Nathan Vanheuverzwijn est un auteur-compositeur-interprète qui a fait sa marque sur la scène musicale québécoise en tant que claviériste dynamique. Plus connu pour son travail avec Émile Bilodeau, où il a apporté davantage d’énergie sur scène et sur ses albums depuis plusieurs années, on peut également le trouver sur une multitude de projets variés.
Maintenant, il s’est lancé dans un nouveau projet : Nathan Vanheuverzwijn, l’artiste solo. Avec son premier EP, intitulé Le loup et autres spécimens, Nathan se présente avec quatre tounes à saveur pop et de chanson française. Le loup est une introduction accrocheuse, un questionnement d’identité auquel on peut tous s’identifier. Marie, sortie en février dernier, est un éclat de légèreté, tandis que Michelle, qui termine l’EP, est intime et douce. J’avance est comme une combinaison des deux, avec un son à la fois classique et de pop réconfortant.
Originaire de Québec et basé à Montréal, on a parlé avec Nathan Vanheuverzwijn lors d’une visite au Studio Fovéa à Québec. C’est ici que son lancement se déroulera le 22 mai, dans une salle chaleureuse et neuve. Son lancement à Montréal aura lieu le 25 mai au Verre Bouteille. Son EP, Le loup et autres spécimens, sort la même semaine, le 23 mai.
Le parcours
Beaucoup de gens te reconnaissent comme le claviériste d’Émile Bilodeau, mais tu as également travaillé avec d’autres artistes. Pourrais-tu parler de ton parcours en tant que musicien?
Tout a commencé quand j’ai déménagé à Montréal au début de la vingtaine. Le premier artiste avec qui j’ai collaboré était Nicolet. Ensuite, j’ai accompagné des groupes en faisant des covers dans des bars. J’avais mon propre groupe à l’époque et ça a quand même bien roulé. Après ça, il y a eu Émile Bilodeau et Émile m’a beaucoup ouvert sur tous les autres trucs. Tout à coup, j’avais l’opportunité financière de choisir mes projets. Donc, j’ai joué avec Dominique Fils-Aimé, Jérôme 50, Simon Kearney, et un peu avec Les Louanges. À travers tout ça, j’écrivais des chansons, mais je ne les ai pas sorties parce que je passais tout mon temps à accompagner les autres artistes. C’était toujours mon rêve, cependant, de partager ma vision. Finalement, j’ai pris mon courage à deux mains, j’ai lâché Émile Bilodeau et les autres projets, et je me suis dit : « Ok, il faut que je le fasse ». Grâce à Clément Desjardins et au Groupe Fovéa, je suis rendu à lancer mon EP!
Ton premier EP, Le loup et autres spécimens, sort le 23 mai. Comment décrirais-tu ta musique par rapport à tes autres projets?
Je pense que c’est dans la même vibe que les autres artistes avec qui je collabore. C’est très pop, mais en même temps j’explore toujours mon style. Ce sont des chansons au piano. Je suis pianiste dans la vie, donc naturellement ma musique tourne autour du piano. C’est un peu dans le style d’Elton John, Francis Cabrel, et un peu de Queen. Je suis dans toutes ces zones-là, mais avec un format indie pop.
En 2022, tu faisais partie des Escales en chanson de Petite-Vallée. Est-ce que c’est là où ton projet solo est né? Quelle a été l’influence de cette expérience-là?
C’était la première fois que je disais oui à mon projet solo, donc c’était quand même majeur. Quand tu crées, c’est dur de donner de la valeur à ce que tu fais. Je me demande si les chansons sont bonnes et écoutables, si les gens vont les aimer. Finalement, à Petite-Vallée, j’ai reçu quatre prix dont le prix du public. C’était une bonne tape dans le dos! À partir de ce moment-là, il fallait que je continue.
Quelle a été l’évolution au fil des ans? Est-ce que tu as appris des choses? ta vision créative a changé?
Je suis toujours en exploration. Au début, je me suis dit que je ferais quelque chose de plus années 80, parce que je trippe sur les synthétiseurs et tout ça. Finalement, je me suis rendu compte que je compose davantage au piano, dans un style plus années 70. Les quatre chansons de mon EP sont plus ou moins dans le même créneau, mais j’évolue constamment. J’ai hâte de faire les spectacles et de voir ce qu’on fera avec les arrangements.
Parfois quand un.e musicien.ne lance un projet solo, c’est l’écriture qui est le plus grand défi. Vu que le clavier a toujours été ta voix, est-ce que les paroles te viennent naturellement ou as-tu aussi trouvé que l’écriture représentait un défi?
Quand j’écris, les deux viennent souvent ensemble. J’écris et je compose avec les mélodies dans ma tête. Souvent, ce sont les mots qui inspirent les mélodies ou l’inverse. C’est un processus qui n’est pas toujours facile. Il y a des chansons qui m’ont pris cinq ou six ans à écrire, parce que je les travaillais de temps en temps. Dans le métier d’auteur-compositeur-interprète, tu dois travailler un peu chaque jour, donc maintenant j’essaie de me garder une certaine routine. Tous les mardis, dans mon appartement à Montréal, on fait une session d’écriture avec plein d’autres artistes. On partage et on se donne des défis d’écriture. Donc oui, écrire peut être difficile, mais ça fait partie du métier. C’est l’fun!
Est-ce que les artistes avec qui tu as travaillé ont influencé ton approche?
À chaque expérience, j’en apprends toujours. Je suis souvent en studio, que ce soit avec Émile, Jérôme ou Simon Kearney. Il n’y a pas eu une influence en particulier, mais voir leurs différentes approches a contribué à créer la personne que je suis. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas. Quand je suis en studio, je veux que ça aille vite. Mes musiciens et moi, on a enregistré l’EP en deux jours et même le bassiste était surpris. Il est super bon et après deux reprises il était comme : « ah ben je pense qu’on est là! » Moi, j’étais comme : « ben criss je viens de me réchauffer! » Il faut que ce soit ludique et qu’on ait du fun.
L’EP
Il y a quelque chose de classique dans tes chansons. J’allais demander quelles étaient tes inspirations, mais tu as mentionné Elton John et Queen.
Oui, la chanson française aussi : Jacques Brel, Barbara et les artistes québécois classiques comme Harmonium.
Avec qui as-tu travaillé pour l’EP et comment ont-ils influencé le son?
Charles Guay et moi l’avons tout réalisé. C’est un batteur qui a travaillé notamment avec Sara Dufour. C’est un ami depuis l’université et il a un studio chez lui, donc on a commencé à faire les chansons ensemble. On a juste laissé aller notre instinct. En plus de Charles, les musiciens sur scène aux lancements seront Martin Plante et Félix Blackburn. Martin vient de Québec et, dans le passé, il jouait chaque mardi à La Ninkasi en faisant des jams avec son groupe Raton Lover. J’y allais souvent avec mon clavier pour jammer avec eux. Il était un peu comme un mentor pour moi. Félix est un ami de Charles, et c’est un des meilleurs guitaristes que je connaisse. Son groupe s’appelle The Liquor Store.
Quelle est la signification de ta chanson Le Loup? Tu demandes « est-ce que le loup c’est moi? » Pourquoi un loup?
Elle fait référence au dicton « l’homme est un loup pour l’homme ». Dans le fond, c’est une chanson de remises en question. Je me suis rendu compte que j’avais des problèmes et que je devrais les régler. Je chante : « Est-ce que le loup c’est moi? C’est moi le loup, je crois ». À la fin, je suis comme « Oh shit, je crois que c’est moi le problème ». Souvent, on est notre propre ennemi.
J’adore la chanson J’avance, parce qu’elle est émotive et calme, mais il y a un refrain qui me donne envie de chanter fort. Est-ce que tu trouves qu’écrire de la musique est thérapeutique? Utilises-tu ton projet solo pour te débarrasser de certaines choses restées longtemps dans ta tête?
Pas pour me débarrasser. C’est plus pour partager une vision. Quand j’accompagne d’autres artistes, une partie de moi est comme « Oh! On devrait faire ça ». Finalement, je me suis dit que si je voulais faire quelque chose, je devais commencer mon propre projet!
Est-ce qu’Il y a un message que tu aimerais transmettre avec ta musique ou un mood que tu aimerais que les auditeurs ressentent? Par exemple, la chanson Marie est un peu quétaine, mais dans le bon sens!
L’espoir et l’optimisme. Un ami m’a fait remarquer que mes chansons ont souvent une morale. Par exemple, dans J’avance, on s’en va quelque part et, malgré nos problèmes, tout finit par s’arranger. Je trouve qu’on est dans une époque qui est difficile à plusieurs niveaux. Avec mon projet, j’aimerais que les gens sortent de là avec plus d’optimisme.
Les spectacles
Il y aura deux lancements pour l’EP : le 22 mai à Québec et le 25 à Montréal. Pourquoi as-tu choisi Studio Fovéa pour ton lancement à Québec?
Ce n’est pas une salle de spectacle, mais on trouvait ça le fun de faire connaître le lieu. C’est nouveau ici et peu de gens savent que ça existe. La musique pour moi est familiale. Le band avec qui je joue est comme la famille et cet endroit est comme une maison, alors il faut encourager cette ambiance-là. Il y a un feu installé et on va peut-être faire un barbecue. Éventuellement, il y aura une petite terrasse aussi.
En plus de la présentation de ton EP, as-tu prévu quelque chose de spécial? Ce seront tes premiers spectacles, non?
On va jouer environ une heure, donc il y aura beaucoup de nouvelles chansons, y compris celles que je suis en train de composer. Ce n’est pas mon premier spectacle, parce que j’en ai déjà fait un de 20 minutes. Pour les lancements, on va ajouter 40 minutes de plus.
Finalement, quels sont tes autres projets pour cet été? Est-ce que tu continueras à jouer avec d’autres artistes ainsi qu’en solo?
Oui, je vais continuer à jouer avec Kinkead. Il y a un grand retour de MixMania et je vais faire ça cet été aussi. Il y aura d’autres choses, mais, sinon, ce sera assez tranquille !

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre et vit maintenant à Québec. Elle est francophone dans l’âme et aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Crédit Photo: Clément Desjardins
