fun qu’on soit impliqués comme ça. Ça fait qu’on est investis dans le projet encore plus et ça fait qu’on s’approprie d’autant plus les chansons qu’on chante parce qu’on a mis notre petit grain de sel.
Par exemple, d’emblée, j’avais parlé de ma fille, de ce qui me fait penser à elle. « Mistral gagnant », c’est une chanson que je lui chante tout le temps le soir. J’ai plus écouté cette chanson-là quand je cherchais mes chansons pour mes auditions à Star Académie. À ce moment-là, j’étais enceinte, puis je me suis mise à pleurer de façon incontrôlable. Je trouvais ça tellement beau! J’ai fait des recherches sur la chanson, puis j’ai appris que Renaud avait écrit cette chanson-là en regardant sa fille jouer à côté. C’était très banal, mais très fort comme moment à la fois. Cette chanson-là, elle est très proche de moi. Ce sont des souvenirs assez vifs, assez forts. Donc je trouve ça vraiment le fun de la chanter sur scène dans ce même contexte-là.
Quand je la chante dans le spectacle, on parle des âges de la vie, donc on parle de quand on a des enfants. Ça vient nous toucher personnellement, mais je pense aussi que ça va se transmettre. On est le véhicule des émotions, mais si on les vit et que c’est rattaché à des souvenirs très, très forts, je pense que ça va vraiment paraître pour les gens dans la salle. Je trouve que c’est aussi un moyen pour les gens dans la salle pour nous connaître, nous.
Moi, j’ai fait beaucoup de comédies musicales. Dernièrement, on m’a plus vue en tant que Liesl dans La mélodie du bonheur. Même dans 7, avec Grégory [Charles], c’était des chansons de comédies musicales, puis je ne parlais pas. Là, c’est très intime. On jase, il y a des scènes dans lesquelles on se parle entre les medleys. Je trouve ça cool, qu’on apprenne à nous connaître comme ça. C’est la première fois que je fais ça, et c’est le show où je suis le plus là, tout le temps, pendant les deux heures. Ceux qui ne m’aiment pas sont mieux de ne pas venir, ils vont être déçus! Même chose pour Marc-André! On est là tout le temps (rires)! Pour nous entendre chanter, je pense que c’est vraiment le meilleur spectacle. Même les musiciens ont leur petit moment de lumière. C’est vraiment un spectacle où tout le monde shine!
Le piano est au cœur du spectacle, pratiquement aussi important que vos voix. Certaines chansons jouées habituellement à la guitare seront même réarrangées au piano. En tant qu’interprète, comment décrirais-tu ton rapport à cet instrument ?
Moi, je joue très peu de piano, mais c’est un instrument que j’ai toujours aimé, et je pense que c’est l’instrument avec lequel j’aime le plus chanter parce que les chansons que je chante sont majoritairement accompagnées du piano. Ça me fascine beaucoup, cet instrument-là; ça m’impressionne beaucoup, quelqu’un qui joue du piano. Comme je n’en joue pas beaucoup, je sais que c’est difficile (rires)! Je trouve que, le piano, c’est un instrument qui a des possibilités infinies; c’est super nuancé, en plein dans la lignée de ce qu’on voulait faire. Je pense que ça met beaucoup de l’avant les mots. Dans le spectacle, il y a même un moment instrumental, et on dirait que le temps s’arrête et qu’on est tous dans une transe ensemble (rires)!
Le spectacle s’appelle Un piano et des mots. Si tu devais choisir un seul mot pour le décrire dans une formule Un piano et…, lequel choisirais-tu et pourquoi ?
Ça va sonner moins bien, ils ont vraiment bien choisi le titre du show (rires)! Je dirais Un piano et « de l’humain », Un piano et « du vrai », Un piano et « du beau ». Les trois se peuvent! Je trouve que « humain », « vrai » et « beau », ce sont les mots qui décrivent le mieux le spectacle. Même s’il n’y a rien de lourd dans le spectacle, on aborde quand même des sujets qui sont matières à réflexion. Ce sont des sujets humains, des choses qu’on vit, qui nous touchent, qu’on traverse. Je pense que c’est un show qui est très humain.


Qu’espères-tu que les gens vont ressentir en vous écoutant ?
J’espère que les gens vont se dire que c’est le moment de vivre pendant qu’on est encore là. On parle des étapes de la vie. Il y a un gros medley sur vieillir et sur comment la musique nous accompagne à travers toutes ces étapes-là de notre vie. Je pense que ça fait réaliser qu’il faut profiter de la vie maintenant parce que le temps passe, puis on ne le rattrape pas. On est là, c’est beau, il y a du beau, donc profitons-en avec les gens qu’on aime.
Vous avez tous les deux participé à Star Académie, en 2005 et en 2022. Qu’est-ce que ça fait d’être réunis sur un projet comme celui-là ?
On n’est pas de la même génération, mais je pense que sur la scène, ça ne paraît pas. Autant des fois, Marc-André a l’air d’avoir 18 ans, autant moi je peux arriver et chanter une chanson qu’une vieille dame chanterait. Je pense que, tous les deux, on est capables de jouer, et on se rejoint à travers ça, aussi. Je ne le connaissais pas personnellement, mais évidemment, je le connaissais. Mon premier souvenir de Marc-André, c’est quand il était à Star Académie et que, moi, j’avais 7 ans. J’avais le droit de me coucher plus tard le dimanche pour écouter Star Académie. C’était la permission spéciale du dimanche soir (rires)! Je le trouvais donc ben bon Marc-André! Puis là, je chante avec lui. C’est vraiment cool! C’est comme une réalisation de petite fille, de chanter avec quelqu’un que je regardais à la télé et que j’ai tellement écouté et aimé.
Dans le spectacle, on fait d’ailleurs des petits clins d’œil à cette différence d’âge-là. Star Académie, c’est un peu ce qui nous rejoint, à la base. Ça a été le début de notre carrière à nous deux, à 17 ans d’écart, et on a à peu près ça comme différence d’âge. C’est comme un petit full circle moment, une petite synchronicité de la vie comme ça (rires)! C’est vraiment le fun, de travailler avec lui. Premièrement, il est tellement drôle, il me fait tellement rire, il est super fin! C’est vraiment un charme de travailler avec lui; c’est une belle, bonne personne. En plus, il est tellement talentueux, mais ça, on le savait tous déjà! Ce n’est pas une surprise pour personne, mais vous allez quand même être surpris de l’entendre. On ne s’en remet pas! Chaque fois, je suis impressionnée!
Quelle serait la pièce que tu as le plus hâte de présenter au public ?
Ah, il y en a plein! On en chante tellement… On fait une version de « Entre l’ombre et la lumière » un peu différente de ce qu’on entend d’habitude. Elle est tout en retenue, tout en douceur. On dirait que le piano pleure. Les accords sont vraiment différents, avec les harmonies qu’on fait, Marc-André embarque à un moment donné… Pour moi, c’est comme un petit moment de grâce. J’ai hâte que les gens entendent ça. Je trouve que l’arrangement est particulièrement différent et beau. Je pense que ça va être une nouvelle manière de découvrir cette chanson-là.
Crédit photos: Bertrand Exertier

Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

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