Peut-on porter l’univers romanesque de Catherine Mavrikakis à la scène? Pierre-Yves Lemieux et Luce Pelletier ont tenté l’expérience avec Le ciel est une belle ordure au Théâtre Quat’sous. Le résultat, créé à partir de quatre romans de l’autrice primée, est une pièce dense présentée jusqu’au 10 février.
Quatre histoires
Pour tisser sa courtepointe théâtrale, Pierre-Yves Lemieux a puisé dans quatre bouquins, soit Deuils cannibales et mélancoliques, Le Ciel de Bay City, L’Absente de tous bouquets et Ce qui restera.
On suit donc quatre personnages aux histoires distinctes ancrées dans quatre décennies différentes.
Le titre de la pièce, Le ciel est une belle ordure, réside dans le fait que la mort est omniprésente dans chacun des récits.
Le premier se déroule en 1979 et met en vedette Amy, une jeune fille qui a assassiné toute sa famille le jour de ses 18 ans.
De là, on est transportés en 1992 alors qu’une deuxième femme se souvient des morts que la vie lui a ravis, et qui s’appellent tous… Hervé.
Puis, on saute en 2015 où une troisième raconte son amour et sa haine pour sa mère récemment disparue.
Ensuite, on fait un bond en 2023 pour rencontrer une romancière qui réfléchit à son œuvre et qui essaie d’apprivoiser l’idée de sa mort prochaine.
Cinq femmes fortes
Les quatre héroïnes sont campées avec justesse par Sylvie De Morais-Nogueira, Sophie Faucher, Catherine Proulx-Lemay, Isabelle Vincent et Lou Vincent Desrosiers.
À ce quatuor enviable, vient se greffer l’inimitable Sophie Faucher. C’est elle qui donne vie aux différentes incarnations de la mère. Son jeu est succulent!
Dur passage à la scène
Le choix d’avoir adapté quatre romans plutôt qu’un seul était plutôt ambitieux. Toutefois, le fait de constamment passer entre les histoires et les époques finit par être étourdissant.
De plus, la mise en scène est plutôt statique. Cinq chaises sont disposées le long de la scène.
Les femmes y sont assises en attendant que ce soit leur tour d’intervenir.
Au moment de parler, elles se lèvent tout en s’éloignant peu de l’espace qui leur est assigné.
Le tout empêche le spectateur de se laisser emporter par ce qui se passe devant lui.
Enfin, le spectacle demeure toutefois intéressant grâce à la performance impressionnante des cinq comédiennes.
Aussi, les amateurs des écrits de Catherine Mavrakakis seront assurément heureux de cette occasion pour s’imprégner de ses mots.
Le ciel est une belle ordure jusqu’au 10 février
Création du Théâtre de l’Opsis, en codiffusion avec le Théâtre de Quat’Sous, la pièce Le ciel est une belle ordure est à l’affiche jusqu’au 10 février.
Texte : D’après les romans de Catherine Mavrikakis
Création pour la scène : Pierre-Yves Lemieux
Mise en scène : Luce Pelletier
Avec : Sylvie De Morais-Nogueira, Sophie Faucher, Catherine Proulx-Lemay, Isabelle Vincent, Lou Vincent Desrosiers
Crédit photo : Marie-Andrée Lemire
Texte : Nancie Boulay
