Pour célébrer la sortie de son troisième album (paru le 26 avril), P’tit Belliveau a présenté un lancement surprise au District Saint-Joseph, à Québec, le 30 avril.
L’album, intitulé simplement P’tit Belliveau, marque un nouveau chapitre dans sa carrière, en raison d’une approche plus libre. Bien que les chansons soient toujours ensoleillées et variées, l’accent est mis sur le fait de se laisser-aller concernant des sons et des envies.
Au District Saint-Joseph, l’ambiance était décontractée et intime. Dès que P’tit Belliveau et son band ont monté sur scène, l’énergie chaleureuse était élevée et la foule a chanté toutes les chansons, qui comprenaient aussi des classiques (comme Mon drapeau Acadjonne vens d’Taiwan et Income Tax) ainsi que des reprises (comme How You Remind Me de Nickelback et O Marie de Daniel Lanois). Un mini mosh pit s’est également formé devant la scène, dans lesquels P’tit Belliveau est entré pendant une chanson et Guillaume Boulianne (à la mandoline) pendant une autre.
Le show a commencé par P’t’être qu’il a du tequila dans la brain, la chanson country et ludique sortie en novembre, qui était suivie par Comfy sans FouKi. Les autres chansons de l’album étaient Feel Bonne, Ej m’en fous, Ring Ring et Gros truck, toutes faites pour un environnement live. À la fin du show, Hubert Lenoir a rejoint P’tit Belliveau sur scène pour une chanson rap pas encore sortie ou entendue. Celle-ci a solidifié le fait que la soirée était un lancement surprise à Québec.
On a parlé avec l’acadien avant le spectacle pour plonger davantage dans l’album et pour découvrir ses intentions pour les spectacles à venir.
Pourquoi as-tu décidé de faire un lancement surprise à Québec?
On joue au FEQ en été. Normalement quand on joue un gros festival dans la ville on ne peut point jouer un show avant, mais c’est une surprise et c’est une manière de faire un show quand même à Québec pour l’album sans marcher sur les pieds du FEQ. On a beaucoup de fans à Québec so on voulait faire un show ici.
Mais tu n’as pas encore un show prévu à Montréal et tu ne joues pas un gros festival là-bas…
Ah ben, we’ll see, I guess.
Les grenouilles font une grande partie de l’album. Je sais qu’ils sont présents dans ton quotidien à la Baie Sainte-Marie, mais est-ce qu’il a eu un moment précis où tu étais comme «ok je veux jouer avec ça pour cet album»? Je pense surtout à The Secret Life of Frog, une chanson où les personnalités des grenouilles sont imaginées.
Il n’y avait quasiment aucun aspect de l’album qui était réfléchi à ce moment-là. J’essayais de penser le moins possible pour cet album et ne pas me poser des questions. J’essayais d’être spontané. I guess si j’avais été plus réfléchi, je parlerais probablement moins des frogs, mais ils étaient beaucoup dans ma brain. J’essayais de faire le moins de choix possible et de laisser sortir ce qu’il veut sortir naturellement.
Dans ton quotidien, est-ce que tu regardes les grenouilles et tu es comme «ohh c’est quoi ta personnalité et ta vie»?
Je les regarde tout le temps et je les aime. C’est sûr que je pense about eux parce qu’il y en a beaucoup chez nous, mais c’est moins que je me demande ce qui se passe dans leur vie et plus que c’est l’fun d’imaginer. On aime personnifier les animaux so c’est naturel de créer un peu d’une histoire.
Ce qui est aussi cool dans cette chanson, c’est le son scintillant des synthés qui crée une ambiance magique. Considères-tu la Baie Sainte-Marie comme un endroit magique ou est-ce que la magie est dans ce qu’on peut faire avec notre imagination?
I guess quand on parle de la fantaisie et du Middle-earth, c’est vraiment facile de tomber dans ce type de fantaisie. On dirait que le monde se peint de manière plate et de manière bleak parfois so tomber dans la fantaisie n’est rien que du fun. J’essaie de la manifester le plus possible.
Dans notre dernière entrevue, tu as mentionné les choses sur lesquelles tu travaillais comme les techniques vocales et la musique métal. Dans la chanson The Frog War, ces deux choses sont mélangées. Est-ce que l’idée d’imiter une grenouille est venue de ces techniques ou avais-tu toujours pensé que tu pourrais être comme une grenouille si tu es plus fort dans les techniques?
Au moment de faire ce track-là, j’avais déjà développé la technique. C’était juste un happy accident que les chemins se sont croisés au bon moment. Je fuck around tout le temps avec ma voix et j’explore ce que je peux faire et je développe les techniques. Dans le studio, ça a créé un nouvel outil que je pouvais utiliser, so I used it.


Il y a aussi des chansons qui sont remplies de nostalgie, ou qui sont un peu plus réfléchies, comme L’église de St. Bernard et Sur l’TV. Dirais-tu que cet album, qui s’appelle simplement P’tit Belliveau, est comme une bonne représentation de toi et ta vie?
C’est personnel, mais toutes mes chansons sont personnelles, même les chansons qui sont drôles et weird. Il y a toujours une partie de moi qui est honnête. Je dirais que la raison principale pour laquelle l’album est appelé P’tit Belliveau est parce que je trouve qu’il résume le projet plus que ma propre vie. Il n’y a point beaucoup de séparation entre moi et le projet, mais c’est plus dans le sens que cet album a rendu le projet plus vaste et il y a moins de limite. À cause de ce que je considère le projet et ce que je veux qu’il soit, je l’ai nommé P’tit Belliveau.
Ta reprise de La 20 d’Édith Butler transparaît vraiment le bonheur et c’est parfait pour voyager. As-tu un lien personnel avec cette chanson, surtout parce que tu l’as incluse sur l’album?
On a déjà fait la track qui était sortie l’année dernière. La chanson parle de l’autoroute 20 et on est toujours sur cette autoroute. Toutes les chansons que je chante viennent de ma propre vie. Édith serait toujours passée sur ce chemin-là comme je fais pour mon job. Actually, la chanson n’était point prévue pour être sur l’album, c’était Summertime, mais finalement on a besoin de couper Summertime et on a ajouté La 20 instead. À la fin de la journée, je suis content parce que c’est une nice toune et ça marche avec les autres. En plus, on était toujours capable de sortir Summertime.
Pourrais-tu nous parler de ton processus de création de cet album qui a été fait principalement par toi chez toi? Par exemple, est-ce qu’il y a des choses que tu as apprises en expérimentant qui ont changé ta vision de l’album?
C’est sûr que j’ai appris de nouvelles techniques. Tous les jours que je suis dans le studio, j’apprends quelque chose. Je créais tous les jours pour faire un album so c’est vraiment dur d’imaginer quels sont mes apprentissages, mais je dirais que j’essayais de ressembler le plus possible à un enfant. Je voulais laisser les tracks aller dans la direction qu’ils allaient naturellement. Le seul travail que j’ai fait a été de choisir les douze meilleures tunes.
Finalement, ta musique est sortie et tu es en tournée toute l’année. Quel est donc ton objectif concernant le rapport avec les auditeurs et le public? Évidemment, tes spectacles sont toujours l’fun, mais est-ce qu’il y a un message ou une vibe que tu aimerais transmettre avec toutes tes chansons?
J’aimerais que les gens considèrent la vie à la campagne. Tout le monde croit qu’ils sont censés vivre dans la ville, mais je pense que réellement ces gens ne veulent pas vivre en ville. La plupart du monde est plus content avec une vie beaucoup moins luxurieuse, sexy, et excitante. Je crois qu’on overrate ce type de vie-là en ville et on est actually malheureux.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.
Crédit Photos : Sacha Cohen

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