L’histoire bouleversante de Sasha Samar, comédien québécois d’origine ukrainienne, tient l’affiche du théâtre Duceppe jusqu’au 30 mars. La pièce Moi dans les ruines rouges du siècle, écrite et mise en scène par Olivier Kemeid nous raconte de façon touchante et avec humour, le parcours hors norme de cet homme dans la cinquantaine à la recherche de sa mère depuis son enfance.
La vraie vie de Sasha Samar
Constamment sur scène, Sasha Samar nous dévoile, en jouant son propre rôle, les différentes étapes de sa vie, ayant comme trame de fond les années avant l’effondrement de l’URSS et celles de la Perestroïka.
Sasha vit seul avec son père, mais dès son jeune âge, il prend conscience que celui-ci lui a caché la vérité sur l’absence de sa mère.
Il la cherche désespérément partout dans son entourage.
Comment se faire voir ?
Pour arriver à ses fins, il veut être vu à la télévision : Devenir un gymnaste comme Nadia Comăneci médaillée d’or lors des jeux olympiques de 1976? Devenir joueur de hockey comme le démon blond Guy Lafleur qui a marqué le but gagnant lors de la coupe Canada-Russie dans les années 80?
À cause de sa santé, il deviendra comédien en espérant qu’un jour il soit devenu tellement célèbre qu’il sera présent sur les écrans pour que sa mère le reconnaisse.
Avec l’aide de ses amis, il retrouvera sa mère Galina (Marie-France Lambert). Moment d’une intensité extrême et fort éloquent sur le lien qui unit un fils et sa mère.
Une profonde humanité
Dans son propre rôle, Sasha Samar nous prouve qu’il est un acteur de grand talent. Il joue à merveille son enfance en compagnie de son père (Jean Maheux) qui travaille dans les mines, son adolescence sur la musique discos, dont celle de Donna Sommer, sa vie de jeune adulte à l’École de théâtre de Kyiv et ses amitiés avec Anton (Geoffroy Gaquère), comédien qui se dédie au rôle de Lénine, et avec Ludmilla (Sophie Cadieux), une amoureuse hystérique qu’il devra quitter pour l’armée.
Tous ces passages sont d’une profonde d’humanité et mis dans un contexte socio-politique qui n’est nullement dérangeant, bien au contraire cela permet une prise de conscience sur ce qui s’est passé et sur ce qui se passe en ce moment en Ukraine.
Mes moments coup de coeur
Mes moments coup de cœur sont les retrouvailles avec sa mère et la mort de son père des suites de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, mort dans ses bras. C’est vibrant d’émotion!
L’écriture vive, avec moments cocasses, de l’histoire de Sasha Samar nous capte à chaque instant. Quant à la mise en scène, Olivier Kemeid, a su reproduire une ambiance qui reflète l’ère soviétique avec un décor « cuisine / salon » loin du capitalisme.
Une soirée de théâtre inoubliable!
Nos photos du Tapis Rouge de Alexis Fortier
Moi, dans les ruines rouges du siècle jusqu’au 30 mars
Production du succès théâtral de la compagnie Trois Tristes Tigres et créée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en 2012, la pièce Moi, dans les ruines rouges du siècle tient l’affiche du théâtre Duceppe jusqu’au 30 mars.
Texte et mise en scène : Olivier Kemeid
Idée originale : Sasha Samar et Olivier Kemeid
Avec : Sophie Cadieux, Geoffrey Gaquère, Marie-France Lambert, Jean Maheux, Peter Meltev, Aliona Munteanu, Sasha Samar
Crédit photo : Danny Taillon
Texte : Micheline Rouette
