On s’est entretenu avec Miro Belzil, avant son spectacle au Club Soda le 27 février dernier, dans le cadre de Montréal en Lumière, afin de tout savoir sur son nouvel album Géant et voici ce qu’il nous a révélé.
« Mon band et mon équipe sont là depuis le début et j’ai une confiance aveugle en eux. Ce sont des gens et des musiciens qui sont engagés et impliqués dans mon projet depuis mon premier album solo et qui y ajoutent leurs couleurs. Ils me donnent leurs feedbacks et leurs opinions. On a fait un projet commun avec le troisième album, en travaillant ensemble pour faire un album qui vise à être performé en LIVE. C’est NOTRE projet et on a développé une belle complicité avec les années qui fait qu’on est réellement des amis au-delà d’être juste des collègues. »
– Miro.
Chose certaine, il se dévoile plus confiant, précis, avec une assurance qui lui va comme un gant, il laisse « la modestie dans le vestiaire » et il a définitivement pris du galon.
C’est entre deux techniques de respiration qu’on a posé quelques questions à Miro avant qu’il foule les planches du Club Soda.


Où est-ce que tu considères que le show se situe dans le « timeline » de ta carrière ?
J’ai l’impression que juste sur cette question-là on pourrait partir sur un podcast de trois heures, mais pour vrai c’est un super bel accomplissement de faire ça et je suis super content. On a fait des beaux show et des projets cette année pis c’est l’fun ! Je pourrais littéralement arrêter-là. Je pourrais dire que c’est la fin de mon parcours et je serais quand même fier de tout ce qui a été accompli pour me rendre jusqu’ici.
Ce n’est que le début, mais ça fait dix ans que je suis dedans. Dans ma tête, je suis déjà rendu au quatrième album, j’ai plein d’idées et je veux me challenger. En ce qui concerne le show, il n’est pas « rodé » comme si on l’avait fait 50 fois, mais j’ai confiance en mon équipe. J’apprends continuellement musicalement. Je n’ai pas énormément de connaissances théoriques. Alors, j’arrive avec des idées de mélodies et mes musiciens viennent me challenger, ils m’entourent et ils remettent mes choix musicaux en question. Je vois cet album comme un pivot. C’est musicalement le meilleur show qu’on a fait. Il y a une évolution depuis mes dernières prestations.
À quoi peut-on s’attendre du show de ce soir ?
Je suis parti d’un environnement où j’étais seul avec un DJ, en mode un peu rappeur, mais là on est huit, neuf sur scène. C’est plus organique et c’est full band : c’est une autre dynamique pour moi, je vis ça avec mes amis. Je ne sais pas exactement ni comment ni pourquoi je me suis retrouvé à faire ce métier-là. Vivre de ça, c’est un peu comme une drogue. Ça alimente l’égo d’être encouragé et de se faire applaudir. Il faut nourrir la bête pour pouvoir réussir ce que tu veux réussir, mais d’un autre côté je suis un gars assez solitaire, introverti et je suis bien dans ma routine.
On dirait que j’imagine ma vie comme étant un papa à la maison, avec mon petit studio et ne pas sortir de chez moi… J’adore la rigueur et je suis quelqu’un de discipliné, j’adore ça. Alors, c’est un combat continuel entre moi qui veux le spotlight et moi qui veux m’effacer et être plus seul, en paix. Cette dualité a vraiment inspiré l’album et je veux partager ça avec le public qu’ils comprennent l’univers de certaines chansons sur l’album.


Quelle(s) chanson(s) as-tu le plus hâte de partager en version LIVE avec le public ?
Il y en a deux. On se permet des petites adaptations personnalisées.
- Someone On My Mind avec Mike Clay, c’est le gros party! Tout le monde est à fond dans cette chanson, on donne tout ce qu’on a. La bassiste va s’avancer pour vivre ça avec le public. Les brass ont une belle présence aussi.
- En retard sur ma vie, c’est une chanson de mon premier album. On la fait en formule plus cabaret/Jazz, plus intime, sans séquences, avec de beaux solos de contrebasse, super « moody et sexy ». On peut s’attendre à redécouvrir des chansons. Ça me permet d’explorer ma voix davantage, de « shiner » vocalement et j’aime ça sentir que c’est minimaliste.
Qu’aimerais-tu que les gens se souviennent le plus en repensant au spectacle ?
Mon égo aimerait ça que les gens se disent en sortant « Il a l’air vraiment cool! ». J’ai envie que les gens veuillent faire partie de la « gang et qu’ils veulent être avec nous là-dedans.
Quels mots utiliserais-tu pour qualifier tes artistes invités sur le show (Soraï, Mike Clay, Simon Kearney) ?
Ce sont parmi les rares artistes dont je suis jaloux musicalement, je les vois aller pis je me dis « My God ». Ça me fait réaliser que j’ai des croûtes à manger et j’aime me mettre au défi. J’aime me laisser inspirer et découvrir des artistes alors j’espère que le public va être aussi curieux que moi.
Qu’est-ce que je peux te souhaiter ?
De m’amuser, d’avoir du fun ! Parce que Dieu sait que c’est difficile d’être dans le moment présent. Avant il m’arrivait d’entrer sur scène et d’être figé, terrifié par tout le regard, de sortir de scène et d’avoir plus de black-out. De plus en plus, j’essaie de profiter du moment présent et d’être aligné.


Liste de chansons
- Miley
- L’hiver
- Oublié
- Piège
- Pas d’humeur (de Soraï)
- Perdu
- Backdoor
- Ma Way / Faire semblant
- Sablier
- En retard sur ma vie
- Disparaître
- Futur
- Géant
- Paradis City (de Jean Leloup)
- Someone On My Mind
- Quitter la ville
- Blue
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Audrey-Anne Séguin | Journaliste
Crédit Photos : MEL_2024(c)Frédérique Ménard-Aubin
