Piano public, la première compétition de piano au Québec, sera diffusée les samedis à 21 h dès le 6 septembre à Télé-Québec. Animée par Viviane Audet et Gregory Charles, l’émission part à la recherche du prochain talent pianistique exceptionnel. À travers auditions, duels et grandes épreuves, les candidats dévoilent leur talent, leur créativité et leur univers unique, le tout dans une compétition à échelle humaine.
Nous avons rencontré Viviane Audet le 21 août, lors du dévoilement de la programmation 2025‑2026 de Télé-Québec, pour parler de son beau projet.
Parle-moi de cette première saison de Piano public.
Piano public est la première compétition de piano au Québec. On part à la recherche d’un pianiste original, talentueux, créatif et charismatique à travers différentes épreuves. Quatre rondes d’auditions ont eu lieu à Québec, Trois-Rivières, Sutton et Montréal. Après un ballottage, 24 pianistes remarquables ont été retenus. À partir de là, il y a eu des épreuves et des duels, où les concurrents devaient interpréter la même pièce, chacun avec sa couleur, son style et sa personnalité.
Ensuite, il y a eu « la dernière note », un défi où, en 40 secondes, chaque pianiste devait offrir un moment pianistique marquant pour convaincre le jury de rester dans la compétition. Puis sont venues les grandes épreuves : Gregory (Charles) en animait une, moi une autre, chacune pensée pour les mettre au défi dans des situations pianistiques variées. Tout cela mènera à la grande finale, où un seul gagnant sera couronné.
Piano public est une compétition à échelle humaine, dans un parc, devant un public bienveillant. Les participants n’ont pas tous l’ambition de devenir de grands pianistes : certains jouent par passion, d’autres pour le plaisir, comme défoulement ou raison de vivre. Toutes les raisons sont bonnes. Et chacun a sa belle histoire : ce sont des gens inspirants, avec des récits touchants liés au piano, mais aussi de riches parcours de vie en général.
Est-ce que toi, tu peux ressentir un coup de cœur qui va dans une direction complètement différente de celui de Gregory ?
Absolument, c’est tellement subjectif. Gregory et moi, on est vraiment très différents. Je pense que c’est ça qui est le fun dans notre duo : on est à des années-lumière l’un de l’autre. On n’a pas le même parcours, mais on reste, je crois, deux humains sensibles. Ce qui touche Gregory me touche parfois, parfois moins, et vice versa. Et c’est justement ça qui est intéressant, toutes les conversations que ça peut créer.
Ce qui est le fun, c’est qu’on a toujours un troisième juge à chaque émission. On a eu Cœur de pirate, Louis-Jean Cormier, Alex Nevsky, Jean-Michel Blais, et plein d’autres qui se sont ajoutés. Ce juge invité vient un peu trancher et apporter sa vision, sa façon de voir la création, le piano et l’interprétation. Ça crée vraiment un consensus riche.
Et évidemment, il y a les pianistes, qu’on remercie, qui ne poursuivent pas l’aventure. Tout ça se fait avec beaucoup d’amour. C’est difficile de dire non, et moi, je trouve ça particulièrement difficile. Je pense que c’est la partie de mon rôle dans Piano public qui me fait le plus de peine. Dans la vie, je n’ai pas choisi l’enseignement pour toujours devoir dire les mauvais commentaires, j’ai un peu de misère avec ça. Mais là, il faut quand même trouver les bons mots. Heureusement, je regarde Gregory et il est vraiment excellent. J’ai vraiment un bon mentor à côté de moi.


Comparativement à une compétition musicale comme La Voix, est-ce que c’est plus analytique, un peu comme du plongeon, où vous évaluez la complexité et la technique, plutôt que simplement la performance artistique ?
C’est sûr qu’il faut tenir compte de la complexité d’une pièce par rapport à une autre, ou selon le niveau. Mais au fond, je trouve que c’est vraiment subjectif. Je ne cherche pas quelqu’un qui va m’impressionner avec des milliards de notes. Dans ma création et ma composition, je tends plutôt vers quelque chose de minimaliste.
En même temps, il faut que ce soit soutenu par un propos, par une intention, par de l’émotion. Pour moi, c’est toujours trouver la bonne balance dans chaque performance. Et je crois que je suis quelqu’un de plus émotif que réfléchi, ultimement. Toutes mes décisions viennent donc du cœur. C’est un peu cliché à dire, mais c’est vrai. J’essaie de ne pas faire de compromis là-dessus quand je donne mon avis.
Après, c’est difficile, parce que ce sont des musiciens, ce sont des humains. On est tous au même niveau, on est tous humains. Je sais ce que ça fait de jouer une pièce devant des gens. C’est courageux de se présenter, et j’admire vraiment les pianistes pour leur guts et pour le fait qu’ils nous montrent leur univers pianistique. Je pense que le public va vraiment s’attacher à nos pianistes.
Est-ce que tu peux t’inspirer des pianistes qui participent à ton émission ? Je sais que la composition reste un processus très personnel ; par exemple, avec ton récent album Maria …
Tu sais quoi, il y a un pianiste qui vient de Sept-Îles. Il nous a présenté une pièce vraiment inspirée par la mer, et évidemment, ça me parle. Mais au-delà de ça, je me demande : est-ce que la performance est solide ? Le niveau est-il au rendez-vous ? Les nuances sont-elles là ? Est-ce que ça m’a touchée ?
Ce qui me touche vraiment, c’est de voir qu’ils se donnent aussi dans la composition. Et ça, je trouve ça beau, parce qu’ils ne jouent pas safe, ils vont vraiment avec leur feeling. Depuis quelques années, le piano et nos classiques sont très présents dans nos vies. Et je constate que les gens ont aussi envie de composer et de se lancer. C’est ce que je vois vraiment avec l’émission.
Est-ce que vous avez remarqué, à un moment du processus, des personnes peut-être moins authentiques ?
Ah, c’est intéressant. Ce genre de choses n’a pas vraiment été dit. Moi, j’ai parfois eu le sentiment que certaines personnes n’étaient peut-être pas encore prêtes. Mais ce n’est pas arrivé souvent, parce que je pense que la production avait déjà fait une sélection lors des auditions. Tous ceux qui sont venus avaient quand même l’intention de nous faire découvrir leur univers.
En même temps, il y avait des participants qui n’avaient pas joué de piano depuis des années, comme une femme pour qui ça faisait 30 ans. Se reconnecter à son instrument, avec un public qui te regarde… On a été tellement bienveillants avec elle, et le public aussi. Elle est allée au bout de sa pièce, ce n’était pas parfait, elle s’est trompée, elle a recommencé… On a eu ce genre de moments-là.
La carrière professionnelle de votre couple est en pleine expansion. Robin-Joël (Cool) multiplie les projets ces derniers temps, et 2025 semble être l’année de Viviane Audet. Les ventes de ton nouveau disque sont excellentes. Après un lancement dans une salle très intimiste, les chiffres montrent que l’événement aurait peut-être dû se tenir dans une salle plus grande.
C’est incroyable ! Pour te dire à quel point je ne m’y attendais pas, j’ai fait mon lancement à L’Oblique, où l’on pouvait accueillir 43 personnes bien serrées en plein mois de janvier. Je ne pensais pas que cet album aurait une telle portée. Je croyais qu’on sortirait le disque et que, deux jours plus tard, je passerais à autre chose dans ma vie.
Il y a eu quelques semaines où ton album était en tête des ventes d’artistes québécois. On croyait que son pic était atteint, mais quelques semaines plus tard, il était de retour au #1.
Je ne comprends pas trop. Je présente le spectacle, je suis en tournée et je me déplace partout. J’ai une grosse tournée qui arrive. Je te raconte une anecdote parce que ça m’a vraiment surprise : la semaine dernière, j’étais à L’Anse-de-Beaufils, près de Percé, et je pensais que le public serait surtout composé de gens de la Gaspésie.
Après le spectacle, je vais toujours à la rencontre du public, à la table de CD, de vinyles, pour jaser avec les gens. Je leur ai demandé d’où ils venaient. Ils m’ont dit du Saguenay. Je leur ai demandé : « Vous êtes des touristes ? Vous êtes venus par hasard ce soir ? » Ils m’ont répondu : « Non, on savait que tu jouais ici. On a pris nos vacances en Gaspésie pour venir te voir. » J’étais comme : « Quelle bonne blague ! Vous me niaisez, madame ? » Et une autre dame m’a dit : « J’ai fait la même chose, je viens de Gatineau. » J’étais comme : « Voyons ! »
Ça me dépasse un peu, parce que c’est flou et beau à la fois. Tu sors un disque, il vit dans le quotidien des gens, tu perds le contrôle… et c’est parfait. Cet album fait sa vie, et ça me rend vraiment fière, parce que je l’ai fait de façon tellement intime, toute seule en studio avec mon coréalisateur, en plein hiver. On ne l’a dit à personne. Il y avait quelque chose de secret, presque mystique, dans sa création. Et là, tout à coup, il vit sa propre vie.
Est-ce que tu as un peu mis la musique de films de côté avec Mentana qui s’en vient ?
Ah mon dieu, le nouvel album de Mentana (Les Frolics) sort dans trois semaines ! Non, je travaille toujours sur d’autres projets : je fais la musique du projet de Martin Matte (Vitrerie Joyal), j’ai déjà commencé. Je compose aussi pour le prochain film d’India Desjardins et Rafaël Ouellet, qui s’appelle Hantée. C’est un super beau projet, et on est en plein dedans en ce moment.
Combien d’argent as-tu dépensé en garderie… (rires)
(Rires) Ma mère garde les enfants. Je la paie bien, je lui offre même des petites sorties. C’est une bonne question ! La mère de Robin est venue de Moncton la semaine passée, elle est avec nous pour trois semaines. On a vraiment de l’aide. Nos mères nous épaulent beaucoup. Mais pour être honnête, c’est la partie que j’aime le moins en ce moment.
Parce que, quand tu crées, tu as besoin d’un certain espace paisible…
Non, même pas. Je crée avec des enfants qui hurlent et crient autour de moi, et ça ne me dérange pas. Je ne m’isole pas pour créer. Là, ce serait la coche de trop. Il faut que je coupe quelque part. Pendant la création, mes enfants sont là et c’est très bien comme ça. Mais là, c’est la fin de l’été : la semaine avant la rentrée, plus de garderie, plus de camp de jour… c’est le no man’s land.
On continue quand même à être très présents pour nos enfants. Il y a des gens qui font du 9 à 5 et qui ne voient pas leurs enfants. Nous, on finit par tout se rattraper. À la fin de la semaine, je pense qu’on les voit autant, mais différemment. On prend le temps de les observer, de les voir dormir… Non, je rigole ! On est vraiment très présents.
Pour conclure l’entrevue, peux-tu nous révéler quelque chose sur Piano public que tu n’as jamais partagé en entrevue ?
Mon dieu, c’est vraiment un fun fact ! On a même travaillé les looks. J’ai toujours eu du vernis de couleurs différentes, et pour les tenues, on voulait quelque chose de super coloré. Je me suis vraiment impliquée : j’ai fait appel à ma styliste habituelle pour Mentana et mon projet, ainsi qu’à Geneviève, la consultante qui s’occupe de mes cheveux.
On voulait que ce soit coloré parce que, c’est l’été, et le piano, c’est pour tout le monde. C’est sérieux, mais pas trop sérieux. On est là pour s’amuser, être ensemble et faire de la musique ensemble. Je me suis vraiment donnée pour la manucure, et on s’est donné à fond pour les looks… C’est une petite folie, mais je trouvais que ça apportait une dimension plus pop à tout ça.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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