Sur le fil, la nouvelle série signée Pascale Renaud-Hébert, plonge au cœur du Centre Lavoie, un refuge communautaire pour personnes en situation d’itinérance dirigé par Nathalie, une femme aussi généreuse que déterminée incarnée par Céline Bonnier. À travers le quotidien des intervenants et des usagers du centre, la fiction aborde avec humanité les trajectoires fragilisées, les urgences sociales et cette volonté de retrouver confiance et espoir. Réalisée par Sébastien Gagné et Mariloup Wolfe, la série de 12 épisodes sera présentée dès le 14 septembre à 21 h sur ICI TÉLÉ, en plus d’être offerte sur ICI TOU.TV.
Voici les photos du visionnement de presse présenté le 8 septembre au Studio R de Radio-Canada, ainsi que nos entrevues avec Céline Bonnier, Antoine Olivier Pilon, Mickaël Gouin, Valérie Tellos, Sam-Éloi Girard, Anne-Marie Cadieux, Ariel Charest, Patrick Drolet et Pierre-Paul Alain.


Céline Bonnier (Nathalie Lavoie)
Présente-moi ton personnage.
C’est une femme qui gère un centre pour personnes en situation d’itinérance. C’est quelqu’un qui, dans sa vie familiale, vit toujours des problèmes compliqués et complexes, bien qu’elle travaille avec son fils Gabriel (incarné par Antoine Olivier Pilon). Elle arrive au moins à travailler avec lui, mais ce n’est pas évident non plus comme relation.
C’est une personne qui est passionnée par son travail et qui tient absolument à, comme elle le dit, ne pas sauver les gens, mais au moins les aider à atteindre un but qu’ils se sont donné eux-mêmes. Garder le lien avec ces gens-là, c’est très important pour elle, parce que c’est la seule façon de les aider. C’est une femme qui a beaucoup d’énergie, qui peut être drôle des fois. C’est une bonne vivante quand même.
On voit qu’elle est bonne avec les gens, mais qu’elle a plus de difficulté dans ses relations personnelles.
Ça arrive souvent. Cordonnier mal chaussé, comme on dit.
Elle a même une relation avec son ex qui est liée au travail.
Son ex (interprété par Daniel Parent) est président du C. A., c’est mal barré, sauf qu’ils s’entendent encore bien. En même temps, les deux se parlent franchement, ils se disent tout. C’est vraiment le fun de les voir aller ensemble.


Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage?
Le point fort, c’est beaucoup l’empathie qu’elle a, qu’elle nourrit, qu’elle tient à avoir, mais qu’elle a naturellement envers l’être humain qui essaye de se dépatouiller, qui essaye de sortir d’une situation qui lui fait mal, qui est douloureuse. Elle connaît ça et est capable d’accompagner ça.
Son point faible, c’est que, dans sa vie, elle a de la misère à dealer avec les gens qui lui sont intimes. Mais c’est compliqué des deux bords, de toute façon. Sa sœur, qu’on ne sait pas trop qui c’est. Quelle menace représente sa sœur pour elle? Son fils, elle ne sait pas trop comment lui parler. Avec son neveu, ça va quand même bien. On découvre que les personnes avec lesquelles elle a été élevée, avec lesquelles elle a grandi, pour elle, c’est dur. Il y a des raisons aussi.
On comprend aussi qu’elle est très aveuglée par le travail et qu’elle veut être de toutes les décisions.
Comme beaucoup de monde, parce que c’est plus simple pour elle. Elle en prend un peu trop. Elle pense toujours pour la bonne cause et les bonnes raisons, mais ça prend un peu de place dans l’univers du travail des autres.
Antoine Olivier Pilon (Gabriel Langlois-Lavoie)
Présente-moi ton personnage.
Gabriel, c’est un intervenant dans le centre. Nathalie (Céline Bonnier), la directrice du centre, est aussi sa mère. Gabriel aspire à être un intervenant aussi bon qu’elle. Il trippe sur son travail, il aime beaucoup ça. Il aimerait beaucoup que sa mère voie le potentiel en lui, voie à quel point c’est un bon intervenant. Il cherche beaucoup de validation.
Je pense qu’elle n’a peut-être pas été la mère qu’il aurait souhaité avoir. Je pense qu’elle aussi n’a peut-être pas été la mère qu’elle aurait voulu être pour son garçon. Mais Gabriel, c’est un bon intervenant, puis il a hâte de s’améliorer et de peut-être suivre un peu les traces de sa mère.
C’est surprenant que Gabriel choisisse de suivre les traces de sa mère malgré une relation qui n’est pas toujours simple entre eux.
C’est pour ça que c’est déchirant. Il pourrait ne pas la prendre comme modèle. Il l’aime beaucoup et il aime son travail. Il la trouve généreuse, forte comme intervenante, mais ils ont de la misère à communiquer. Pourtant, ce sont de super bons intervenants qui arrivent justement à bien communiquer avec les gens, mais c’est drôle parce qu’entre eux, ça ne se passe pas comme ça.


Quel est le point fort de ton personnage ?
Son calme. Je pense qu’il a une espèce de calme. Il a l’air groundé. Je pense que c’est cette énergie-là qui peut être très payante dans ses interventions et dans les liens qu’il essaie de bâtir avec les usagers qu’il prend sous son aile.
Quel est le point faible de ton personnage ?
La quête de la validation de sa mère, qui ne pourra jamais être comblée. Je pense que sa faiblesse, c’est qu’il attend trop ça de sa mère et qu’il aurait intérêt à essayer de trouver ailleurs cette reconnaissance-là.
Mickaël Gouin (Martin Sirois)
Présente-moi ton personnage.
Mon personnage s’appelle Martin. C’est le gars ordinaire, c’est le gars normal qui a malheureusement vécu une situation avec son ex-conjointe, qui a dû partir parce qu’elle avait des problèmes. Il se retrouve avec deux enfants qu’il élève du mieux qu’il peut depuis qu’ils sont très jeunes, depuis qu’ils sont bébés.
La job qu’il a fait en sorte que sa situation est assez précaire à la base. Il n’est pas pauvre, il n’est pas riche. Il est dans une situation de classe moyenne basse. Puis arrive une bad luck : le prix des choses augmentent, l’épicerie augmente, le loyer augmente. Il perd sa job, il n’est plus capable de payer ses affaires. Et là, il essaie de se débrouiller comme il peut.
Il va être forcé d’aller au Centre Lavoie le temps que les choses se placent. Le problème, c’est qu’on n’a pas le droit d’avoir des enfants dans ce centre-là. Fait que la suite des choses, ça va être : qu’est-ce qu’on fait avec cette situation-là ? Qu’est-ce qu’on fait avec les enfants ?
C’est tout ce rapport-là d’un père qui essaie de s’en sortir le mieux possible en essayant de sécuriser ses enfants le mieux qu’il peut. On verra ce qui arrive, mais, effet boule de neige, la vie n’étant pas aussi simple, il y a beaucoup d’embûches qui vont arriver dans sa vie.
Dans les deux premiers épisodes, on comprend qu’il y a quelque chose du passé qui le hante. Qu’est-ce que tu peux dévoiler ?
Il y a quelque chose qu’on ne sait pas encore, mais on comprend que sa situation est précaire et on sent aussi qu’il y a des gens qui le cherchent. Est-ce qu’il s’est mis dans le trouble ailleurs ? Est-ce qu’il est allé voir quelqu’un pour avoir de l’aide, pour pouvoir s’en sortir ?
Moi, c’est ce que j’aime de ce personnage-là : c’est un gars qui va tout faire pour réussir à s’en sortir. Malheureusement, ça peut le mettre dans le trouble. Comme la vie normale, quoi. On est tous à une bad luck de se retrouver dans une situation complexe comme celle-là.


Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage ?
Le point fort, je pense que c’est un père incroyable. C’est un père qui va tout faire pour ses enfants, qui va tout faire pour rester avec ses enfants. Il a vraiment une belle connexion avec eux, il est très proche d’eux. C’est vraiment un père présent, aimant, très fort. Il est prêt à tout pour les sauver, eux avant lui. Je dirais que ça, c’est sa grande qualité.
Son défaut, je pense que son impulsivité le met dans le pétrin, souvent. Depuis toujours, il mène cette vie. Il élève ses enfants à bout de bras avec les outils qu’il a.
Je pense que c’est une espèce de force qui devient une faiblesse : il veut tellement rester fort pour les enfants qu’il va faire des affaires un peu impulsives qui vont le mettre dans le trouble. Je pense qu’il est extrêmement fatigué, probablement dans un état de dépression, qui fait en sorte qu’il est fatigué, qu’il est à boutte et qu’il ne voit plus la façon de s’en sortir.
Je pense que, des fois, ça crée des comportements ou des réflexes. Tu vas faire des affaires un peu par survie que tu n’aurais pas dû faire ou qui te mettent un peu dans le trouble.
Valérie Tellos (Alice Bachant)
Présente-moi ton personnage.
Alice est une intervenante ambitieuse, dans le bon sens du terme. Je pense qu’elle aime ça, faire partie des projets, elle aime ça faire partie de la gang. Elle est contente de revenir au Centre Lavoie. Mais il y a un petit hic : c’est l’ex de Gab. Ça va teinter, tout au long de la saison, cette ancienne relation-là, parce que ça va challenger Gab et ça va challenger Alice aussi.
Ce qui est intéressant avec les intervenants, c’est qu’ils sont très bons dans leurs relations avec les usagers, puisque c’est leur métier. Mais entre eux, les écueils sont flagrants. Puis on n’a pas le temps de travailler là-dessus, on va travailler sur les usagers à la place. C’est sûr que ça va chambouler un peu tout le monde. Alice est vraiment fine et elle est bonne avec tout le monde. C’est justement ce qui est challengeant avec les gens gentils.


Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage ?
Le point fort, c’est que c’est une très bonne intervenante. Comme je vous dis, elle est fine, elle a de l’énergie, mais ça fait en sorte qu’elle ne voit pas venir certaines choses, justement. Parce qu’elle est tellement dans le positivisme, dans « ça va aller », dans « c’est beau et on va trouver des solutions », que, par la bande, il y a un petit aveuglement qui se fait.
Sam-Éloi Girard (Kevin Gauthier)
Présente-moi ton personnage.
Kevin, c’est un gars dans la mi-vingtaine qui ne l’a pas eu facile, clairement. J’imagine qu’il a eu un bagage de vie où il s’est promené de famille d’accueil en famille d’accueil, lié avec la DPJ depuis tout jeune, avec des liens familiaux qui sont quand même assez difficiles. Une belle histoire qu’on va pouvoir découvrir en écoutant la suite.
C’est un gars qui a surtout beaucoup d’énergie, qui a de la difficulté à ne pas parler ou à ne pas passer de commentaires. Je pense qu’il n’a pas de filtre. Il dit tout ce qui lui passe par la tête sans penser aux répercussions.
C’est surtout quelqu’un qui a beaucoup d’amour à donner et qui a beaucoup de choses à dire, un gros bagage de vie, avec beaucoup d’histoires farfelues. Mais aussi, je pense, une grande maturité, même si des fois c’est plus difficile à apercevoir comme ça. C’est quelqu’un qui a une tête sur les épaules et qui est prêt à protéger ceux qu’il aime.


Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage ?
Clairement, le point fort est cette énergie-là, cette bonne humeur qu’il apporte. Peu importe où il va, Kevin va apporter justement cette énergie-là et ce côté comique-là.
Après ça, son côté peut-être moins fort, c’est justement cette même intensité-là qui, des fois, peut être moins contrôlée ou se transformer un peu en impulsivité et devenir parfois un petit peu plus agressive. On a pu s’en rendre compte un petit peu pendant les altercations. Je pense que quand les gens viennent le chercher ou lui disent des trucs qui viennent le rendre en maudit, il ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Autant dans sa manière d’être au quotidien, quand c’est plus agréable et plus comique, il fait du vent et il ne laisse pas les autres lui marcher sur les pieds. Mais je pense que quand les choses ne font pas son affaire, même chose, il est prêt à « jumper » et à être sur ses gardes.
Il est un peu comme le gardien du centre puisqu’il est toujours devant la porte.
Il est tout le temps dehors en train de fumer, alors il voit tout le va-et-vient. Il est au courant de bien des affaires. Ça fait quelque temps qu’il fréquente le centre aussi, donc il commence à être un habitué. Les gens au centre le connaissent aussi. Je pense qu’avant d’être au centre, il s’est promené d’un bord puis de l’autre. Même dans la rue, je pense que le petit Kevin est renommé.
Anne-Marie Cadieux (Anne-Marie Lalonde)
Présente-moi ton personnage.
Mon personnage s’appelle Anne-Marie. C’est une femme qui est sous le choc. Elle avait de l’argent, elle était cadre dans une entreprise, donc elle avait une vie aisée. À cause d’une situation que je ne nommerai pas, elle a tout perdu. Elle se retrouve en situation d’itinérance. Pour elle, c’est un choc de se retrouver dans un centre pour des personnes en situation d’itinérance. Je pense que ça montre que ça peut arriver à tout le monde. On n’est pas à l’abri de se retrouver dans une situation difficile.
Elle est en détresse. Elle n’a pas l’impression d’appartenir à ce monde-là, elle ne veut pas être là. Ça va être tout le cheminement qu’elle va faire. Il va falloir qu’elle accepte sa situation, comme beaucoup de gens.
Moi, ce que je trouve qui fait la force de la série, c’est qu’on a une galerie de personnages issus de tous les milieux, avec des parcours différents. Et c’est ça maintenant. On est dans une époque où on sait que l’itinérance, il y en a beaucoup plus. Même les familles de classe moyenne ont du mal, les loyers montent, et tout ça. C’est difficile de vivre.
Je pense qu’elle arrive à point nommé. C’est le temps de voir une série comme celle-là, qui a beaucoup d’humanité, beaucoup de solidarité, beaucoup de détresse, mais beaucoup d’amour. Chez les intervenants aussi, le personnage que joue Céline Bonnier est investi dans son travail.
Je trouve que Pascale Renaud-Hébert a vraiment cette écriture, à la fois punchée, mais très crue aussi. Je pense que ça va vraiment intéresser le public, du moins, je l’espère. Moi, j’ai confiance. J’aime beaucoup ça, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu tout à l’heure. Ça nous émeut !


Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage ?
Son point faible, c’est sa fragilité et peut-être son incapacité à entrer en contact avec les autres. C’est comme si elle se sentait un petit peu supérieure aux autres. En tout cas, elle ne sent pas qu’elle appartient à ce monde-là. Je dirais que ça, c’est le travail qu’elle a à faire.
Son point fort, on va le voir avec le temps. Je ne peux pas te dire ça tout de suite parce que là, on est au début [après le visionnement du deuxième épisode]. Son point fort, ça va être quand même sa capacité d’adaptation et sa capacité à changer. Ça va évoluer. Je pense que c’est le trajet de tout le monde.
Ariel Charest (Sandra)
Présente-moi ton personnage.
Mon personnage s’appelle Sandra. C’est une usagère du centre pour les personnes en situation d’itinérance. C’est une fille très sanguine, très combattante aussi. Tu sens qu’elle veut s’en sortir, qu’elle veut élever sa vie, mais de par des patterns, de par un passé de violence conjugale, etc., sa relation avec Nelson (Pierre-Paul Alain) aussi la tire vers le bas. Ça la ramène au point zéro et même au point moins dix, parfois.
C’est une hypersensible aussi. C’est quelqu’un qui est à la fois empathique, mais qui a de la misère à le gérer. Je pense que c’est ça qui lui joue des tours : elle n’est pas capable de se réguler dans ses émotions, ce qui fait en sorte qu’elle pète des câbles, qu’elle passe de zéro à mille et qu’elle dit des choses qui dépassent sa pensée, qui peuvent blesser les autres. Ça la fait aussi agir en prenant des décisions comme voler du vin pour son copain en pensant que leur amour va perdurer, mais non. Elle se met dans le trouble pour les autres aussi, donc ça ne l’aide pas.
Mais je l’aime, cette Sandra, elle est très attachante. Au long de la série, on la voit remonter, on la voit redescendre, on la suit là-dedans.
On voit qu’elle prend des décisions d’une façon impulsive, mais qu’elle est quand même capable de réfléchir par la suite. L’amour est aussi une valeur importante chez elle.
C’est une personne qui veut éperdument être vue, être aimée. Elle a sûrement été carencé à ce niveau-là.
On voit dans un flashback au troisième épisode que Nelson l’a prise sous son aile lorsqu’elle s’est retrouvée dans la rue. Il y a comme quelque chose aussi dans le fait de se sentir sauvée par quelqu’un. Je pense que ça a créé une espèce de lien qui fait qu’elle n’est pas capable de mettre fin à ça.
Au moins, elle a la volonté. C’est ça qui la tient en vie, je pense. Elle a la volonté de s’en sortir. Ce n’est pas une victime. J’ai l’impression qu’elle est beaucoup dans le mouvement. Elle veut, elle agit, mais sous le coup de l’impulsion.


Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage ?
Le point fort, je pense que c’est sa volonté de vouloir s’en sortir. C’est ce qui fait en sorte qu’elle se démène constamment, elle essaie des choses. À un moment donné, elle va même se trouver un emploi pour tenter de se sortir de cette situation-là. Je pense que sa volonté de vivre, fondamentalement, l’aide à continuer d’avancer.
Son point faible, c’est son impulsivité, le fait qu’elle est colérique, le fait qu’elle se laisse submerger par ses émotions. Je pense que c’est quelqu’un qui n’a pas appris à se réguler, donc ça lui joue des tours. Ça fait en sorte qu’elle reste pognée dans des patterns. Nous-mêmes, on est pognés dans des patterns, nous autres, dans la vie. On peut imaginer quelqu’un avec des difficultés de pauvreté, des enjeux de violence. C’est une personne qui a toujours connu ça. Même accepter la beauté, accepter le bonheur, ça peut être difficile pour des personnes qui ont toujours baigné dans des milieux difficiles.
Est-ce que tu as l’impression qu’elle a besoin de quelqu’un pour l’appuyer ou la conseiller afin d’avancer ?
Dans la série, Sandra est assez proche de Gabriel, joué par Antoine Olivier Pilon. Ils ont vraiment un bon lien. Gabriel sait comment manager les émotions de Sandra. Je pense qu’il est très tolérant aussi. Il comprend bien la situation de Sandra, lui pose de bonnes questions et la remet en question
On va le voir tout au long des épisodes, ça va quand même jouer dans la tête à Sandra, puis ça va lui permettre de prendre des décisions qui sont bonnes pour elle, sauf qu’elle ne reste pas dedans longtemps. C’est ça l’affaire. Des fois, elle s’en va dans une bonne direction, puis tu es comme : « OK, elle va s’en sortir. » Puis là, le petit Nelson débarque et vient fucker le chien. Je dirais que Gab, c’est un petit peu son ange gardien au centre.
Patrick Drolet (Paul Vézina)
Présente-moi ton personnage.
C’est Paul, un ingénieur qui a des troubles de santé mentale et, dès qu’il ne prend pas sa médication, tout dérape. Paul est à la fin de son séjour au centre. Il va tranquillement s’en aller vers un appartement autonome. Est-ce que ça va fonctionner ou pas ? Je ne penserais pas.
Paul est super attachant. Il est voisin de chambre de Kevin, joué par Sam-Éloi Girard. On aura beaucoup de chicane entre les deux. Puis voilà, ça a été un immense plaisir de faire ça.


Quel est le point fort de ton personnage ?
Je pense que c’est quelqu’un qui est assez émotif et qui est capable de comprendre les gens.
Quel est le point faible de ton personnage ?
C’est que s’il ne prend pas sa médication, ça dérape, mais solidement. Il peut faire des psychoses et retomber gravement malade. Ce n’est pas une question de « j’ai oublié ma médication une journée ». Après deux ou trois doses manquées, ça ne va pas.
On essaie d’être autonome, de prendre sa médication, mais oui, ça pourrait devenir un facteur contraignant pour vivre seul en appartement.
Pierre-Paul Alain (Nelson Richer)
Présente-moi ton personnage.
Nelson, c’est une personne en situation d’itinérance. C’est un gars qui est en mode survie. C’est un gars qui, d’après moi, vient peut-être d’un milieu de violence ou qui n’avait pas de milieu, où il n’y avait personne autour. On se crée toutes nos histoires. Nelson va avoir une relation avec Sandra, incarnée par Ariel Charest, que j’ai adoré voir aujourd’hui. Je trouve qu’elle est incroyable.
Pour le public, ça va être poignant de regarder Nelson. Ça va être dur de le voir comme ça. Pour l’instant, je n’ai pas vu de scène où il est violent avec les femmes. Il n’est pas comme ça, mais il manipule pour avoir de l’argent et pour être en survie. Je ne pense pas qu’il est fondamentalement méchant. Personne ne vient au monde méchant, d’après moi. Peut-être qu’un jour, on va découvrir son histoire. Pour l’instant, je ne sais pas.
Je pense que c’est un personnage assez vrai. Il est straight to the point. Oui, il manipule et tout ça, mais quand il dit qu’il aime Sandra, il l’aime pour vrai. Pour réagir comme il le fait, il faut être sensible. Son langage de vie, lui, c’est probablement la colère. Ce n’est pas un gars qui pleure. C’est un gars de colère.
Peut-être que Pascale va nous amener vers autre chose pour la saison 2, je ne sais pas. Mais oui, Nelson, c’est un personnage qui existe malheureusement dans la vie. Il faut l’incarner, mais il faut aussi le comprendre. J’espère que le public va être en mesure de ne pas pardonner ce genre de personnage-là, mais de le comprendre, justement.
Ce n’est pas un milieu qu’on connaît tous. On en croise quelques-uns au centre-ville, mais c’est rare qu’on connaisse leur vie en arrière. On n’a pas le temps de jaser comme ça, ou on ne prend pas le temps. Des fois, il n’y a juste pas d’ouverture, ça arrive. Mais là, on voit leur vie. On voit d’où ils viennent. Je trouve ça vraiment cool de voir ça.


On a l’impression que c’est quand même un personnage qui impose sa loi, mais qui est très implanté dans le campement.
Nelson, ça fait très longtemps qu’il est dans la rue. Il a une certaine volonté de protéger. On voit vite que, des fois, son côté protecteur vient aussi avec un coût derrière ça. « Je te protège, tu m’aides. On fait un deal. Ça ne marche pas, tu le manques, c’est bien de valeur, il va falloir que tu me payes. »
Mais c’est dur de jouer des méchants sans faire de la méchanceté. Je lève mon chapeau à Pascale Renaud-Hébert. Son texte est tellement bien écrit. Les dialogues qu’on entend, ce sont vraiment des dialogues qui sont écrits. Les costumes, l’environnement, le décor, ça aide à nous mettre dans le personnage en tabarouette.
Ma sœur est intervenante. Elle fait du travail de rue. Elle travaille pour le Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ). Ça a été la première que j’ai appelée. J’ai jasé un peu avec elle. Elle gère des gens comme ça tous les jours, dans le but de les aider et de les écouter. Je lui parlais de certaines affaires : « Bien oui, ça fait du sens. » Si je ne me trompe pas, la mère de Pascale est aussi dans le domaine. L’histoire vient des gens qui font partie de ce milieu-là.
J’ai hâte de voir la réception. J’espère que les critiques vont être bonnes. La série arrive aussi dans un contexte économique où de plus en plus de gens peuvent se retrouver en situation précaire. On peut tous arriver à ne plus être capables de payer le loyer. Une situation comme Martin, qui est avec ses enfants dans la rue, on appelle ça de l’itinérance cachée, je pense. Je n’ai pas toujours les bons termes, je m’en excuse. Il y en a plein en ce moment, comme lui, qui vivent dans leur char parce que l’économie ne va pas bien.
Ce n’est pas Pierre-Paul Alain. Nelson, c’est une couleur et je vais le jouer le plus proche de la réalité possible parce que c’est important aussi de faire briller quand même ces personnages-là.
Quels sont le point fort et le point faible de ton personnage ?
Le personnage a un point fort pour charmer, convaincre les autres. Puis il y a un côté attachant quelque part parce que Sandra est là. On va voir d’autres gens aussi qui sont près de Nelson, qui écoutent Nelson. Il a un pouvoir pour contrôler les gens, pour les manipuler.
Sa faiblesse : il est tellement impulsif puis ultra-sensible qu’il peut péter des coches comme celle qui l’a fait expulser du centre.
C’est un gars qui est charmeur, manipulateur, très bon pour ça. Il n’est pas cave, Nelson, mais il est impulsif puis il n’y a pas d’entre-deux. « OK, je suis fin. OK, je ne suis plus fin. Mon amour, je t’aime. Tu t’es fait voler ? Il faut que tu me payes. »
Sophie Bourgeois (Hélène Fréchette)
Hélène aime quand les choses sont claires, structurées, maîtrisées. Responsable des services au centre, elle en connaît le fonctionnement sur le bout des doigts et voit immédiatement ce qui cloche. Rigide, exigeante, elle croit profondément que sans cadre, rien ne tient, surtout dans un milieu aussi fragile. Face à elle, Nathalie privilégie l’instinct et l’adaptation, quitte à bousculer les règles. Leur opposition est frontale : deux visions légitimes du métier. Mais à force de se sentir contournée, Hélène accumule une frustration qui pourrait la pousser à reprendre le contrôle.


Joanie Martel (Sophie)
Sophie est une excellente intervenante. Sur le terrain, elle est efficace, instinctive, capable de désamorcer une crise en quelques mots, surtout avec les usagers, qu’elle comprend profondément. Mais avec ses collègues, c’est autre chose. Bougonne, directe, elle ne prend pas toujours le temps de nuancer, et ça peut frotter. Elle dit les choses comme elle les pense, souvent trop vite, parfois trop sec. Son humour grinçant désamorce… ou envenime. Sophie devra apprendre que bien faire la job ne suffit pas toujours.


Pascale Renaud-Hébert (scénariste)


Mariloup Wolfe (co-réalisatrice)



Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
