À l’automne 2024, on a pu voir Rosalie Loiselle dans deux séries, très populaires auprès des plus jeunes (Premier trio, une série jeunesse) que des plus vieux (Doute raisonnable, une série dramatique); toutes les deux diffusés sur ICI Télé et offert sur ICI TOU.TV. Lors d’une rencontre mettant également en vedette sa bonne amie Jasmine Lemée, on a réalisé une entrevue avec l’actrice pour parler notamment de ses deux rôles mentionnés précédemment, de son rôle le plus marquant ainsi que de son avenir professionnel.
Parle-moi de ton rôle dans Doute raisonnable.
Dans Doute raisonnable, je jouais une fille (Chloé) qui était assez traumatisée par les événements qui sont arrivés. Elle a été manipulée et elle est tombée dans un piège qui est quand même assez fréquent de nos jours. C’est un rôle qui m’a quand même beaucoup amenée parce que j’ai réussi à trouver plusieurs façons d’amener l’émotion au personnage. C’était beau à jouer parce que j’avais plusieurs couleurs à amener au personnage. Il y avait avant le drame et après le drame aussi. Toute sa vie a changé. Puis, c’était vraiment intéressant à aller jouer là-dedans avec des comédiens qui m’ont vraiment beaucoup aidée à amener ça de l’avant.
Pourrais-tu me parler de ce que ton personnage a vécu avec un peu plus de détails ?
Elle s’est confiée à son amoureux sur Internet, et il a vendu des photos d’elle qui étaient intimes. Donc, ça a vraiment changé sa vie parce qu’elle faisait confiance à ce gars-là. Puis, elle a réalisé à quel point tout le monde pouvait être traître à côté d’elle. Ses amis et son amoureux qui était l’amour de sa vie. Ça a complètement changé sa vie au complet jusqu’à ce qu’elle fasse quelque chose qui a tout changé.
Est-ce que tu as eu des apprentissages à ce propos ? Est-ce que tu vois ça d’un œil différent maintenant ?
Oui. C’est sûr que j’ai tourné dans Indéfendable, ça m’a vraiment, vraiment sensibilisée. En quelque sorte, c’est une autre histoire d’agression sexuelle. C’est vraiment sensibilisant. J’espère que ça l’est aussi pour le public. C’est ça aussi que j’aime. J’aime sensibiliser les gens et donner mon visage à ce genre de situation-là. […] Je pense que c’est un bon message à passer, et je trouve ça important de passer ce message-là. J’espère que ça sensibilise autant les auditeurs que les autres comédiens, et les gens qui travaillent avec moi sur le plateau.


Est-ce que tu trouves difficile d’avoir ce fardeau de jouer une victime ?
Je me renseigne beaucoup avant de jouer ce genre de rôle, avant d’avoir à jouer à ce genre de personnage. Donc, j’écoute et je regarde beaucoup de choses. Je m’informe au maximum pour être capable de générer l’émotion qui vient avec ce drame-là. C’est sûr que pendant la période de tournage, c’est prenant. Mais il faut que je le fasse, sinon ça ne va pas être bon.
Comment c’était de tourner au côté de Marc-André Grondin et Julie Perreault ?
C’était le fun. On n’a pas eu de scène ensemble. Sauf que, à l’extérieur des scènes, c’est sûr qu’on se voit tout le temps. Ce sont vraiment des personnes incroyables. C’est le fun de voir du monde qui peut te donner des conseils et qui peuvent bien te guider. Ce sont des personnes rassurantes parce qu’elles ont beaucoup d’années d’expérience. C’est vraiment rassurant, en tant que comédien, de pouvoir tourner avec des personnes comme ça.
Qu’est-ce qui t’a le plus marqué de ce tournage ?
Je pense que c’était d’être aussi bien entourée, malgré les grosses scènes qu’il y avait à tourner. C’est un sujet qui est vraiment, encore une fois, sensible. Mais j’ai eu le droit à une coordinatrice d’intimité qui m’a vraiment beaucoup aidée pendant le tournage de ces scènes-là. Sinon, c’était d’être très écoutée. Je ne me suis jamais sentie autant écoutée sur un tournage. Ça m’a vraiment fait du bien d’être avec une équipe aussi compréhensive et aussi à l’écoute de mes besoins et de mes limites.
Comment te sens-tu de rejoindre des équipes comme celle-là sur une base temporaire parce que ton personnage n’est pas là pour rester.
J’ai fait Indéfendable, puis ça a été quand même assez rock’n’roll. Je suis revenue deux fois dans Indéfendable. J’ai appris au fil des années à travailler à un rythme et à m’adapter quand même assez rapidement au rythme de tournage. L’équipe de Doute raisonnable était habituée de travailler ensemble depuis plusieurs années. Ils se connaissent vraiment bien et ils savent comment aborder différents comédiens. C’est facile de faire des blagues avec eux. C’était vraiment agréable comme tournage.


Parle-moi de ton personnage dans Premier trio.
Je joue le personnage de Gaëlle, c’est une fille qui est vraiment à son affaire. Elle est très colorée. J’adore ça de ce personnage-là parce que je n’avais pas des roues latérales à jouer, mais j’allais vraiment dans plusieurs sphères de jeu. J’avais beaucoup de joie et beaucoup de jalousie à jouer. Il fallait que je joue la fille mature qui est très sensible par rapport à ses amitiés, à ses relations et à elle-même aussi. C’était vraiment agréable à jouer parce que j’allais à plusieurs endroits dans mon jeu.
Est-ce que la comédie, c’est quelque chose qui te passionne aussi ?
Personnellement, j’ai beaucoup plus de facilité à faire du drame. Je suis quelqu’un de très dramatique dans la vie. Donc, je pense que c’est facile d’aller là-dedans pour moi. Je trouve que quand c’est quelque chose de plus sensible à aborder, c’est plus facile à aller piquer une balloune puis aller découvrir tout ce qui se cache en dessous. Je trouve que c’est difficile de faire de la comédie parce que c’est beaucoup plus facile de faire pleurer que de faire rire. C’était un peu ça mon défi aussi dans Premier trio parce que c’est une fille très joyeuse. Donc, j’avais moins de drame à faire. J’ai adoré ça. Ça m’a fait découvrir d’autres choses. Sauf que, je trouvais ça plus difficile d’être naturelle en faisant de la joie qu’en faisant de la tristesse.
Quel a été ton apprentissage de cette première expérience d’une série plus légère ?
J’ai eu la chance de jouer cette comédie-là avec des jeunes. Je trouve que ça m’a vraiment aidée à être plus légère en général dans ce tournage-là, soit dans mon jeu, mais aussi dans l’ambiance de plateau. C’est facile avec des gens qui sont plus extravertis avec moins de barrières. On est plus jeune, on est plus léger, on a moins peur de dire ce qu’on pense. Ça m’a appris à mettre plus de légèreté dans mon jeu et peut-être avoir un côté naturel plus développé à ce niveau-là.
Est-ce que tu avais l’impression que c’était une continuité de toi vu que tu joues une personne qui est un peu proche de ta réalité à toi ?
Oui. Le personnage était quand même proche de moi. J’allais beaucoup dans l’empathie et dans la sensibilité aussi. Je trouvais ça le fun de jouer avec ça en restant souriant, puis en amenant des couleurs différentes à la série.


Quel a été ton rôle le plus marquant ?
Assurément, mon rôle le plus marquant aurait été celui de Séverine dans Indéfendable parce que c’était une des premières fois. C’était la première fois que j’avais à jouer un rôle qui était très demandant émotivement, qui portait un message qui était lourd, mais important aussi. Je me suis vraiment beaucoup informée avant de faire ce rôle-là. Je me suis vraiment rapprochée de mon personnage. Je l’aimais plus que tout parce que j’avais beaucoup d’empathie pour ce qu’elle vivait. C’est pour ça que j’ai accepté de faire le rôle aussi parce que je trouvais que c’était important de mettre de l’avant la réalité de ces personnes-là. Et ça m’a vraiment sensibilisée. Les scènes que j’ai eu à jouer m’ont beaucoup appris. Les gens avec qui j’ai joué, avec qui j’ai travaillé m’ont beaucoup appris aussi. Donc, c’est vraiment une expérience qui m’a marquée.
J’ai vraiment beaucoup appris sur La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé également parce que c’était ma première expérience. Ça m’a fait découvrir le cinéma de la plus belle des façons. Puis après ça, je suis allée au cinéma. Je suis allée voir dans des couleurs complètement différentes avec Indéfendable. Ça m’a appris à avoir plus d’écoute et à être plus vigilante par rapport à tout ce qui se passe autour de moi.
Est-ce que tu as des projets à venir en ce moment ?
Non, pas pour l’instant. Je me concentre sur moi, sur mes relations, sur mes amitiés et sur l’école. J’espère que ça va venir éventuellement, mais je laisse ça dans l’univers.
Qu’est-ce que tu te souhaites pour les cinq prochaines années ?
Pour vrai, je souhaite développer mon jeu. Je souhaite développer mes expériences en cinéma, que ça soit juste par moi-même ou par vraiment être sur les plateaux. Je souhaite rencontrer d’autres personnes de ce milieu-là parce que je trouve qu’on n’en rencontre jamais assez.
Est-ce que tu as l’impression que tu voudrais encore poursuivre tes études ou tu te considère prête à la prochaine étape ?
Je suis quand même bonne pour mélanger école et travail. Je suis quelqu’un de très studieux. Donc, je suis capable de faire les deux. Je trouve que c’est un moteur pour moi aussi de travailler à deux places en même temps. Donc, je ne compte pas arrêter l’école, mais je veux continuer à étudier en cinéma et à faire mes expériences de plateau de mon bord autant que je peux.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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