Disponible depuis le 24 novembre dernier sur le Club illico, la toute première série de Xavier Dolan ayant pour titre La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, librement inspiré de l’œuvre théâtrale de Michel Marc Bouchard, saura plaire aux amateurs de thriller psychologique. Voici des entrevues réalisées avec Julie Le Breton, Éric Bruneau, Jasmine Lemée et Rosalie Loiselle lors du visionnement de presse médiatique.





Julie Le Breton
Présente-moi ton personnage.
Mireille est une thanatologue, elle a quitté son village natal il y a quand même plusieurs années. Elle est en incommunicabilité totale avec sa fratterie, ses frères et sa mère aussi. Elle doit revenir au village pour embaumer le corps de sa mère. À ce moment-là, vont rejaillir, au contact de ses frères, des choses enfouies qui ne sont pas réglées. Cela brassera les fondations de chaque personnage.
Qu’est-ce que tu as le plus aimé en différence entre le théâtre et l’intrigue de la série ?
C’était quand même très différent. Au théâtre, c’était un huis clos en une après-midi dans une salle d’embaumement. Je racontais beaucoup. J’avais des monologues que j’avais à réciter au public alors que, dans la série, les monologues deviennent des flashbacks où on voit les jeunes, et l’action se passe devant nos yeux. C’est comme si tout ce que j’avais imaginé en le jouant au théâtre prenait vie, soudainement, grâce au travail de Xavier. [..] C’est de voir comment la télésérie permet cette espèce de déploiement dans les diverses temporalités du passé et du futur. Je trouve que Xavier Dolan a mené d’une main de maître tout ce tricotage-là.
Quelle est la scène qui t’a le plus marquée ?
C’est la scène dans la salle de bain avec le personnage de Patrick Hivon dans le quatrième épisode. C’est une des premières scènes qu’on a tournées. Xavier voulait qu’on commence avec cette scène parce que c’est le barème émotif de la série. On ne peut pas aller en dessous de ça. Cela est parti fort, mettons !
Qu’est-ce qui te rend le plus fier par rapport à la série ?
De voir que tout le monde a tellement mis le meilleur de ce qu’ils sont. Xavier, dans n’importe quel projet, met ses tripes, son cœur et sa tête sur la table. J’ai l’impression que nous tous (toute l’équipe d’acteurs, de techniciens et de concepteurs), on a fait la même affaire, et cela a créé une espèce d’unité solide, forte et belle.
Qu’est-ce qui te rend le plus fier par rapport à ton personnage ?
C’est d’avoir été dans la vulnérabilité et d’avoir été capable de tenir cette force-là. Ce sont des personnages qui ont beaucoup de failles, mais à travers ces failles, on a accès à beaucoup d’humanité et je trouve ça vraiment beau.


Éric Bruneau
Présente-moi ton personnage.
Je joue Denis Larouche. C’est comme celui qui a pris la place du père quand le père est décédé, si je peux dire. C’est un gars qui est en plein divorce. Sa famille, ses filles et sa femme lui échappent. Il essaie de tenir la famille Larouche ensemble alors que c’est en train d’éclater. C’est un gars qui est order et un gars qui est très, très sensible. C’était super le fun à faire, c’est quelque chose que je n’avais jamais joué. C’était plaisant de jouer avec Xavier et de retrouver les camarades avec qui on avait fait la pièce de théâtre aussi! Je dirais que mon personnage est celui qui a le plus bougé entre la pièce de théâtre et la série télé; c’est le personnage qui a le plus changé. Dans la pièce, dans la façon dont Michel Marc Bouchard l’avait écrit, on découvrait qu’il connaissait le secret, et c’était plus un être en colère, alors que là, Xavier voulait aller dans quelque chose de plus brisé et sensible.
Ton personnage est pas mal le plus transparent du groupe. Comment te sens-tu avec ça ? C’est différent de ton personnage dans Faits divers, par exemple.
C’était super beau parce que j’étais entouré de super acteurs. Mon personnage essaie de trouver aussi ce qui s’est passé, mais c’est comme s’il le subit. J’étais tenu d’une main de maître par Xavier. Et de retrouver mes camarades – Julie, Patrick – et de jouer avec Xavier, c’était vraiment un pur bonheur.
Quelle est la scène qui t’a le plus marqué ?
C’est le plan séquence dans le quatrième épisode! À un moment donné, on manquait de temps, puis Xavier a décidé de faire un plan séquence, au salon funéraire. C’est comme des bijoux, quand ça t’arrive comme acteur, qu’une équipe d’à peu près cinquante personnes qui se mettent tous ensemble pour réussir un plan. On ne le voit pas, mais quand la caméra passait, il y avait des gens qui enlevaient des cadres sur les murs et qui les remettaient, et que l’émotion soit là en même temps et de réussir au moment précis à casser à la bonne place. Je faisais ça avec Julie, mais on était toute une équipe autour. Ça a été un bonheur de faire ça! Il n’y a pas de cut dans cette scène, puis ça dure deux minutes et demie. C’était comme une danse avec toute l’équipe; c’était vraiment super!
Qu’est-ce qui te rend le plus fier par rapport à la série ?
C’est une fierté collective d’avoir vu Xavier aller au front avec Nancy Grant, pour se battre pour avoir cette ampleur, que le Club illico soit embarqué, que Canal+ soit embarqué… Tu sais, c’est vraiment d’avoir pris part à ça. Je suis juste fier de mes amis. Je suis fier qu’ils aient réussi à faire ça. Je ne suis pas dévoré par le trac; j’ai juste hâte que les gens le voient, qu’ils voient le talent de Xavier, qui était déjà confirmé. Je suis très fier de faire partie de ce gang-là !


Jasmine Lemée
Présente-moi ton personnage.
J’incarne la jeune Mireille de 14 ans. Elle vit un drame familial, ce qui la rend plus difficile à vivre selon les autres et selon elle aussi. Elle vit beaucoup de choses à l’intérieur qu’elle ne peut pas exprimer, et ça la chamboule beaucoup. [..] Mireille ne l’a pas facile, car elle doit garder un secret qu’elle ne peut pas révéler. Elle trouve ça super lourd à porter sur ses épaules. Elle aimerait le révéler aux gens parce qu’elle a l’impression que les gens ne la comprennent pas, ne la regardent pas et la traitent de tous les noms possibles. D’un autre côté, elle ne veut pas détruire l’amour qui peut rester quelque part là-dedans.
Quelle est la scène qui t’a le plus marquée ?
C’est la scène de l’auto. La scène où Mireille se fait prendre au pensionnat et que sa mère doit aller la chercher. Le personnage incarné par Anne Dorval lui fait la morale et Mireille ne veut surtout pas entendre la morale qu’elle a à lui donner. Elle essaie de se faufiler quelque part, mais elle ne réussit pas et sa mère lui tape sur les nerfs. Là-dedans, il y a une colère qui monte et une tristesse parce que sa mère ne comprend pas non plus. C’est quelque chose que j’ai dû aller chercher quelque part. J’ai essayé d’aller chercher quelque chose dans le jeu de Julie Le Breton, dans la pièce de théâtre. Cette scène m’a beaucoup marquée parce qu’il y avait plein d’émotions à jouer en même temps.
Qu’est-ce qui était le plus difficile à jouer ?
Quand elle était jeune, Mireille ne savait pas comment s’exprimer. Elle a peur que les gens la jugent. Elle a l’impression que c’est sa faute et que personne ne l’aime. Elle ne sait pas comment réagir là-dedans. Tout ce qu’elle trouve à faire, c’est de pleurer et de se renfermer. Je pense que le plus difficile est de partir d’une jeune fille un peu innocente avec une belle famille et que, après le drame, ça soit tourné à l’inverse. Elle était heureuse, dans une belle famille. Elle aimait son frère. Soudainement, elle a beaucoup de poids sur les épaules et ne sait plus comment le prendre.
Qu’est-ce qui te rend le plus fière par rapport à la série ?
Le travail que j’ai fait avec les comédiens, ma coach de jeu (Félixe Ross) et Xavier Dolan. On a tourné pendant plusieurs mois. Au fur et à mesure, je voyais ce que Félixe et Xavier réussissaient à me faire faire. J’ai découvert des choses que je ne savais pas que j’étais capable de jouer. Ça m’a rendue tellement heureuse. Ce projet m’a beaucoup fait grandir.


Rosalie Loiselle
Présente-moi ton personnage.
Marie-Soleil est la fille de Chantal (Magalie Lépine-Blondeau) et de Julien (Patrick Hivon). Elle est souvent influencée par l’attitude de ses parents et des tensions qui se passent dans la famille. On va la voir vivre à travers tout ça. Elle observe beaucoup et elle retient beaucoup de l’attitude de ses deux parents. C’est un mix entre les deux. Elle a du caractère et elle n’a pas peur de dire ce qu’elle pense.
Comment as-tu joué ce personnage ? Comment l’as-tu senti ?
C’est facile de jouer avec des comédiens aussi bons. Avec tout ce que les autres nous donnaient, c’était vraiment facile de pouvoir résonner ce que mon personnage pouvait vivre. C’est vraiment le fun d’aller ailleurs dans les émotions et dans l’attitude. J’essayais de visualiser une ado ne sachant pas trop comment vivre à travers ce drame.
Quelle est la scène qui t’a le plus marquée ?
La scène des funérailles m’a vraiment marquée. Voir tout le drame et tous les échanges de regard, ça venait me chercher. On le vivait tellement dans la salle parce qu’en plus, Xavier mettait de la musique durant ce temps-là. C’était tellement dramatique et tellement beau après. On tremblait, on le vivait. Je connaissais l’histoire, mais je ne m’y attendais pas. Quand on lit le scénario et quand on joue la scène, ce sont des choses complètement différentes. Xavier a une idée dans la tête; c’est tellement précis et magique à jouer.
Qu’est-ce qui te rend le plus fière par rapport à la série ?
C’était mon premier plateau; c’était mon premier rôle. J’ai eu la chance de tomber sur le meilleur plateau. Faire partie de cette série, c’était vraiment un cadeau. Avoir connu Xavier qui m’a présenté le cinéma, c’est le plus beau cadeau qu’on peut faire à un comédien.
Quel a été ton plus grand apprentissage ?
Je pense que c’est l’écoute. Tout repose sur l’écoute des autres comédiens, mais aussi l’écoute des directives. Il y a tellement de choses qui se passent en même temps qu’on tourne ces scènes. Il y avait tellement de choses qui se passaient. Si je n’avais pas porté attention à chaque regard ou chaque son, ça n’aurait jamais fonctionné.


Tous les épisodes de La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé sont disponibles depuis le 24 novembre sur le Club illico.
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Frédéric Lebeuf | Journaliste
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.

4 thoughts on “La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, serez-vous capables de retenir votre souffle jusqu’à la scène finale ?”