Cela fait maintenant près de quatre ans qu’Audrey-Louise Beauséjour a été révélée à Star Académie, en 2022, où elle renversait le public par sa voix puissante et ses interprétations toujours bien senties. Cette année, elle se dévoile finalement comme autrice-compositrice-interprète. Alors qu’elle vient de faire paraître « Habille-toi mon cœur », une deuxième chanson en quelques mois, j’en ai profité pour prendre de ses nouvelles et parler de ses projets!
D’abord, tu as eu un été très chargé avec des spectacles solos et C’est quoi ta toune. Peux-tu m’en parler ?
Écoute, c’était vraiment un été spécial à cause justement de ce show solo là. Moi, j’avais toujours été plus interprète. J’étais toujours un peu mise dans les souliers d’un personnage ou chanteuse, en tant qu’interprète, avec des chansons qu’on m’assignait. Là, c’était la première fois que je pouvais choisir de A à Z moi-même. J’ai fait le chemin moi-même, donc c’était vraiment spécial de faire la création d’un spectacle.
Ça a aussi été un bon défi pour moi de me demander justement ce que j’avais envie de chanter et de partager. Je remettais tout en question. Je demandais à ma gérante si elle pensait que ça allait être bon, puis elle me disait : « C’est toi le boss, Audrey! » C’était de l’inconnu pour moi de devoir prendre ces décisions-là, mais c’était ben le fun (rires)! Ça fait que, ce spectacle-là, c’est 100% moi. C’est ça qui le rend vraiment spécial, aussi, puisqu’il y a aussi mes chansons à moi dedans. C’était une année spéciale, mais une année spéciale dans le bon sens!
Comment se passent tes spectacles solos jusqu’à maintenant ?
Ah, ça va tellement bien! Je suis tellement contente de faire ça! À date, sur quatre shows, il y avait trois salles combles et une salle presque comble. J’ai encore quatre autres spectacles d’affichés d’ici le mois de mai, donc ça, c’est vraiment, vraiment trop cool. Je reçois vraiment de bons commentaires à propos de ce spectacle-là. Je sors toujours à la fin des spectacles pour aller dire « bonjour » aux gens et jaser, puis il y a des gens qui m’ont dit que c’était dans les très bons spectacles qu’ils avaient vus dans leur vie. Ça me surprend toujours (rires)!
Ils trouvent qu’il y a une belle ligne directrice musicale avec de l’humour et des anecdotes. Ils disent que c’est très vivant! Ces commentaires-là viennent autant de gens qui me connaissaient déjà que de gens qui me découvraient. Ça m’impressionne toujours de voir que des gens font la file pour venir me parler. On dirait que ça ne m’entre pas dans la tête (rires)! Je suis très reconnaissante de ça et ça me fait vraiment toujours plaisir de parler aux gens. S’ils continuent de faire du bouche-à-oreille très précieux, moi, j’aimerais vraiment continuer de faire des shows comme ça.
Comment décrirais-tu ton spectacle à quelqu’un qui ne l’a pas vu ?
Ce spectacle-là est parti de toutes les grandes chanteuses et les grands chanteurs qui m’ont inspirée dans mon parcours. Je pense à Whitney Houston, à Céline Dion, mais aussi à de beaux textes comme « Je voudrais voir New York » de Daniel Lavoie. C’est devenu comme une espèce d’entonnoir de toutes les expériences et de tous les gens qui ont un peu forgé celle que je suis aujourd’hui, le tout étant parsemé de petites anecdotes, de petites histoires, de petites compositions aussi, incluant certaines qui ne sont pas encore sorties sur les plateformes.
Je pense qu’une petite couche de rires par-dessus ça, ça rend ça un peu plus vivant. C’est un spectacle dans lequel on peut se laisser porter, transporter. J’aborde plein de styles de chansons. Je chante même en italien (rires)! Je pense qu’il y a de belles surprises, de beaux moments d’émotions. C’est quand même assez varié! Là, c’est vraiment moi qui prends le lead; je n’ai pas à suivre le texte de quelqu’un d’autre. C’est propre à moi; c’est vraiment mon show!
Tu viens de faire paraître « Habille-toi mon cœur », une chanson pour ta fille Adèle que tu fais d’ailleurs en spectacle. Comment présenterais-tu cette chanson ?
« Habille-toi mon cœur », pour moi, c’est une déclaration d’amour inconditionnelle d’une maman séparée, en garde partagée, à son enfant. Ça parle de toutes les petites douleurs qu’on a chaque fois qu’on doit dire « à bientôt » à notre enfant qu’on aime et qu’on voudrait garder tout le temps, même si ce n’est pas comme ça que ça marche. C’est vraiment apprendre le partage de ce petit être lumineux là et lui dire que, même si on l’a juste la moitié du temps ou un nombre de dodos limités, on l’aime tout au complet. Moi, le mot que j’utilise pour décrire la chanson, c’est « mal/du bien ». C’est une chanson qui fait mal et qui fait du bien.
Moi, quand je l’ai composée, ça m’a fait mal à écrire. C’était tellement trop vrai! Je pleurais tellement qu’il fallait que je prenne une pause d’écriture (rires)! En même temps, ça m’a tellement fait du bien. De juste nommer ça, ça m’a enlevé un poids sur les épaules. Ça m’a aidée un peu à accepter la situation, comme une thérapie en soi. C’est drôle parce que, depuis la sortie de la chanson, j’ai eu le même genre de message. Des gens me disent qu’ils l’ont écoutée plusieurs fois et qu’ils se sentent un peu comme moi. Finalement, plein de monde le vit, mais personne ne le dit. En vrai, on est plein à vivre ça, donc ça me contente d’avoir pu mettre un petit baume sur le cœur de peut-être plein de mamans et de plein de papas.
J’ai écrit ça parce que je le vis, puis il n’y a pas beaucoup de chansons qui parlent de ça, donc tant mieux si ça peut faire du bien. Je suis contente du résultat en plus. On a Jean-Benoît Lasanté à la guitare et au piano, puis on a Mario Sévigny au mix et à la réalisation. Je leur avais envoyé ma petite maquette guitare-voix, puis ils me sont revenus avec un arrangement magique, full vrai, full authentique. Il n’y a pas de flafla, pas d’autotune; c’est vraiment à vif, même que, la première partie de la chanson, c’est-à-dire le premier couplet et le premier refrain, c’est ma track d’essai.
Pour calibrer le micro, Mario m’avait demandé de chanter un peu, mais j’étais tellement à la bonne place dans l’émotion qu’on l’a gardée (rires)! Je voulais que cette chanson-là soit un peu comme une berceuse, comme si je la chantais à ma fille pour vrai. J’avais besoin que ça ne soit pas trafiqué. Je n’ai même pas doublé les refrains. Des fois, on double pour donner de l’ampleur, mais là, je voulais vraiment une track simple de voix, sans harmonie. Il n’y a presque rien dans cette chanson-là, mais je pense que ça permet encore plus d’aller nous chercher comme ça.
C’est la deuxième chanson que tu sors cette année, la première étant « Manège », parue en mars. Cependant, c’est la première fois que tu sors des chansons originales, écrites et composées par toi, depuis Star Académie en 2022. Pourquoi as-tu senti que cette année était le bon moment ?
Ça faisait depuis la sortie de Star Ac et même avant ça que je composais. J’écrivais beaucoup de textes pour les autres. Des fois, je le faisais un peu pour moi aussi avec « J’ai vendu mon âme pour le love », par exemple, qui est sortie en 2021. Mais c’était un autre style et je me cherchais clairement (rires)! La toune est bonne quand même, mais ce n’était peut-être pas ce que j’aimerais chanter en show. Depuis Star Ac, je continuais à travailler là-dessus, à me demander ce que j’avais envie de faire. Je n’ai jamais arrêté de travailler là-dessus, mais cette année, ça s’est vraiment concrétisé.
J’ai trouvé la chanson que j’avais envie de sortir en premier avec « Manège ». Tu sais, comme je commence en composition et en écriture, c’est sûr qu’elles ne sont pas toutes bonnes. J’en ai plein, plein dans mon cahier, des pas bonnes (rires)! Mais je pense que c’est normal. Avant d’arriver à quelque chose de bon, on fait de l’essai-erreur. Plus j’écris, plus je trouve que mon instinct devient meilleur, et je me trouve meilleure plus rapidement. D’ailleurs, j’en ai plein d’autres. J’en ai même qui sont déjà prêtes. Ça viendra éventuellement. Je te dirais que je suis rendue au point où j’ai hâte que l’album sorte!
Justement, où en es-tu dans le processus de création de cet album-là ?
Dans le fond, on travaille un peu en batch (rires)! Il y en a une autre dont le master est fini, donc elle serait prête à sortir. Il y en a d’autres dont les paroles et musiques sont faites, donc il me reste juste à aller les enregistrer. Les compositions sont faites parce qu’il y en a plusieurs dont j’ai fait la musique moi-même aussi parce que j’y ai pris goût. Pour le piano, je vais envoyer quatre chansons de suite à Mario ou à un pianiste pour pouvoir les faire faire toutes d’une shot. J’attends de voir le choix final de mes compositions pour ensuite envoyer tout ça aux musiciens et à la réalisation.
Ça s’en vient! Selon ma petite garde rapprochée, on commence vraiment à un bel univers. Quand je dis ma garde rapprochée, c’est ma gérante, ma sœur, ma meilleure amie. C’est des gens qui écoutent les chansons quand je suis en train de les composer. J’ai une minute de chanson, puis je leur envoie pour savoir ce qu’elles en pensent. C’est des gens qui ont un feedback honnête. Mes parents sont plus vendus, tu sais, ils diraient tout le temps que c’est bon (rires)! C’est super gentil, mais j’aime ça que ma meilleure amie soit capable de me dire si une chanson est moins bonne ou s’il manque un petit quelque chose. C’est elle qui me connaît le plus, puisque c’est à elle que je me confie s’il y a quoi que ce soit. Elle me connaît par cœur, donc elle est capable de me faire réfléchir.
Quels thèmes aimes-tu aborder dans tes chansons jusqu’à maintenant ?
Oh, c’est une bonne question! J’aurais tendance à dire que c’est les relations humaines, les relations interpersonnelles. Ça part de la relation que j’ai avec quelqu’un. Sinon, on dirait que, pour le moment, ce qui relie toutes les chansons, c’est vraiment le côté lumineux. Je pense que je suis comme ça dans la vie aussi. Il n’y a rien de tragique dans mes chansons, il n’y a rien de mal ou de mauvais; il y a toujours une petite lumière quelque part.
Dans « Habille-toi mon cœur », par exemple, quand on l’écoute, je pense que c’est une situation triste, ça me fait pleurer, mais ça reste lumineux en même temps. J’aime ma fille, elle est encore là, elle est en bonne santé, elle est heureuse. C’est mon petit cœur à moi qui a de la peine, mais ça reste qu’au final, elle va bien. Même dans « Manège », en disant « laisse-moi partir, je ne veux plus courir derrière toi », ça reste qu’on parle d’une libération. Elle s’est fait avoir, mais elle s’en sort, donc c’est lumineux pareil. C’est vraiment le fait de prendre le step. Elle remonte la pente au bout du compte.
À l’automne 2026, tu refais aussi le spectacle Un piano et des mots avec Marc-André Fortin, cette fois en tournée à travers le Québec. Qu’est-ce que ça te fait de savoir que tu vas replonger dans ce spectacle-là, deux ans après l’avoir fait la première fois ?
J’ai tellement hâte! C’est tellement une belle équipe! Tout le monde est fin sur ce show-là : de l’équipe de production jusqu’à l’équipe technique, jusqu’aux musiciens, jusqu’à Marc-André, qui est un humain tellement lumineux, tellement gentil, tellement fin, tellement drôle! C’est un bonheur de retravailler avec cette équipe-là. Je n’avais pas envie que ça arrête. Ça m’avait fait beaucoup de peine que ça dure juste un mois; je n’étais pas rassasiée, tant à cause des gens qu’à cause du show lui-même. Je trouve que c’est vraiment un show qui fait du bien. Il passe par toutes les étapes qu’une personne traverse dans sa vie, les hauts et les bas.
C’est vraiment comme un chemin de vie. J’ai l’impression qu’on vit une vie dans un show. On retombe en enfance; on rappelle des souvenirs aux gens. Pour moi, c’est sûr que ça ne me rappelle pas nécessairement des souvenirs comme je n’étais pas nécessairement née lorsque toutes ces chansons-là sont sorties, mais je peux quand même m’imaginer être jeune et chanter ça. Je pense à mes parents, à mes grands-parents… Je pense que c’est un spectacle qui est le fun à voir, peu importe notre âge. Le choix des chansons est vraiment bon. Ça a un bon rythme. On redécouvre des chansons aussi.
Quand on sort de là, les gens en redemandent. Il y a beaucoup de gens qui sont venus voir le spectacle plusieurs fois. Je pense que ça leur a fait beaucoup de bien. Ça passe très vite, puisque ce sont de petits bouts de chansons, donc il y a des gens qui décident de revenir pour en avoir plus! J’ai très hâte de recommencer ça en tournée à travers le Québec. On se l’était fait beaucoup demander, puisque la réaction avait été très bonne pour le spectacle, donc l’équipe de Grand V a été à l’écoute des gens pour aller en diffusion un peu partout au Québec. On est très contents!
Avec la gang de C’est quoi ta toune, vous nous avez préparé un medley du temps des fêtes. Peux-tu m’en parler ?
Oui, c’est l’idée de Suzie [Villeneuve]! C’est une amoureuse du temps des fêtes et de Noël, puis je la comprends; moi aussi (rires)! Elle a pris l’initiative de contacter son bon ami Guy Tourville pour qu’il fasse un projet spécial de Noël avec elle. Pour sa première chanson, elle a choisi de nous inviter tous les quatre, Jason McNally, Jordan Lévesque, Joël Legendre et moi-même à l’accompagner pour un petit medley du temps des fêtes. Elle a demandé à Jason de nous pondre un petit medley de Noël, puisqu’il est habitué avec En direct de l’univers. C’est vraiment le fun ce que ça donne!
On a déjà commencé à faire des demandes aux radios, donc vous allez peut-être l’entendre à la radio pendant le temps des fêtes ou, du moins, à Rouge FM, vu que Joël va le faire jouer à Rouge (rires)! C’est quatre chansons du temps des fêtes : « Vive le vent », « Danser autour du vert sapin », « Au royaume du bonhomme hiver » et « C’est l’hiver ». En plus, il va y avoir un beau vidéoclip avec tout ça, et on a eu tellement de fun à filmer ça! On a niaisé pas mal! C’est Suzie qui s’occupe du montage. Je ne l’ai pas encore vu, mais je sais que c’est niaiseux (rires)! C’est tellement une gang drôle! On a beaucoup ri cet été!
Finalement, on a parlé de plein de choses, mais y a-t-il d’autres projets qui s’en viennent pour toi dont tu peux me parler ?
Il y a d’autres choses, sauf que je ne peux pas en parler pour le moment (rires)! Honnêtement, ça s’en vient très bientôt. La semaine prochaine, je pense que ça devrait être annoncé!
Pour toutes les dates de spectacles d’Audrey-Louise, en solo ou avec Un piano et des mots, c’est par ici!
Photo principale: Frédéric Lebeuf
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Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!
