Malgré une soirée fraîche et venteuse, les gradins de La Ronde étaient bien remplis ce jeudi 16 juillet pour accueillir l’équipe de la Chine à l’International des Feux Loto-Québec. Avec « Un monde, une infinité d’étincelles », la firme Sunny Fireworks proposait une célébration de cette fascination universelle qu’exercent les feux d’artifice, symboles de lumière et de joie à travers les cultures. Le public montréalais a répondu présent… et il n’a certainement pas été déçu.
Dès les premiers instants, Sunny Fireworks impose un niveau de précision remarquable. La synchronisation entre la musique et la pyrotechnie est tout simplement exemplaire. Faisant le pari audacieux d’une bande sonore largement instrumentale, où chaque nuance, chaque accélération et chaque respiration musicale devaient être traduites visuellement, les artificiers chinois livrent une véritable leçon de mise en scène. Les explosions semblent danser avec la partition, offrant un spectacle où lumière et musique ne font plus qu’un.
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La richesse du vocabulaire pyrotechnique impressionne tout au long de la soirée. Couleurs éclatantes, textures variées, bombes monumentales aux effets multiples, crépitements, palmiers lumineux, cascades incandescentes et bouquets d’une rare complexité s’enchaînent sans jamais donner une impression de répétition. Chaque tableau possède sa propre identité, alternant avec fluidité entre envolées spectaculaires et instants plus contemplatifs.
Le vent, loin de desservir la représentation, devient même un allié inattendu. Les immenses compositions, déployées très haut dans le ciel, sont poussées vers les gradins, enveloppant littéralement les spectateurs. Les étoiles continuent de crépiter bien au-dessus de leurs têtes, procurant cette délicieuse sensation d’être plongés au cœur même des feux d’artifice, au prix de quelques cendres et débris retombant dans la foule. Les séquences plus poétiques permettent quant à elles à la fumée de se dissiper avant le tableau suivant.
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Les moments musicaux marquants ne manquent pas. Sur Eye of the Tiger, un spectaculaire éventail incandescent vient battre la mesure avec une précision jubilatoire. La réinterprétation au violon de We Will Rock You s’accompagne d’un impressionnant essaim d’étincelles crépitantes qui envahit la voûte céleste dans un ballet étourdissant. Puis, sur Reet Petite, les « Pow! Pow! Pow! » des explosions font malicieusement écho aux « Oh! Oh! Oh! » de la chanson.
Après cette montée d’énergie, Sunny Fireworks prend le temps de ralentir le tempo, laissant place à quelques tableaux empreints de douceur et de poésie. Une respiration bienvenue avant un final tout simplement monumental. Porté par Up Is Down de Hans Zimmer, puis For the Win de Thomas Bergersen et Two Steps From Hell, le bouquet final déploie un crescendo musical et lumineux absolument saisissant. Le ciel entier semble s’embraser dans une succession ininterrompue d’effets gigantesques, offrant une conclusion d’une ampleur rare qui donne véritablement des frissons.
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Avec « Un monde, une infinité d’étincelles », Sunny Fireworks rappelle avec éclat pourquoi les feux d’artifice continuent, siècle après siècle, de susciter le même émerveillement. Leur prestation conjugue virtuosité technique, sens du rythme, richesse visuelle et émotion pure dans un spectacle d’une qualité exceptionnelle. Reste désormais à savoir si cette démonstration magistrale saura convaincre le jury de lui décerner l’un des convoités Jupiters. Une chose est certaine : jeudi soir, Montréal a assisté à l’un des grands moments de cette 40ᵉ édition de l’International des Feux Loto-Québec.

Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Z. Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
