Cette année encore, le Monastère, fidèle à ses valeurs d’inclusions et de diversité, met en valeur dix artistes de la communauté 2SLGBTQI+ et ses allié.e.s, pour un phénoménal Cabaret de la Fierté! Au centre St Jax, sous la voûte de l’église, la scène se pare d’arc-en-ciel et de paillettes, même si la température monte, aucun queer n’auto-combustione et l’on célèbre le cirque et la création sans barrière.

Sous la direction de Tracy Trash, maîtresse de cérémonie resplendissante qui ponctue le spectacle de numéros de lip-sync drôles et irrévérencieux, les artistes se succèdent pour nous émerveiller.




Hunish Parmar ouvre le spectacle en douceur dans un beau numéro de sangles aériennes. Avec force et grâce, il enchaîne des éléments dynamiques impressionnants faisant virevolter une voilerie de satin.


Il est suivi de Sam Hollis qui fait une entrée remarquée dans une tenue à plume jaune canari, il est perché sur des crocs à talon rose et il jongle avec … des flamants roses! Malgré cette idée excellente et un numéro d’une originalité magnifique, je suis un peu resté sur ma faim face à la redondance de certains mouvements. J’espère de tout cœur revoir ce numéro après qu’il ait plus muri.


Sarah Norden nous démontre ensuite ses talents de dramaturge dans un numéro de cerceau aérien plein de surprises et magnifiquement bien écrit. Elle utilise brillamment sa souplesse pour transitionner entre des poses parfois gracieuses, parfois drôles, toujours impressionnantes et surprenantes. Le numéro se conclut par une mise à nue donnant lieu à une belle image sur l’acceptation parfois difficile de notre enveloppe charnelle.


Le rayonnant Bede Nash change ensuite l’ambiance! Tornade de bonne humeur, son sourire espiègle et ses hula-hoops tourbillonnants embarquent le public avec lui! Dans un numéro au rythme électrisant, il enchaîne les manipulations de cerceaux avec une maîtrise époustouflante.



Après l’entracte, Manuel Gonzalo occupe la scène dans un numéro de trapèze-danse. Ses lignes interminables jusqu’au bout des talons et sa souplesse incroyable donnent à voir de superbes positions et enchaînements alors qu’il tournoie dans les airs.



De retour au sol, mais flottant elle aussi, Kozmic Skater, qui n’est pas moins de quatre fois championne du monde de slalom en roller, évolue entre les cônes lumineux avec grâce et maîtrise nous laissant bouche bée face à son agilité.

La charismatique Scarlett Business prend ensuite possession de la scène. Sublime en mauve, mêlant drag et équilibre sur canes, c’est sans effort apparent qu’elle enchaîne les figures phénoménales. Dans un numéro rythmé combinant force, grâce et souplesse, elle nous gratifie d’un bel effeuillage et s’élève sur les canes avec une facilité déconcertante, se tenant sur un bras pour se dévêtir sous les acclamations du public.





Le spectacle se conclut par Alizé Poitreau, princesse grunge qui nous offre au son des guitares électriques un vertigineux numéro de trapèze ballant. Frôlant le plafond de l’église et côtoyant les anges, elles s’élancent dans le vide déclenchant les cris de l’audience à chaque lâché prise.

En somme, le Cabaret de cirque de la Fierté au Monastère nous propose un panel d’artistes accomplis plus talentueux les uns que les autres. Célébrant magnifiquement la diversité de la communauté 2SLGBTQI+ à travers des performances époustouflantes. Bravo à l’équipe et aux artistes, qui, une fois de plus, nous offrent une soirée de cirque mémorable.

Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
