Avec son troisième album Géant, l’auteur-compositeur-interprète Miro prend le contrôle tout en créant une ambiance qui est à la fois décontractée et remplie de groove. Il nous parle de collaboration, de l’importance de suivre ses ambitions, et de musique live.
Ton nouvel album, Géant, est le premier que tu as réalisé au complet. Comment le processus était-il différent de tes albums précédents? Y avait-il beaucoup d’expérimentation ou des choses que tu avais besoin d’apprendre?
J’ai co-réalisé mes deux premiers albums, donc je faisais la moitié du travail, et il y avait aussi de très bonnes personnes dans mon entourage qui mettaient leur couleur dans la musique. Pour ce troisième album, je voulais le faire au complet et prendre toutes les décisions créatives en compagnie de mon groupe de musique. Cet album a été réalisé seul, mais je ne l’ai pas fait tout seul parce que j’étais avec de bons amis qui sont des musiciens incroyables et avec qui j’ai fait plusieurs spectacles au fil des années. C’est sûr que la différence, c’est qu’il y a plus de remises en question, plus de pression parce que tout est un peu sur mes épaules. C’est mon projet et un projet qui est accessible pour toujours, donc il y a du stress qui vient avec ça. Je me suis dit que si j’aime les chansons et si je trouve qu’elles me représentent, c’est bon signe.
Même si c’était réalisé par toi, il y a beaucoup de collaboration, donc comment l’album a-t-il été construit? Par exemple, as-tu écrit les chansons puis les autres ont ajouté leurs touches?
J’ai fait la production de mes maquettes. J’ai coécrit les paroles avec mes meilleurs amis, dont Philippe Besner. Après ça, en décembre, j’ai montré les chansons à mon groupe et on a jammé ensemble. Cet album a été vraiment créé pour les spectacles, donc on voulait ajouter cet aspect-là qui est un peu organique. Ensuite, on l’a fait mixer et masteriser par un autre ami, qui s’appelle Luc Tellier, donc j’étais bien entouré.
Pourquoi as-tu décidé de faire des choses d’une manière plus indépendante cette fois-ci?
J’avais envie de prendre toutes les décisions. Je voulais que cet album me représente le plus possible. Il pourrait être mon troisième album, mais il est également comme mon premier album solo parce qu’il a un son qui définitivement me représente davantage. Je pense que, dans mes anciens albums, je suis allé dans un style plus hip-hop parce que j’étais aussi influencé par ceux qui m’entouraient et ceux avec qui j’ai co-réalisé les albums. C’est le désir de liberté qui m’a donné envie de réaliser tout seul.
Il y a Quitter la ville avec Ariane Moffatt, Someone on My Mind avec Mike Clay, et Futur avec Simon Kearney. Je sais que tu es de bons amis avec Mike Clay, mais pourquoi as-tu choisi ces artistes, surtout Ariane Moffatt, pour apparaître sur l’album?
Ça fait longtemps que je voulais travailler avec Ariane Moffatt. Je lui avais écrit en 2018 quand je travaillais sur mon premier album, mais elle ne m’a jamais répondu. De fil en aiguille, on a travaillé ensemble sur un autre projet qui n’avait pas rapport à mon album. On a fait connaissance comme ça puis quand j’ai composé Quitter la ville, je trouvais que c’était un groove qui ressemblait beaucoup à Ariane. Je l’entendais facilement chanter et, quand je lui ai envoyé la chanson, elle a tout de suite plongé dans le projet. Ça m’a fait super plaisir.
Mike Clay est quelqu’un avec qui j’ai travaillé dans le passé et qui est sur mes autres albums aussi. J’avais besoin de travailler avec lui parce qu’on a commencé cette chanson ensemble, avant la pandémie. J’avais envie de lui donner une nouvelle vie donc on l’a concrétisé ensemble. Mike est un des artistes les plus talentueux que je connaisse.
Simon Kearney et moi avons fait une session de création sur Zoom, où il jouait de la guitare et on s’est envoyé des choses. Quelques mois plus tard, je me suis dit que cette chanson était l’fun donc j’ai décidé de la concrétiser puis de la mettre sur mon album.
Le son de Futur est distinctement Simon Kearney dans le refrain, ce qui est beau parce qu’on a l’impression que c’est vraiment une collaboration et pas seulement sa voix. Question clichée: quels sont tes espoirs pour le futur? Qu’est-ce que tu aimerais réussir avec cet album?
J’ai hâte de faire des spectacles. Même si dans la vie je préfère être en studio que sur scène, le fait d’être entouré de mes amis et de pouvoir vraiment groover les chansons pour de vrai avec un band complet m’excitent encore plus. J’ai vraiment hâte de présenter tout ça au Québec, ailleurs au Canada et même en France et en Belgique aussi. Il y aura de belles opportunités de présenter aux festivals l’année prochaine et j’espère que cet album va être un tremplin qui va m’amener vers un quatrième album qu’on va commencer bientôt.
Pour ceux qui ne te connaissent pas, pourrais-tu parler de ton parcours? Tu as commencé dans le duo Blé, mais c’était un projet assez différent de ce que tu fais maintenant.
À la base, j’ai commencé à jouer du violoncelle quand j’avais 3 ans et je pense que c’est grâce à ça que j’ai développé mon oreille à un jeune âge. À l’adolescence, je jouais de la guitare et j’ai formé des groupes avec des amis du secondaire. Tout ça m’a éventuellement amené, au début de la vingtaine, à faire le duo humoristique pop francophone qui s’appelle Blé avec mon ami Thierry Doucet. On a fait deux albums et un EP et c’était une expérience incroyable. C’est ça qui a formé la base de tout ce que je vis maintenant. Sinon, je n’aurais pas eu le guts de lancer ma propre carrière solo. Après, je suis parti en solo. J’ai fait deux albums, En retard sur ma vie (2019) et Sablier (2021), puis mon troisième vient de sortir.
La chanson Je te montrerai de Blé et sa vidéo d’accompagnement sont assez amusantes. Qu’en penses-tu 10 ans plus tard?
Je ne referais pas cette chanson aujourd’hui à 30 ans, c’est sûr. On était deux gars de 20 ans qui voulaient faire rire avec des niaiseries. Quand je réécoute la chanson dix ans plus tard, ça me fait sourire parce que je me dis heureusement que je pouvais vivre ça avant de vivre ce que je vis en ce moment. J’ai eu vraiment une ascension lente où je pouvais m’habituer au milieu et connaître quelle est la production d’un album, les entrevues, les tapis rouges, etc. Je suis très reconnaissant de cette expérience-là.


Dans ta musique, particulièrement cet album Géant, il y a beaucoup de groove. À quoi ressemble l’environnement live par rapport à l’album? Y a-t-il des choses que tu aimerais intensifier ou explorer pendant tes spectacles?
J’ai envie, pendant les spectacles, de laisser parler la musique. J’aime beaucoup chanter, mais j’aime aussi jouer avec mes musiciens et avoir des moments d’improvisation où on peut vraiment prendre le temps de jouer ensemble de la musique. J’aime changer les chansons de sorte que les gens qui viennent voir le spectacle n’écoutent pas exactement les mêmes chansons qu’ils ont écoutées sur l’album et qu’ils puissent les redécouvrir un peu.
À part les spectacles, quels sont tes plans pour 2024?
Il y a plusieurs opportunités qui vont s’ouvrir, que ce soit pour d’autres artistes ou pour faire des chansons pour moi, donc on va voir. En parallèle, je vais tranquillement commencer à travailler sur un quatrième album sans pression.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.
Crédit Photos : Gaëlle Leroyer

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