Chaque année, les Francouvertes rassemblent une grande variété d’artistes émergents qui ont tous un but: établir leur identité musicale et progresser davantage sur la scène francophone. Les artistes qui viennent de partout au Canada, pas seulement du Québec, jouent devant un jury et le public sous forme de concours-vitrine. Cette année, les trois finalistes en route vers le prix prestigieux sont Kat Pereira, Leone Volta et Muhoza et sa troupe.
On a parlé avec les trois artistes avant la finale, présentée le 12 mai au Club Soda, pour en savoir plus sur leur expérience et leur vision musicale.
Kat Pereira
Kat Pereira est une autrice-compositrice-interprète qui fait de la musique pop et néo-soul avec une attitude ludique. Les synthés sont énergiques, comme si les mélodies dansaient dans nos oreilles, et les paroles sont réfléchies pour faire référence aux sujets plus profonds. Vu qu’elle n’a sorti qu’une seule chanson, je ne crois plus au karma, les Francouvertes sont un point de départ pour son projet solo.
Comment te sens-tu depuis notre dernière entrevue? Ton voyage aux Francouvertes continue!
Peut-être un peu plus fatiguée que la dernière fois qu’on s’est vues, mais toujours aussi surprise et comblée! C’est toute qu’une aventure que l’on vit en ce moment, ça demande beaucoup d’énergie de conjuguer les Francouvertes, la vie de musicienne pigiste qui continue et la sortie de singles en même temps. C’est comme si on vivait deux vies parallèles à toute allure. Mais je me sens tellement chanceuse de pouvoir vivre le concours dans son entièreté, c’est un énorme privilège d’avoir accès à une telle vitrine qui nous rapproche directement du public, des médias et de l’industrie. Le concours a été un incroyable accélérateur pour le développement de mon projet. Les connexions que j’ai développées avec les différent.es artistes de cette édition resteront un de mes plus beaux souvenirs assurément!
Comment ton show en demi-finale s’est-il déroulé comparé à ton premier show ?
Il n’y avait plus la pression de « casser » le projet pour la première fois, de dévoiler qui je suis en tant qu’artiste solo au monde et le sentiment de me lancer dans le vide. J’étais vraiment plus dans l’abandon et le plaisir de jouer avec mon band et de connecter avec le public. Nous avons malheureusement eu plusieurs problèmes techniques, alors le show a été un très bon défi de concentration et de contrôle. Il nous a permis de prouver que nous étions assez solides et confiant.es pour surmonter ce qui se mettra au travers de notre chemin!
J’imagine que ta confiance a grandi. As-tu des plans pour ton prochain show en tant que finaliste ou est-ce que tu vas simplement profiter du moment ?
Oui effectivement, la réception positive du public m’amène encore une plus grande confiance, parce que je sais maintenant que je peux toucher les gens avec ma musique et c’est super précieux comme sentiment! Le plan, c’est vraiment juste d’en profiter au maximum, de vivre le moment pleinement avec mon band et d’avoir du gros plaisir avec le public. On ne revivra pas une finale des Francouvertes deux fois. On a déjà tout accompli ce que je souhaitais à travers cette vitrine et il ne nous reste qu’à donner un bon show! Au Club Soda en plus, que demander de mieux!
Laquelle de tes chansons dirais-tu est la plus fun à interpréter sur scène ?
Chaque chanson dans le show me nourrit tellement de façons différentes, certaines me permettent de m’éclater et de faire monter l’énergie, d’autres d’être plus dans l’introspection ou dans une intimité avec le public ou encore de créer des moments plus épiques. Je dirais qu’en ce moment, la chanson je ne crois plus au karma m’amène beaucoup de plaisir sur scène parce que c’est la chanson que le public a déjà entendue et qu’il peut chanter avec moi! C’est aussi la dernière chanson du show, alors l’énergie est à son comble et c’est un sentiment incroyable quand le public se lève et clap tous ensemble, ça fait du bien de voir qu’on peut se connecter ensemble à travers l’art!
Leone Volta
Le premier EP de l’auteur-compositeur-interprète Leone Volta, intitulé Paysages parallèles, est à la fois mystérieux et réconfortant. On a l’impression de se perdre dans la brume pendant un matin d’automne, comme si nos esprits erraient quelque part entre l’imaginaire et la réalité. C’est le projet solo d’Anthony Cayouette, un musicien qui a régulièrement accompagné Marco Ema, l i l a, et Kanen sur scène. Aux Francouvertes, lui aussi est accompagné de visages familiers, notamment Henri Kinkead et Jeanne Laforest. Ensemble, ils créent des ambiances cinématographiques.
Comment as-tu trouvé ton expérience aux Francouvertes ? Est-ce que tu te sens comme le même artiste qu’au début du concours ou est-ce que le fait d’être finaliste t’a un peu changé ?
Je pense que, malgré le parcours qui m’a certainement donné un peu plus confiance en mes moyens, je reste le même artiste qu’au début. En fait, le concours m’a surtout appris le travail non-artistique de la gestion d’un projet. Je parle ici de la gestion des horaires, organiser les répétitions, s’assurer que tout le monde est bien dans tout ça.
Ta musique est tellement rêveuse et douce. Qu’est-ce que tu espères que les gens ressentent quand ils écoutent tes chansons ou quand ils te voient en spectacle ?
J’ai envie que les gens puissent passer par toutes sortes d’émotions durant le spectacle. On a réfléchi au concert pour qu’il y ait une montée d’énergie. L’idée était de dépasser la limite du EP, c’est-à-dire de se permettre de rendre les bouts plus « rock » encore plus rock. Donc je pense que les gens peuvent juste se laisser porter par cette vague sans trop se poser de questions. S’ils passent par l’envie de se fermer les yeux et d’être plus dans l’introspection au début et qu’à la fin s’ils ont envie de bouger c’est merveilleux.
Avant de lancer ton projet solo, tu jouais beaucoup sur scène avec Marco Ema. Est-ce que ton travail avec Marco a influencé comment tu abordes tes propres spectacles, même Les Francouvertes ?
Oui, c’est sûr que tout le travail que j’ai fait avec d’autres artistes avant m’a influencé. Surtout que je joue avec tous les musiciens de Marco Ema! Ce qui est le fun dans tout ça, c’est qu’on se connaît bien, on sait comment travailler ensemble et on est habitué à réfléchir aux grandes lignes directrices d’un spectacle. C’est sûr que ça nous a aidé dans le processus des Francouvertes.
Les Francouvertes, c’est une belle occasion pour te présenter et de recevoir plus d’attention qu’avant. Même si toutes tes chansons te représentent, laquelle dirais-tu reflète le mieux ta vision ou le moment actuel ?
C’est difficile de trouver LA chanson parmi les miennes, elles sont presque toutes mélancoliques et en ce moment je vie quelque chose d’extrêmement beau! Mais dans l’esprit, je pense que Danse reste dans mes chansons préférées. Je pense que le mood très lent/ambiant et dans le moment présent de la chanson se rapproche beaucoup de ce que je ressens actuellement. Je ne me sens pas du tout stressé, j’ai juste hâte de me laisser bercer dans cette finale des Francouvertes.
Tu as sorti ton premier EP, Paysages parallèles, en 2023. Est-ce que tu as d’autres projets qui s’en viennent ou tu vas plutôt laisser les choses aller après Les Francouvertes ?
J’ai déjà très hâte à la suite en fait. Après les Francouvertes, l’idée est de retomber plus officiellement dans la composition. J’ai un été plutôt relaxe alors je compte en profiter. J’ai même déjà commencé l’enregistrement d’une nouvelle chanson que j’espère sortir d’ici la fin de 2025.
Muhoza et sa troupe
Déric Muhoza Eloundou est un rappeur Montréalais, né de parents rwandais et camerounais. Il raconte ce qui se passe autour de lui pour mettre en lumière les gens qui sont souvent dans l’ombre. Ses textes sont livrés avec des textures hip-hop et jazz, créant ainsi de petits mondes remplis de vie. L’artiste a sorti un EP, intitulé Bijou en 2022 sous le nom de Muhoza. Pour Les Francouvertes, il se présente avec « sa troupe », qui peut être définie par les six musiciens qui l’accompagnent sur scène.
Comment as-tu trouvé ton expérience aux Francouvertes? Avais-tu des attentes avant de participer?
Super incroyable! Je ne m’attendais pas à être sélectionné, encore moins à me rendre en finale. Je suis super fier de mes musiciens. Sans eux, je ne pense pas que je serais aux Francouvertes.
Quelle est l’importance d’un concours comme celui-ci, selon toi?
Ça fait vivre l’industrie musicale québécoise. La liste des noms qui ont déjà participé aux Francouvertes est légendaire. Je pense que c’est un devoir de supporter ce genre de concours.
Pourrais-tu parler davantage des messages et de la motivation derrière ta musique?
C’est un peu un recueil des moments les moins faciles de ma vie. Aussi, je cherche à ce que mes paroles amènent de la force et une dose d’espoir aux personnes qui s’y reconnaissent.
Y a-t-il une chanson de toi qui te représente le plus ou qui te touche particulièrement? Si oui, laquelle ?
Pas vraiment, je n’aime pas réécouter mes chansons après qu’elles soient disponibles sur les plateformes. Je pense que toutes mes chansons me représentent à juste valeur et qu’il n’y en a pas une plus importante qu’une autre.
Suite aux Francouvertes, est-ce que tu as des projets à venir — que ce soit la sortie de la nouvelle musique ou des spectacles ?
On commence petit à petit la confection d’un projet avec Carson (mon choriste) et le band. Sinon, j’ai quelques spectacles de prévus cet été, dont celui du 24 juin au Parc Lafontaine pour la Fête nationale.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.


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