Après avoir écrit, mis en scène et réalisé la comédie musicale Amsterdam, Mélissa Cardona a écrit le théâtre musical Lili St-Cyr qui a été couronné de succès à Kingsey Falls et à Montréal. Et ce n’est pas fini puisque son prochain projet est un spectacle musical sur nul autre que la légende vivante Serge Lama [une entrevue sur le sujet paraîtra prochainement]. Cette passion du « musical » se transpose de génération en génération puisque sa fille Lexie incarne Lulu dans la comédie musicale Waitress; elle sera présente lors des représentations du 25, 27 et 28 juillet.
Voici une entrevue réalisée avec Mélissa Cardona qui nous parle de son parcours, de Lili St-Cyr ainsi que de la participation de sa fille âgée de 4 ans dans Waitress.
Présente-moi ton parcours…
Ma première grande expérience a été la production avec la musique de Jacques Brel que j’avais fait en 2018 à Kingsey Falls. Après ça, on a été au TNM et on a fait une belle tournée. La COVID a frappé et on a dû suspendre nos activités. Amsterdam a été mon baptême dans l’univers professionnel. De fil en aiguille pendant la pandémie, j’ai écrit un spectacle musical avec Kevin Houle. De là est née cette union professionnelle extraordinaire où on a compris à quel point on était fort ensemble et qu’on se comprenait. Le nouveau propriétaire du Théâtre Le Patriote à Kingsey Falls, Stéphane Dubois, a téléphoné Diane Hébert en lui demandant qui a fait Amsterdam parce qu’il souhaitait faire un nouveau spectacle avec cette personne qui avait écrit le spectacle qui a le mieux fonctionné dans cette salle. Rapidement, j’ai parlé avec Kevin de ce qu’on pourrait faire, et c’est là que j’ai proposé Lili St-Cyr. Diane et Kevin ont dit oui et on a été là-dedans. Je voulais faire un peu mon Chicago (la comédie musicale) québécois.
L’aventure de Lili St-Cyr s’est bien passée à Kingsey Falls et votre œuvre a même été présentée à Montréal cet été. Est-ce que c’était dans les plans initiaux ?
C’était dans les projets au début. Lili St-Cyr a tenu l’affiche au Théâtre Gayety pendant presque dix ans. Le célèbre cabaret était situé exactement là où est le Théâtre du Nouveau Monde aujourd’hui. On savait ça. Alors, on se disait que si on pouvait rentrer à Montréal, il fallait que ce soit au TNM parce que le lieu s’y prêtait avec l’histoire.


Est-ce que le spectacle a répondu aux attentes initiales que vous aviez ?
Bonne question ! Oui, ç’a répondu parce que les gens étaient intrigués d’entendre que le récit existait pour vrai, mais c’est sûr que je vais dire comme n’importe qui dans l’univers du spectacle, soit que la vente des billets ne se soit pas faite en claquant des doigts. Toutefois, je suis vraiment reconnaissante aux gens qui sont venus le voir d’autant plus qu’il y a tellement d’offres de comédie musicale ces temps-ci.
C’est un double défi puisque c’est une histoire qui était quand même méconnue du grand public et que ce n’est pas une production qui a fait ses classes sur Broadway …
C’est drôle parce que ma fille Lexie était dans Waitress, et sa première était ma dernière de Lili St-Cyr. Je me disais que ma fille était ma compétition parce qu’on jouait en même temps. Je ne pouvais pas aller à la dernière de Lili St-Cyr parce que Lexie était sur la scène du Théâtre St-Denis. Waitress est un réplique et c’est identique à l’offre de Broadway. Et pour Lili St-Cyr, c’est une création totale. Effectivement, c’est difficile de faire naître une histoire comme celle-là qui fait partie des souvenirs des gens du troisième et même du quatrième âge. Il en a quelques-uns qui s’en souviennent encore, mais les autres ne savent pas qui est Lili St-Cyr. Même moi, il a fallu que je fasse des recherches pour que je comprenne qui c’était.
« J’ai été de celles qui ont vu le théâtre musical des Belles-sœurs à Joliette quand Kathleen Fortin jouait là-dedans. J’écoutais sa chanson sur « repeat ». Kathleen Fortin, c’était une sommité. De savoir que j’écrivais pour elle et qu’elle allait chanter une de mes chansons [dans Lili St-Cyr], c’était une espèce de sceau d’approbation. C’est bon, j’ai fait ce que je voulais faire dans ma carrière (rires). »



Est-ce que tu étais encore plus contente que Lili St-Cyr ait été incluse dans la programmation des Francos de Montréal; ce qui a donné une vitrine supplémentaire à votre spectacle.
Effectivement. On était soutenu autant par le TNM que par les Francos de Montréal. On se sentait vraiment dans l’univers du théâtre et de la musique. Notre produit, c’est ça en fait ! Être soutenu par les deux nous donnait une belle visibilité et on était vraiment contents.
Qu’est-ce qui t’a le plus rendu fier de l’ensemble du projet Lili St-Cyr ?
Définitivement, l’équipe. De rassembler tous ses comédiens qui sont tellement talentueux. Ils en ont fait tellement avant d’arriver sur Lili St-Cyr. Qu’ils choisissent d’y jouer malgré qu’ils avaient d’autres offres, c’est vraiment une grande réussite.
Plusieurs personnes ont dit « Je n’aime pas le théâtre musical habituellement, mais j’ai aimé votre spectacle ». Pour moi ça, c’est vraiment important parce que j’essaie de faire ça. De mettre autant quelque chose de divertissant qu’un côté historique pour apprendre aux gens, j’aime la fusion des deux.
Ce qui m’a rendu le plus fier, c’est l’équipe et de faire aimer le théâtre musical à ceux qui n’aiment pas ça habituellement.
Lexie, un rôle qui l’a remplit de bonheur !
Est-ce que Lexie a obtenu le rôle de Lulu grâce à tes connexions dans le milieu ?
Pas du tout ! Au départ, c’est Lunou Zucchini qui m’a dit « Waitress ouvre des auditions pour une 4-6 ans, tu devrais proposer Lexie! ». À l’époque, elle n’avait même pas encore 4 ans, mais Lexie adore jouer des personnages et, depuis les loges de Lili St-Cyr, elle me disait « je veux être comédienne, maman. » Je me suis dit… essayons ! Rien à perdre! Quand Joël Legendre a vu son « self tape » et son nom, il l’a mis sur le dessus de la pile parce qu’il trouvait qu’elle ressemblait à Marie-Eve Janvier ! Aucun rapport avec moi, il n’avait pas fait le lien. J’étais nerveuse pour le callback ! Et en même temps, je me suis dit : c’est là qu’on va savoir… Et elle a été super. Elle comprenait les notes. Elle jouait, re-jouait. Je suis pas mal fière d’elle.
Est-ce que tu étais plus nerveuse à la première de Lili St-Cyr au TNM ou plutôt de voir ta fille sur la scène de Waitress ?
Mon Dieu, excellente question ! La réponse est tellement simple et évidente : je meurs de trac en coulisses tous les soirs quand Lexie est sur scène. On révise ensemble ce qu’elle doit faire et elle me dit, un peu exaspérée « Je l’sais, maman! » Mais elle a 4 ans ! Ça lui arrive d’oublier des petites choses. Elle, elle ne ressent pas de pression, juste du plaisir. Et c’est ça qui est beau. C’est ça qui fait qu’elle a toujours hâte d’y aller.


Est-ce qu’elle aime ça ? Comment ça se passe ?
On a la chance, elle a la chance de vivre une expérience hors du commun avec des gens tellement bienveillants qui semblent toujours avoir de temps pour elle (même si ce n’est pas toujours vrai!). On arrive un peu plus tard, quand le spectacle est commencé, et elle a son petit rituel. Le code de la porte, l’écoute silencieuse, le sourire quand elle constate où ils sont rendus, le costume, les cheveux, la pose de micro, mais surtout, la tournée de câlins lorsqu’on monte au Salon Vert. Elle exprime son amour à toute l’équipe, c’est le moins qu’on puisse dire! Il faut que je la suive de près parce qu’elle est très autonome dans ses déplacements : le St-Denis devient un terrain de jeu et d’expériences sociales. C’est très émouvant de la voir s’épanouir comme ça.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
