Toujours partant de contribuer aux changements positifs dans la province, Émile Bilodeau a joué au Pantoum le jeudi 30 mai, dans le cadre d’un événement-bénéfice de Moisson Québec. Le spectacle acoustique était organisé par un groupe de jeunes entrepreneurs, dans le but de rendre la philanthropie plus accessible aux jeunes. Toute la somme reçue suite à la vente des billets et des boissons vendues pendant la soirée est utilisée par Moisson Québec pour fournir des repas pour ceux qui en ont besoin. Chaque billet vendu permet de distribuer 240 repas.
Cette série des événements, intitulé «Denrée Rare», a été lancé avec le spectacle d’Émile Bilodeau dans lequel il a parcouru son dernier album, Au bar des espoirs, ainsi que des classiques des autres albums comme Crise existentielle, Tu me dirais-tu, Maladie mentale, Échec et mat et, bien sûr, J’en ai plein mon cass et Ça va qui concluaient le spectacle.
L’auteur-compositeur-interprète a aussi présenté quelques nouvelles chansons qui parlaient du fait de ne pas atteindre nos objectifs, du mauvais état du monde concernant les guerres et les injustices, et des inégalités entre hommes et femmes (notamment en tant qu’artiste).
L’ambiance était décontractée, notamment avec le bavardage dans la foule pendant les chansons, mais Émile a joué avec son enthousiasme divertissant tout au long du show. La soirée a commencé avec Tom Folly en première partie, un artiste originaire du Lac-Saint-Jean, qui fait de la musique festive et légère, alternant entre son banjo et sa guitare électrique, il est accompagné par ses deux musiciens. Vers la fin de la soirée, on a annoncé que 35,000$ avaient été amassés grâce à l’événement.
On a parlé avec Émile Bilodeau au cours de l’après-midi pour en savoir plus sur l’événement bénéfice et le rôle des artistes comme porte-parole.
Ton spectacle aujourd’hui est pour Moisson Québec. Pourrais-tu nous parler de l’initiative et comment cet événement est-il né?
Ce sont 11 jeunes entrepreneurs, entre 20 et 35 ans, qui ont pris la décision de faire de la philanthropie. Vu que j’habite à Montréal, je connais bien Moisson Montréal et j’ai souvent aidé à emballer les paquets pour s’assurer que les familles, surtout pendant le temps des fêtes, reçoivent de la nourriture. On sait qu’au Québec, parmi tous les gens qui reçoivent un salaire, il y en a un sur trois qui a l’aide de Moisson Québec. Les 11 jeunes entrepreneurs se demandaient ce qu’ils pouvaient faire pour amasser des sous afin de continuer à aider les gens qui en ont besoin. Ils ont eu l’idée de faire un événement avec plusieurs artistes. Les billets sont à 60$, mais chaque billet permet de faire 247 boîtes. Ce sont des boîtes avec beaucoup de nourriture. Donc, pour 60$ afin d’aider les autres et d’avoir accès à la culture, je trouve que c’est un événement qui va être un grand succès.
Penses-tu qu’il y a d’autres choses qui sont un problème ici au Québec, surtout concernant les jeunes?
Il y a tellement de problèmes au Québec! Ce qui me dérange beaucoup, c’est à quel point on gaspille l’eau. On est un pays, moi je considère le Québec comme un pays vaste. Je suis allé dans les communautés inuites et il y a des enjeux super difficiles. Les Premières Nations vivent souvent en pauvreté sans accès à l’eau. C’est fou de savoir qu’on est un des peuples en Amérique du Nord qui dépense le plus d’eau, et je parle de ce que les Inuits appellent «dans le sud», c’est-à-dire Montréal, Québec, les parties plus peuplées. On gaspille beaucoup d’eau alors que les communautés autochtones ont des enjeux d’eau potable et tout ça. Je trouve ça difficile. Je dirais que c’est un des problèmes qui me touche le plus.
Je sais que tu as fait beaucoup de projets avec des jeunes dans le passé, mais pourrais-tu nous donner quelques exemples ? As-tu remarqué des résultats grâce aux initiatives?
Un des projets que j’ai le plus aimé depuis le début de ma carrière s’appelle Le festif! à l’École. Il y a un festival à la Baie-Saint-Paul qui s’appelle Le Festif! et, pendant la basse saison, ils font affaire avec les écoles primaires et secondaires. Ils font en sorte que des artistes établis aillent dans des écoles et parlent de leur métier et de ce que ça veut dire de faire de la musique. Je fais ça depuis 2018 et j’ai vu beaucoup d’élèves émerveillés. Ils voient que c’est possible de faire un métier artistique, comme si on n’avait jamais dit que c’est possible d’être un.e artiste dans la société.
Je me rappelle le début de l’année dernière, tu es aussi allée dans la Côte-Nord pour faire quelque chose dans une école inuite.
Oui! Je suis allé à Maliotenam. J’ai fait un petit spectacle et j’ai parlé aux employés de l’école. Je suis allé dans la garderie aussi. C’est bien important pour moi d’aller voir les jeunes, parce que j’aurais aimé qu’un artiste me dise que c’est possible de faire de la musique. Je pense que j’aurais eu moins d’anxiété.
Penses-tu que les artistes ont une grande responsabilité en tant que porte-parole? Selon toi, à quel point la musique peut-elle être puissante?
Les artistes peuvent vraiment jouer un rôle comme porte-parole parce que quand on est un artiste qui crée des choses qui nous touchent, ça arrive souvent que les enjeux qui sont les plus sensibles sont ceux qui parlent d’inégalité et de souffrance. J’ai beaucoup de chansons qui dénoncent des injustices, que ce soit le racisme, les inégalités sociales ou le rapport homme femme. J’en ai une qui va sortir bientôt en fait. C’est facile après ça pour les organismes d’écouter les chansons et disent que «je pense qu’avec ses propos, il ou elle va être intéressé.e à travailler avec nous.» Les artistes ont un rôle à jouer et ils peuvent relier les informations sur les réseaux sociaux, par exemple, ou dans leurs chansons.
Si on parle de la culture québécoise, est-ce qu’il y a des sujets que tu penses qui devraient être plus présents? Si oui, qu’est-ce que tu penses que les musiciens peuvent faire pour en parler?
Le Pantoum est une salle de spectacle avec un studio pour aider les jeunes artistes à enregistrer des chansons, mais le gouvernement du Québec a de la difficulté à obtenir les fonds suffisants pour assurer la longévité du Pantoum. On sait que ce dernier a aidé la carrière d’artistes comme Hubert Lenoir, Lou-Adriane Cassidy et Ariane Roy. Lou-Adriane et Ariane ont écrit une lettre ouverte pour que le gouvernement puisse donner des fonds afin que le Pantoum reste, parce que c’est un pilier fort de la culture de Québec et de la province. Je l’ai co-signé avec Klô Pelgag et Ariane Moffat, entre autres. Les artistes se sont mis ensemble pour parler du problème et pour soutenir davantage la culture.
L’année dernière, tu as sorti un nouvel album, Au bar des espoirs, et tu as animé le spectacle pour la Fête nationale du Québec sur les plaines d’Abraham, donc une grosse année. C’est quoi 2024 pour toi? Est-ce qu’il y a des choses cette année qui vont te marquer?
Cet été sera encore intense. Je vais faire une tournée en France au mois d’août pendant deux semaines. Après ça, je m’en vais dans l’est du Québec, dans la Côte-Nord et en Gaspésie, pour faire des spectacles en duo. Je m’en vais aussi faire des spectacles pour la Saint-Jean. C’est un été chargé avec beaucoup de petits spectacles au lieu de gros événements.
Le spectacle de ce soir est en solo. Est-ce que tu vois une différence entre les shows solos et ceux avec ton band? Évidemment, c’est plus intime mais crois-tu que la vibe des chansons et ton rapport avec la foule change quand ce n’est que toi et ta guitare?
Quand je suis tout seul, je fais plus de nouvelles chansons parce que j’ai vraiment de la liberté. Il y a beaucoup de nouveaux trucs que je vais essayer ce soir.
Tu as beaucoup de spectacles qui viennent dans les prochains mois. Quels sont tes espoirs ou tes objectifs? Comment cette tournée se compare-t-elle aux autres?
Ce qui est bien important pour moi, c’est d’avoir une vie plus saine, de manger mieux et de bouger plus. Si j’arrive à courir 20 minutes par jour et à mieux manger, je pense pouvoir voir une amélioration dans mon niveau de fatigue, etc. Sinon, je veux profiter des spectacles. C’est mon dernier gros été avant de prendre une pause, donc je veux vraiment profiter au maximum!

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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