Deux ans après avoir remporté les honneurs à Star Académie, Krystel Mongeau dévoile finalement « Un nouveau jour », son premier album solo aux saveurs country dont elle rêvait depuis longtemps. Quand j’en ai discuté avec elle à la veille du lancement, elle débordait d’enthousiasme à l’idée de finalement présenter son matériel dont elle décrit la pièce-titre comme son histoire d’après son passage à l’émission.
Ça fait deux ans presque jour pour jour que tu as gagné Star Académie. Ton album sera finalement lancé demain! Comment te sens-tu ?
Je me sens bien, je suis excitée… Je suis vraiment fière du résultat! Ce matin, j’étais à Salut Bonjour et je ne me pouvais plus (rires)! Je me sentais tannante, j’avais l’impression que je venais de prendre trois ou quatre cafés! Je suis contente qu’enfin, après deux ans, ça se passe! J’ai pris du temps, mais je pense que ça vaut la peine de prendre du temps pour donner un résultat qui nous rend fiers.
C’était clair au lendemain de la finale : tu voulais faire de la musique country pop en français et être fidèle à tes racines. C’est exactement ce que tu as fait!
Oui, c’est vraiment ça! Moi, j’ai grandi avec la famille Daraîche et Isabelle Boulay. C’est ce que mes parents écoutaient. C’est vraiment à l’adolescence que les influences américaines comme Carrie Underwood sont plus apparues. Mais je ne suis pas du tout anglophone; ce n’est pas du tout ma langue. La preuve : Lara Fabian me lançait des coussins dans la face tellement que mon accent était mauvais (rires)!
Je ne me voyais pas faire un album anglais. Donc en français, c’est vraiment important! Par contre, c’est aussi un défi parce qu’il n’y a pas beaucoup de new country en français. Il y a Léa Jarry entre autres, mais c’est quand même un défi d’imposer un peu ça au public québécois. Je lance un album en faisant quelque chose qui ne se fait pas beaucoup ici. Il y en a de plus en plus, par exemple, donc ça me stimule! C’était vraiment excitant de travailler sur cet album-là… Je pense qu’on y est arrivés!


Comment présenterais-tu ton album ?
C’est un album country, folk, pop, parfois rock! C’est un album qui a un peu d’attitude, aussi. Dans la vie, je suis une personne très groundée, mais aussi très calme. Par contre, dès que je me mets à chanter et que j’ai envie de dire quelque chose, on dirait que toutes mes tripes sont là. Je pense qu’il y a beaucoup de ça, que c’est beaucoup assumé. Depuis Star Ac, on dirait que je suis de plus en plus groundée. Vraiment! Je me sens sur mon X. Je suis sûre de ce que je veux faire, donc c’est important que ça se ressente dans l’album.
Il y a des sujets desquels je trouvais important de parler, les relations de violence conjugale, par exemple, les relations toxiques. C’était important pour moi d’en parler parce que je ne l’ai pas vécu, mais j’ai vu des gens le vivre, puis je me dis que je suis une femme, donc que ça pourrait m’arriver. Je veux que ces femmes-là et ces hommes-là sentent qu’ils ne sont pas seuls. C’est important pour moi!
Je parle aussi de ma séparation, et encore là, il y a tellement de gens qui en vivent, mais ça fait partie de mon histoire, donc je trouvais important de la laisser là cette chanson-là, même si je suis revenue avec mon copain. C’est Andréanne Thériault [Andie Therio] qui l’a écrite, puis à la première écoute, je me suis juste mise à pleurer. J’avais l’impression qu’elle l’avait écrite pour moi, mais non. Elle l’a écrite pour elle, mais elle me l’a donnée et finalement, je me suis retrouvée dans cette chanson-là. La séparation, c’est un sujet universel. On en vit tous!

Tu as décidé de reprendre « Je ne suis qu’une chanson » que tu avais faite en finale et que tu interprétais aussi lors de la tournée des finalistes. Dirais-tu qu’elle est devenue une chanson porte-bonheur ?
Oui… C’est une chanson vraiment significative pour moi. Même après les spectacles de la tournée avec Éloi [Cummings], il y avait plein de gens qui me disaient que c’était une chanson faite pour moi et que je devrais l’enregistrer. Je les entendais et je me disais que je n’avais pas le choix de le faire pour faire plaisir au public, mais aussi pour moi. C’est une chanson tellement significative que je me fais le cadeau d’enregistrer cette grande chanson-là. Elle m’a apporté beaucoup, elle m’a fait gagner Star Ac. Juste au niveau des paroles, je la sens. On dirait qu’elle est écrite pour moi.
Outre cette chanson, dirais-tu que ton choix de chansons pour la tournée des finalistes a eu un impact sur certaines de tes décisions lors du processus de création de l’album ?
C’est une bonne question, ça! Peut-être que oui, en prenant plus de place sur scène… J’étais habituée à faire de la scène, mais avec Québec Issime, j’interprétais vraiment le répertoire du chanteur. Krystel Mongeau passait à travers un personnage. Tandis que là, oui, je faisais des reprises, mais quand même plus à ma façon. Des fois, j’étais seule sur scène pour parler au public, aussi, donc je pense que ça m’a permis de me grounder et de savoir quelle sorte d’artiste j’étais réellement. C’est un bon côté de la tournée à seulement deux, je trouve. On a plus de place. C’était la première fois que j’animais une foule, et j’étais contente d’avoir Éloi avec moi pour faire un show de deux heures pour la première fois, mais là, je me rends compte que je suis prête à le faire toute seule.


Quelle serait ta plus grande fierté par rapport à l’album ?
C’est d’avoir participé à la composition et à l’écriture. Moi, au début, je ne me considérais pas comme autrice-compositrice du tout, donc je voulais laisser ça entre les mains de professionnels, puis finalement, je me suis permis de m’essayer avec la composition. « Baby Girl » a été ma première, et c’était vraiment de l’émotion pure. Je me suis lancée dans l’écriture sur le moment, je pleurais ma vie, puis finalement, je l’ai montrée à l’équipe et ils ont trouvé ça bon. Ils m’ont dit que c’était de l’émotion à l’état pur et que c’était ce que les gens aiment.
Parle-moi de cette première chanson que tu as écrite, « Baby Girl ».
C’est par rapport à ma fille. J’ai été séparée d’elle quatre mois à Star Académie, je me suis séparée de mon copain. À ce moment-là, quand je devais l’emmener à la garderie, c’était dur. C’est un peu ce sentiment-là que j’ai écrit. Là, c’est drôle parce que je n’ai pas à me séparer d’elle aussi longtemps, mais des fois, il faut que je parte quatre ou cinq jours. Ça me fait toujours un petit pincement au cœur, et à elle aussi. Mais là, la différence, c’est qu’elle sait que je reviens. Elle est consciente que maman va travailler, mais qu’elle revient. Elle me fait du bien, cette chanson-là!
On peut dire que la réaction de ton équipe a influencé la suite!
Oui. Ils m’ont dit de réessayer, donc j’ai réessayé et je me suis entourée de collaborateurs. Je prends l’exemple de Marc Dupré et de Nelson Minville, ce sont des gens qui sont habitués à faire ça. Pour moi, c’est comme une autre école complètement! De pouvoir composer et écrire, de pouvoir profiter un peu de leur expertise pour peut-être éventuellement être capable de faire moi-même tout ça!


Y a-t-il des spectacles prévus bientôt ?
À date, il y a un spectacle de prévu. C’est à Sherbrooke, pour la Fête du Lac des Nations. C’est dans mon patelin, donc c’est le parfait endroit pour justement présenter toutes les chansons au public. Ça dure une heure, puis c’est en version acoustique avec deux musiciens. J’ai vraiment hâte!
En terminant, quel serait ton plus grand souhait pour l’album ?
Ça serait de faire une longue tournée avec cet album-là! Moi, on dirait que ma deuxième maison, c’est la scène. C’est là que je suis bien. Comme je disais tantôt, j’ai une personnalité plutôt réservée, plutôt calme. Ce n’est pas moi qui vais prendre toute la place dans la pièce. Mais sur scène, on dirait que je me permets vraiment d’être libre. Et ça me permet de rencontrer le public, aussi. Avec la tournée, j’ai rencontré un peu le public qui m’a suivie à Star Académie, mais là, je vais voir quel public va vraiment me suivre avec mes chansons. Donc pour ça aussi, je suis vraiment curieuse et j’ai hâte. Une tournée, c’est vraiment ce que je souhaite le plus! Je veux que ça fonctionne bien!
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Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

Je t’aime ma Belle Krystel