Le 18 avril, le Club Soda vibrait au rythme déjanté d’Angine de Poitrine, duo saguenéen en pleine ascension qui transforme chaque prestation en expérience sensorielle hors norme.
Les deux comparses Knh et Klek de Poitrine sont deux musiciens saguenéens qui font actuellement une ascension éblouissante dans l’univers de la musique contemporaine, que ce soit en ligne, sur scène et bien sûr dans nos oreilles. Le duo abracadabrant se présente à la manière d’extraterrestres parlant une langue inventée, incompréhensible pour nous, mais qui cherche à communiquer par les sons et surtout leur musique déjantée, pourtant accrocheuse. Du rock progressif revisité, apparenté à un mantra répétitif aux rythmes brisés, qui rappelle un voyage dans l’espace ou sur une autoroute à grande vitesse : les sirènes sifflent, le vent est fort. On sautille pour suivre les beats affriolants, le plexus solaire encaisse les vibrations et les enchaînements pour ensuite s’apaiser et réduire l’anxiété. Leur musique déchaînée prédispose le ciboulot à une liberté renouvelée. C’est saccadé, oui, mais harmonieux dans les ruptures, avec une surprise à chaque tournant, ce qui enivre l’hypothalamus, fournisseur de dopamine en direct.







Le Club Soda est évidemment plein à craquer. Les fans arborent fièrement des vêtements décorés de pois noirs ou blancs, grands ou petits, sur les chandails, pantalons et même au visage. Une frénésie qui annonce une véritable fête au village. La bonne humeur est parmi nous, et la liberté de la différence dans le costume et le mouvement donne des ailes. Le public piétine d’impatience en attendant les fameux « de Poitrine », alors que les deux groupes en première partie réchauffent la salle avec des rythmes math-rock.
Angine de Poitrine est certes une infection pulmonaire, possiblement dangereuse. Mais les deux gars de Chicoutimi n’en ont que faire d’être sérieux. Le plaisir est au rendez-vous et leur accoutrement d’extraterrestres en papier d’emballage à pois ajoute à l’effervescence. Qu’en est-il de leur stratégie d’anonymat? L’un d’eux s’est exprimé lors de leur récente tournée européenne en affirmant que cet anonymat leur permettait de sortir après le concert et de parler avec tout le monde de tous les sujets, dont l’agriculture et l’environnement, sans être restreint par les conversations usuelles liées à leur notoriété et à leur statut dans le milieu. Des artistes qui souhaitent rester ouverts à tout, s’engager dans la culture et la société, ce qui leur permet d’être à l’écoute et d’évoluer à tous les niveaux.







Il faudra suivre leur cheminement et leurs tournées, car déjà, ils s’apprêtent à atterrir sur plusieurs continents.
À surveiller sur la planète Terre.
Photos des premières parties





Michel Jolicoeur | Journaliste

