Le quatuor vocal, qui fête ses 10 ans, est composé de François Pothier Bouchard, François «FA2» Dubé, Philippe C. Leboeuf et Louis-Alexandre Beauchemin. Leur quatrième spectacle, mis en scène par Serge Postigo, A CAPELLA HÉROS, porte le nom de leur mini-album, qui comprend le sublime Tous les cris les S.O.S. chanté par le regretté Daniel Balavoine, mais aussi des œuvres originales, une première. Les instrumentations avec leurs seules voix sont époustouflantes, sans que rien ne paraisse.
La première montréalaise a eu lieu ce mercredi au Théâtre de Maisonneuve de la Place des Arts, saluée par la critique. Ils seront en tournée partout au Québec jusqu’en février 2024.
Nous avons pu nous entretenir, juste avant le spectacle, avec un des chanteurs, François Pothier Bouchard, afin d’évoquer les dix ans du groupe, le mini-album et cette folle tournée à travers la province. Pour en savoir plus : www.qw4rtz.ca
QW4RTZ, dix ans que cela dure ?
Mon Dieu, dix ans ! [Rires]. Dix ans que nous chantons à titre professionnel et que nous ne faisons que cela. Les gars et moi, nous nous connaissons depuis 25 ans, nous étions dans Les Petits Chanteurs de Trois-Rivières. Il s’agit d’une histoire de famille; nous sommes comme des frères. Nous vivons nos vies en parallèle, mais nous avons toujours quelque chose à raconter ou des aventures à vivre ensemble; nous avons encore la flamme.
Tout est parti d’une amitié entre vous quatre, mais comment vous en êtes arrivés là, aujourd’hui ?
Au début, nous ne pensions pas en faire un métier. Nous étions quatre amis qui nous rassemblions le dimanche matin pour chanter, pour le plaisir de faire des harmonies vocales. Tout a commencé un peu par hasard. Nous avions été engagés, un jour, pour remplacer un autre groupe de chant a capella qui s’était désisté au FestiVoix de Trois-Rivières. Nous avons chanté dans la rue, sans micros, et les gens ont aimé; nous avons ainsi décidé de continuer. Nous travaillons depuis 10 ans à temps plein.
Avez-vous fait partie d’autres groupes avant, et quelles sont vos formations ?
Nous faisions partie de la même chorale, mais n’avions jamais fait partie d’autres groupes constitués. Nous avons étudié en musique classique, mes trois amis en opéra et moi plutôt en musique instrumentale et direction d’orchestre, moi au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, Philippe C. Leboeuf à l’Université d’Ottawa, François « FA2 » Dubé au Conservatoire de musique de Montréal et Louis-Alexandre Beauchemin à l’Université de Montréal.
Dans votre mini-album, vous avez réussi à y mettre plusieurs styles, des sonorités modernes comme de la country. De quoi vous amusez-vous lors de vos représentations ?
C’est la première fois que nous faisons des petites compositions originales. En fait, sur scène, nous proposons des spectacles de variétés où nous inventons des numéros concepts et humoristiques.
L’inspiration est venue en nous demandant ce qui serait arrivé si nous avions fait autre chose dans la vie. Pour François, qui est chauve depuis ses 18 ans, s’il avait eu des cheveux, il serait peut-être devenu une vedette du métal [On est fâchés on est pas contents]. Pour Philippe, s’il était resté du côté du Canada anglais après ses études à Ottawa, il serait devenu une vedette de la country canadienne [Ma belle selle brune].
En fait, le plus intéressant, pour le public, est de venir voir notre spectacle pour comprendre l’album et notre univers.
Il y a beaucoup de sons sur certains titres. Comment faites-vous alors que vous n’êtes que quatre ?
Il n’y a pas que quatre voix. En fait nous empilons, nos voix les unes par-dessus les autres comme si elles étaient décuplées. Il n’y a pas d’instruments dans ce disque-là. Toutes les sources sonores sont nos voix, avec parfois du beatbox.
Nous avons chacun nos micros chez nous. Nous avons enregistré chacune de nos voix qui sont écrites sur une partition. Et nous avons envoyé les bandes sonores aux États-Unis à Ed Boyer qui a fait le mix. C’est le numéro UN de l’a capella dans le monde. Il a fait l’album de Pentatonix ou les films Pitch Perfect. Avec la technologie, nous avons pu tout faire à distance.
Quel est le rôle de Serge Postigo autour de votre groupe ?
Il a été notre metteur en scène, sur la conception de tous les numéros. À quatre moments, il joue aussi le rôle d’un journaliste culturel qui nous pose des questions. L’a capella se vit. Dans notre calendrier, nous avons des dates jusqu’en 2025. Il y a toujours des discussions pour des spectacles en France. Nous avons fait un petit essai en juin à Paris, et cela a réellement bien fonctionné.
Crédit photo: Courtoisie

