La comédie musicale Don Juan célèbre ses 20 ans cette année avec une nouvelle distribution et une série de spectacles. À quelques jours de la première, nous avons été conviés aux répétitions et en avons profité pour discuter avec des membres de la distribution en plus de vous offrir un aperçu en photos.
Entrevues
Olivier Dion (Don Carlos)
Comment décrirais-tu ton rapport à Don Juan ?
Moi, Don Juan, j’avais 12 ans quand ça a commencé, puis ça m’a vraiment accompagné parce que je commençais à chanter. Je commençais mes premiers petits contrats qui me rémunéraient à 12 ans à Sherbrooke. Dans cette boîte de production là, ProjectArt qu’elle s’appelait, il y a des gens qui travaillaient sur le show parce qu’ils étaient les doublures de Don Juan et de Don Carlos. Je les côtoyais; j’avais 12 ans et eux avaient une vingtaine d’années. C’était de grands professionnels; ils m’impressionnaient. Mon lien avec Don Juan date d’il y a super longtemps, donc il y a quelque chose de super familial, on dirait. C’était un peu comme ma petite famille, les gens de ProjectArt, à l’époque. Je les côtoyais et ils faisaient le show, donc de me retrouver sur le show aujourd’hui, c’est vraiment spécial.
Don Carlos a auparavant été joué par Mario Pelchat et Étienne Drapeau, entre autres. Comment décrirais-tu ta version du personnage ?
Je pense qu’on va avoir un Don Carlos qui va être un peu plus d’égal à égal avec Don Juan en termes de l’amitié et en termes de confrontation, aussi. Ils n’ont pas du tout la même personnalité, mais je pense que c’est intéressant quand Don Carlos essaie de ramener Don Juan à l’ordre. Cette fois-ci, on n’a pas l’aspect paternel ou d’ami plus âgé. Ils sont un peu plus proches en âge. Je trouve ça quand même intéressant. Il y a comme une espèce d’énergie différente par rapport à ça.
Tu interprètes plusieurs grandes chansons dans le spectacle, « Les femmes », « L’homme qui a tout », « Les fleurs du mal », entre autres. Est-ce qu’il y en a une que tu as particulièrement hâte de présenter au public ?
Moi, j’ai toujours aimé chanter et écouter « L’homme qui a tout ». C’était l’ouverture de l’album, donc je l’ai écoutée souvent. Je trouvais que Mario la chantait super bien et j’ai vraiment grandi en l’écoutant. En plus, elle ouvre le spectacle. C’est une chanson qui signifie beaucoup, puis elle décrit tout ce qu’est Don Juan. Elle m’excite, mais en même temps c’est une chanson qui me stresse un peu. C’est l’ouverture, donc je veux vraiment bien la livrer. C’est un plaisir et un challenge en même temps, cette chanson-là.



Tu as joué dans plusieurs comédies musicales. En quoi dirais-tu que l’expérience de Don Juan est différence des autres ?
C’est différent parce que je dirais que les chansons sont un peu plus lyriques que ce que j’avais l’habitude de faire. On est moins dans l’action et dans la danse, dans les performances physiques; on met plus l’accent sur la prestance. Il y a quelque chose de plus mature dans le rôle que je joue là. Quand j’ai joué D’Artagnan dans Les trois mousquetaires et Link Larkin dans Hairpray, c’était des rôles plus juvéniles, des personnages qui avaient beaucoup d’énergie, qui étaient jeunes et qui avaient beaucoup d’innocence, alors que là, je joue un peu l’inverse.
Justement, pendant Star Académie en 2012 et dans les années qui ont suivi, tu as dû te défaire de l’image de beau gars qui t’avait été étiquetée. Là, tu incarnes le bon gars du spectacle plutôt que le beau gars. Qu’est-ce que ça te fait ?
Je suis très content de ça (rires)! Je suis content qu’on ne m’ait pas proposé Don Juan. Don Carlos, c’est vraiment un beau rôle avec des chansons que j’aime. On sort complètement de cette image-là. Je ne sais pas si j’aurais eu envie de la porter comme ça. Je suis vraiment content de la tournure des événements! C’est un bon gars, très droit, loyal, bienveillant. C’est l’homme qui sait tout!
Quelles seraient tes attentes pour les spectacles ici ?
Je n’ai pas d’attentes. Je pense que les gens ont hâte de revoir le spectacle. Ceux qui l’ont déjà vu vont sûrement être empreints de nostalgie et vont trouver ça vraiment cool. C’est un show qui ne se démode pas, en fait, qui est intemporel. J’ai plusieurs de mes amis qui ne l’ont jamais vu, donc j’ai hâte qu’ils le découvrent! Je pense que les gens qui vont le découvrir vont être charmés par toutes sortes de choses, par les numéros entre autres, la danse. Pour moi, c’est une des grandes forces du spectacle. C’est vraiment puissant!
Roxane Filion (Isabel)
Tu as déjà fait partie de la distribution de Don Juan en Asie, mais c’est la première fois que tu le fais ici. Qu’est-ce que ça te fait ?
Je dirais « enfin » de venir le faire à la maison! C’est quand même un spectacle qui a marqué le Québec, puis de l’avoir commencé en Chine, ça a été une expérience incroyable. Par contre, il y a quelque chose de très significatif de venir jouer ce spectacle-là ici. C’est comme de ramener une bonne amie chez nous!
Isabel a entre autres été jouée par Cassiopée et Amélie B. Simard au Québec par le passé. Comment décrirais-tu ta version du personnage ?
Depuis la création, c’est comme si les personnages avaient tous un peu grandi. Le cast de cette année, on est tous un peu plus vieux que les gens qui l’avaient fait à la création. Mon Isabel a une belle maturité, je pense. Je pense qu’elle a ce petit côté bienveillant pour Don Juan, pour son ami, que j’ai envie de lui donner. Elle a une espèce de bonne conscience de lui dire : « hey, même si tu fais le trouble, je vais t’aimer pareil, je ne te juge pas, je vais toujours être là pour toi ». C’est un peu la chaleur que j’ai envie de donner à ce personnage-là.



Est-ce que tu as une chanson préférée parmi les pièces que tu interprètes ?
Je pense que la chanson « Pourquoi le bruit » dans la deuxième partie résonne beaucoup dans le spectacle, et je dirais qu’elle résonne beaucoup dans la société actuelle, avec les conflits dans le monde en ce moment. Je pense que cette chanson est vraiment d’actualité si on la sort de la comédie musicale. Elle a une charge que j’aime donner soir après soir. Je me rappelle l’avoir chantée un soir quand on était en Chine, puis il y avait eu des attentats dans une salle de spectacle la veille en Europe, puis je regardais la foule, j’en ai des frissons quand je t’en parle! Je me disais : « oh mon dieu, c’est tellement d’actualité encore et encore! » Gilles [Maheu] aime bien la décrire comme une chanson très politique, en fait, dans le spectacle. Je suis bien fière de la porter!
As-tu des attentes pour les spectacles ici ?
Je te dirais que je suis fébrile de présenter ça à la maison! Même si on l’a fait plusieurs fois, c’est comme si on recommençait à neuf, ne serait-ce qu’avec de nouveaux interprètes. Olivier se joint à nous, Cindy [Daniel] aussi, donc j’espère que les gens vont être au rendez-vous. Je pense qu’il y a une belle nostalgie aussi autour de Don Juan. Je voyais des journalistes chanter. Ça a marqué notre imaginaire, donc je pense que ça va réveiller une petite fibre nostalgique et flamenco-ish.
Gian Marco Schiaretti (Don Juan)
Qu’est-ce que ça te fait de tenir le rôle-titre dans Don Juan ?
C’est une icône; c’est un mythe. Quand on joue des rôles comme ça, c’est très fascinant et en même temps, c’est artistiquement dangereux parce qu’on ne veut pas tomber dans les stéréotypes. On essaie toujours d’améliorer le rôle, de trouver des couleurs différentes. Même quand on est revenus de Chine, on a parlé avec le metteur en scène Gilles Maheu et on a tout de suite essayé de trouver de nouvelles nuances pour apporter des caractéristiques différentes au rôle.
Avais-tu vu le spectacle original avec Jean-François Breau ?
Honnêtement, j’ai vu le DVD du spectacle. Au début, je l’ai regardé comme public parce que j’avais de l’intérêt pour le spectacle. Après, quand j’ai eu l’honneur d’être choisi pour ce rôle, j’ai décidé de ne plus le regarder pour m’en distancer, avec tout le respect du monde. Je crois que chaque acteur doit faire son propre chemin.



Justement, comment décrirais-tu ton Don Juan ?
Au début, c’est toujours le cliché du personnage. Après, j’emmène avec moi ma passion italienne et j’adore comment il réfléchit, dans la deuxième partie du spectacle, sur l’amour et sur le fait qu’il est en effet tombé amoureux de Maria, jusqu’à la décision de se laisser tuer pendant le duel avec Raphaël. C’est la rédemption du personnage; c’est là qu’il devient le héros de l’histoire. C’est cette transformation que j’aime bien travailler et jouer avec plusieurs nuances chaque soirée.
Tu as joué plusieurs fois dans Notre-Dame-de-Paris partout dans le monde, incluant au Québec. Dirais-tu que ça donne des attentes supplémentaires pour Don Juan ici ?
Oui! La première chose que j’ai dite à mes amis, quand on est arrivés avant-hier, c’est à quel point j’ai hâte de voir la réaction du public ici. Je sais qu’il y a une grande nostalgie. C’est un spectacle qui a été grandiose ici, au Québec, donc on a trop hâte. En plus, en Chine, ils ont une approche très particulière. Quand ils ne connaissent pas le spectacle, il y a beaucoup de silences, puis il y a une explosion à la fin. En même temps, quand il y a un climax, on aime être accompagnés par le public. Donc j’ai très hâte de voir ici, au Québec, à Montréal, à Ottawa, à Québec, à Trois-Rivières… J’ai trop hâte, vraiment! Des gens vont le voir pour la première fois alors que d’autres, comme pour Notre-Dame-de-Paris, vont chanter avec nous pendant tout le spectacle. Je suis très excité!
Comment comparerais-tu l’expérience de Don Juan avec celles des autres comédies musicales auxquelles tu as participé ?
Je trouve que c’est un rôle extraordinaire parce qu’on a beaucoup de couleurs à utiliser pendant le spectacle. Je suis toujours touché et fasciné par des rôles comme ça. J’ai déjà joué Tarzan et, dans ce cas-là, c’était plus une évolution physique. Le personnage est très charmant; c’est comme un petit prince très innocent. Ici, dans Don Juan, on a un homme qui mène une vie particulière, mais il découvre des subtilités de la vie qui sont complètement nouvelles. C’est là que ça devient vraiment intéressant. Il redevient comme un enfant, comme s’il découvrait finalement la vie, mais avec ses 30 ans. Je trouve qu’il est vraiment incroyable. En plus, on est toujours sur scène, donc c’est vraiment formidable!
Autres membres de la distribution
Cindy Daniel (Maria)


Philippe Berghella (Raphaël)



Alyzée Lalande (Elvira)


Robert Marien (Don Luis)


Photos de famille



Photos de numéros présentés






















Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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