La célèbre comédie musicale Don Juan de Félix Gray, qui célèbre cette année ses 20 ans, était présentée en ce jeudi 8 août à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts dans sa nouvelle mouture. Le spectacle sera d’ailleurs présenté à Montréal, Québec et Trois-Rivières dans les prochaines semaines.
Il y a quelques années, j’écoutais le DVD avec Jean-François Breau et Marie-Ève Janvier à répétitions. Je considère évidemment les chansons de Don Juan comme de véritables vers d’oreille et j’ai trouvé le spectacle magnifique. Les succès comme « Changer », « Seul » ou « Les femmes », pour ne nommer quelques pièces, ne se démodent pas.
Rappel du synopsis
Dans une Espagne romantique et intemporelle, les cœurs battent et se brisent pour Don Juan. Jeune noble à la beauté farouche, le fils de Don Luis déchaîne les passions : séducteur cruel, il attise le désir des unes, attire la haine des autres. Lors d’un duel, il assassine froidement le Commandeur, un homme qu’il a offensé. Le meurtrier est dès lors maudit. Le voilà condamné à l’amour, amour qui signera sa chute. Cette passion nouvelle et sincère naîtra avec Maria, sculptrice ingénue promise à un autre… (Fourni par la production)
Une distribution qui impressionne
C’est Olivier Dion, sous les traits de Don Carlos, qui ouvre le spectacle avec « L’homme qui a tout ». Si vous connaissez l’histoire, vous savez que Don Carlos est l’ami patient, parfois trop gentil, de Don Juan. Il souhaite toujours le ramener sur le droit chemin. J’ai aimé que les deux personnages soient plus proches en âge dans cette version; on peut facilement s’imaginer que les deux jeunes hommes ont grandi ensemble et que Don Carlos refuse de laisser tomber son ami d’enfance. Ils semblent davantage égaux dans leur dynamique. La chaleur de la voix d’Olivier Dion fait de lui le candidat idéal pour incarner ce personnage. Ça fait du bien de le revoir dans une comédie musicale, et dans un rôle plus mature.







J’ai eu un immense coup de cœur pour Alyzée Lalande. Je ne la connaissais pas, même si je savais qu’elle avait auparavant incarné Fleur-de-Lys dans Notre-Dame-de-Paris. Sa voix riche, puissante et mélancolique à la fois, nous permet de croire en son personnage dès les premières notes. Sa version d’Elvira, la femme de Don Juan qu’il trompe constamment, est certes triste, mais aussi et surtout en colère. Cette approche est très actuelle, voire féministe. J’ai adoré ses prestations de « N’as-tu pas honte ? » et de « Venge-nous ».


Roxane Filion brille en Isabel, amie de Don Juan et de Don Carlos. Je la connaissais surtout comme choriste à En direct de l’univers; c’était donc une belle surprise de pouvoir l’entendre au premier plan ainsi.




J’ai beaucoup apprécié la voix et la prestance de Robert Marien, dans le rôle de Don Luis, le père de Don Juan. On sent toute sa souffrance; il aime profondément son fils, mais il est désespéré face à ses agissements. J’ai particulièrement aimé sa version de « Mon fils ».

Gian Marco Schiaretti, un Don Juan tout en nuances
Pour sa part, Gian Marco Schiaretti incarne le rôle-titre avec brio, tant par sa voix puissante que par son jeu, en plus d’avoir un charisme indéniable. Son Don Juan est bien sûr charmeur et séducteur, mais son jeu est bien ficelé et nuancé; il transmet une certaine vulnérabilité à plusieurs moments. L’arrogance du personnage est d’ailleurs de plus en plus faillible au fur et à mesure que l’histoire avance. J’aurais parfois aimé qu’il soit un peu plus « sale », mais je l’ai tout de même trouvé excellent dans l’ensemble.








Philippe Berghella, ayant prêté ses traits à Raphaël pour la première fois en 2004, connaît son rôle sur le bout des doigts. Il reprend ce rôle du fiancé de Maria avec tout l’aplomb qu’on lui connaît. Sa colère et son désarroi sont touchants et sa voix, toujours aussi chaleureuse. Des frissons assurés dès sa première apparition, en fin du premier acte, sur « Le sang des soldats »!





Finalement, la voix de Cindy Daniel est impeccable. Par contre, j’ai personnellement tellement écouté et aimé sa version d’Elvira (qu’elle a incarnée dans la première mouture) que j’ai éprouvé un peu de difficulté à croire en sa Maria, qui m’a semblé un peu trop sage.



Une mise en scène renouvelée
Gilles Maheu a profité du 20e anniversaire de Don Juan pour moderniser sa mise en scène; il y a désormais un grand écran géant à l’arrière où sont projetées des images variées tout au long du spectacle. Les apparitions du Commandeur, que seul Don Juan peut voir et entendre, sont particulièrement réussies. Les chorégraphies, toujours signées Carlos Rodriguez et Angel Rosas et les costumes de Georges Lévesque et Michèle Hamel (les mêmes qu’en 2004!) en mettent plein la vue.
Après avoir assisté à Don Juan, il est impossible de ne pas avoir les chansons encore en tête sur le chemin du retour. Il s’agit d’un classique indémodable dont les pièces traversent le temps avec nous. Un spectacle incontournable pour tout adepte de comédies musicales!
Déjà 50 000 billets ont trouvé preneurs pour cette nouvelle série de spectacles présentés au Québec. Procurez-vous des billets par ici!














Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

Patricia Duval | Photographe
Passionnée par la musique et les arts depuis son jeune âge, elle a découvert il y a quelques années la passion pour la photographie. Elle carbure aux défis, adore les festivals et capter l’émotion. Elle a une piqure pour le country, si vous voyiez une petite noire dans un pit de spectacle ou en train de courir partout pour s’assurer d’avoir une belle photo, c’est bien elle.
