Le 19 avril dernier, l’autrice-compositrice-interprète Andréanne A. Malette dévoilait Les jardins dérangés, son quatrième album en carrière qu’elle décrit comme étant libre, instinctif et lumineux. Je me suis entretenue avec elle afin d’en apprendre davantage!
D’abord, comment présenterais-tu Les jardins dérangés ?
Les jardins dérangés, c’est mon quatrième album. C’est un arrêt dans le temps, comme une photo d’époque qu’on prenait avec un appareil photo jetable. On ne se demandait pas si on était beaux dessus ou si quelqu’un avait les yeux fermés ou avait la bouche pleine. Je me suis permis plus de laisser-aller sur cet album-là. J’y suis vraiment allée avec l’envie d’être une artiste, de raconter quelque chose et de faire confiance aux gens avec qui je travaille. C’est faire la paix avec l’imperfection, je dirais.
Il y a beaucoup d’espoir et de lumière dans cet album. En quoi était-ce important pour toi ?
Quand j’écris des tounes, ce n’est pas nécessairement avec un but de parler d’un sujet important. Ça part vraiment de ce dont j’ai envie de parler. Pour moi, écrire des chansons, c’est vraiment un exutoire, donc ça m’a fait du bien d’écrire l’album. Quand j’écris quelque chose de très personnel, c’est tout le temps là où ça semble le plus universel. L’effet secondaire d’avoir écrit cet album-là, c’est qu’en plus de m’avoir fait du bien, je réalise qu’il fait du bien aux autres aussi. C’est fabuleux!
Pourquoi avoir choisi « Les jardins dérangés » comme pièce-titre ?
Quand j’ai repris la chanson de Cabrel [Le reste du temps], c’est dans le refrain. Je trouvais ça tellement beau comme image que ça m’a donné envie d’appeler l’album comme ça. Mais je trouvais ça tellement beau! Ça ne pouvait pas être juste le titre; je voulais que ça soit une chanson aussi. Donc, j’ai volontairement écrit une chanson qui s’appelle « Les jardins dérangés ». C’est la première fois, je pense, que je pars d’un titre pour faire une chanson. Puis, c’est devenu une de mes préférées. Je pense qu’elle décrit bien l’ambiance de l’album et de ma vie. S’acheter une maison, retrouver ses racines… Je pensais, pendant un moment que, si j’allais trop bien, je ne serais pas capable d’écrire de tounes. Finalement, cette chanson-là m’a confirmé qu’on n’a pas besoin de se briser le cœur pour être capable d’écrire, puis ça a donné l’album finalement.
À travers certaines pièces, tu fais écho à des chansons de tes albums précédents. « Juste pour aujourd’hui » se rapproche de « Fou », puis il y a aussi un parallèle entre « Ici et maintenant » et « Ici et ailleurs ». Dirais-tu que ça s’est fait naturellement ?
Ça s’est fait naturellement, mais je ne me suis pas empêchée de le faire. Dans « L’horizon », je dis « Les frontières », alors que j’ai une chanson qui s’appelle comme ça. Dans « Juste pour aujourd’hui », je parle de « L’horizon ». Tout s’entrecoupe, et même avec les autres albums. Dans « Ici et maintenant », quand je dis « me réchauffer sans ton corps calorifère, tellement froid que brûlant », ça fait référence, entre autres, au « Brasier » et à « Alaska » quand je dis « les nuits de trop dans tes bras de glace ». C’est le même personnage qui est à la fois de glace et brûlant qui se trouve dans « Ici et maintenant ». Donc oui, ça a été le fun de faire des petits liens comme ça, et c’est le fun que tu aies remarqué! Je le fais dans le show aussi. Tout est un peu entrecoupé.
« Juste pour aujourd’hui » est aussi un duo avec Antoine Lachance qui travaille avec toi depuis un moment déjà.
Antoine, c’est comme une espèce de puits sans fond créatif; il a toujours plein d’idées. On a fait l’album rapidement et je voulais 10 chansons. J’en avais quelques-unes de potentielles, mais je n’étais pas sûre, puis il m’a dit qu’il en avait écrit une. Il me l’a fait entendre, et j’ai trouvé ça tellement bon! En plus, je trouvais qu’elle fittait parce que c’était un peu la suite de « Fou ». C’est lui qui l’a écrite et composée, donc ça allait de soi qu’il allait la chanter aussi. J’avais l’impression que ça prenait deux personnes pour l’interpréter.
Pour la première fois, il y a une pièce instrumentale au piano, « Brume », sur ton album. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Encore une fois, c’était juste l’envie de faire ce qui me tente et de ne pas trop me demander si c’est une bonne idée ou non. C’est le piano, en fait, qui a créé ça. Les premières pièces que j’ai écrites dans ma vie, c’était des pièces instrumentales au piano. J’ai commencé à jouer du piano quand j’avais 6 ans, donc vers 6 ans et demi ou 7 ans, je composais. J’en ai plein, des partitions avec de vieilles compositions instrumentales.
C’était un peu un retour aux sources. Je trouve que ça fitte bien dans cet album-là qui est carrément un retour à mes racines. J’ai joué du piano de 6 à 16 ans, puis après ça, quand j’essayais de jouer « L’ancien temps » en show, ça se passait moyennement bien (rires)! Mais là d’être toute seule dans une maison où je peux jouer de la musique jusqu’à 3h du matin si ça me tente… J’ai joué du piano tous les jours pendant un an!



Tu as décidé d’offrir deux spectacles-lancements pour la sortie de l’album, la semaine dernière. Tu as, entre autres, présenté toutes les chansons de l’album pour la première fois au public. Comment était-ce ?
Ça a tellement bien été! Je me suis préparée vraiment bien parce que j’avais envie de vivre chaque moment. L’album parle de ça aussi, de s’ancrer dans l’ici et le maintenant, puis je voulais tellement profiter de chaque chanson. C’est ça qui est arrivé, donc je suis vraiment, vraiment contente! J’ai l’impression d’avoir été présente à chacune des tounes. C’est ça qui était le fun, aussi. On s’est serrés fort à la fin du show. Toute l’équipe a couru un marathon, puis on a traversé le fil d’arrivée au lancement. On était super fiers, vraiment très heureux. Il n’y avait même pas de stress; c’était juste de l’excitation! Ce spectacle-là, c’est le spectacle de la tournée. On a sorti une quarantaine de dates, mais ça s’ajoute tout le temps! On va continuer les spectacles jusqu’à la fin de 2025.
Finalement, je dois te parler de ton fameux lien cosmique avec Taylor Swift. Vous abordez des thèmes similaires, puis vous avez des concepts similaires pour vos pochettes d’album et même pour des vêtements. Et cette fois, vos deux albums sortaient en même temps…
C’est ça… Quelle surprise (rires)! Quand elle l’a annoncée, je me suis dit « ben voyons, tu me niaises! » On doit être connectées sur une source similaire. C’est sûr qu’elle a le budget et les effectifs, mais je pense que, les deux, d’une certaine façon, on va au bout de nos idées avec les moyens qu’on a. Puis, au Québec, je nous trouve vraiment, vraiment bons d’être capables d’accoter de grosses productions avec tellement moins de budget. Je ne parle pas nécessairement de moi, mais tu sais, les gros shows de Marie-Mai au Centre Bell ou des trucs comme ça! Ou Survivor qui accote les émissions de partout dans le monde avec un budget vraiment plus petit. Pour vrai, on est vraiment bons au Québec. Ce n’est pas la même envergure, mais on est talentueux quand même!
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Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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