Il y a à peine plus d’un an, Andréanne A. Malette faisait paraître son quatrième album, Les jardins dérangés. Pour souligner cet anniversaire, elle a choisi « Les frontières » comme nouvel extrait radio. Nous en avons profité pour prendre des nouvelles d’Andréanne et lui parler de cette chanson, mais aussi de sa tournée en cours et de sa 12e année comme directrice artistique du spectacle Jamais trop tôt.
Tu viens d’envoyer aux radios la pièce « Les frontières » comme troisième extrait de ton album Les jardins dérangés, qui a fêté son premier anniversaire en avril. Pourquoi ton choix s’est-il arrêté sur celle-là ?
J’avais le goût de sortir quelque chose pour l’été. C’est un album qui est très doux, donc c’est sûr que, quand je choisis une chanson pour les radios, j’essaie d’aller chercher celle qui est peut-être le plus feel good. « Les frontières », moi, je trouve que c’est vraiment une chanson de road trip. Ça parle de voyage, premièrement, mais avec le sifflement, le beat et tout, je trouvais que c’était la chanson dont on avait besoin cet été de cet album-là.
Comment présenterais-tu cette chanson ?
Je la présenterais, pour la composition, comme un cadeau d’Antoine Lachance. C’est la première fois que je fais ça, sur un de mes albums. Je suis auteure-compositrice, puis j’ai toujours voulu faire mes trucs. Pour cet album-là, premièrement, on l’a fait plus rapidement. Deuxièmement, j’étais vraiment plus ouverte à la collaboration. J’ai essayé d’arrêter d’être trop analytique, trop cérébrale, trop picky et d’être vraiment juste dans le plaisir. Ça allait de soi qu’il allait y avoir plus de collabos!
Donc, la chanson est composée par Antoine Lachance, puis le texte est écrit par moi. Ça, ça m’a forcée à avoir des réflexes différents. Je vais peut-être parler un langage un peu étranger, mais au niveau des accents toniques, ce n’est pas une rythmique et une formulation de phrases et d’accents toniques auxquelles je suis habituée, mais ça ressemble un peu à ce que Francis Cabrel fait. En plus, il y a du Cabrel sur l’album, donc je me disais que ça fittait dans l’album de changer un peu ma façon de phraser les trucs. C’était un bel exercice!


Quand j’avais parlé avec toi pour la sortie de l’album Les jardins dérangés, tu me l’avais décrit comme étant un album qui fait la paix avec l’imperfection. Où situerais-tu « Les frontières » dans ce cheminement-là ?
Ah, c’est intéressant! Il faut que je réfléchisse (rires)! Le fait qu’on a fait l’album plus vite m’a obligée à être en paix avec les petites affaires. Je t’avais sûrement parlé des narines qu’il y avait dans « Bateau en papier » sur SITKA. Là, dans cet album-là, il y a des narines partout (rires)! Mais, en fait, imperfection, pour moi, ça veut dire humain. Donc, je pense qu’il y a juste plus d’humanité dans cet album-là. On a même fait moins de tracks par instrument pour cet album-là. Si la première track de la basse est bonne, on va en faire une deuxième pour la luck au cas où, mais si on l’aime, let’s go! J’avais moins de double questionnement, et ça se reflète dans ma vie aussi. C’est plus facile de prendre des décisions maintenant que ce l’était avant. On se fait plus confiance.
Dans le communiqué qu’on a reçu, tu dis aussi que « Les frontières » exprime le fait que la paix commence par une réconciliation entre le cœur et la tête!
Oui, c’est carrément ça! J’ai fait beaucoup de voyages introspectifs qui m’ont vraiment aidée. Des fois, aller ailleurs, ça aide, mais je connais trop de gens qui vont ailleurs juste pour ne pas faire le chemin à l’intérieur d’eux. Tu as beau faire le tour de la planète, si tu ne prends pas le temps de régler ce qu’il y a en dedans, chaque fois que tu vas essayer de te déposer quelque part, il va y avoir un nouveau problème ou quelque chose qui ne sera pas réglé. Donc, la chanson dit ça un peu. Reviens donc ici parce que, que tu sois ici ou ailleurs, le problème ne va pas s’évaporer tout seul.



Depuis la sortie de l’album, tu es d’ailleurs en tournée partout au Québec, et il y a des dates jusqu’en 2026! Comment se passe tout ça ?
Ah, c’est le fun! Je n’ai comme pas le goût qu’elle arrête celle-là. Elle nous fait du bien à nous autres, mais elle fait du bien aux gens aussi. C’est vraiment celle qui me ressemble le plus, que j’ai le plus de fun à faire. C’est étrangement celle qu’on a construite le plus rapidement, mais elle est tout alignée à la bonne place. Tu sais, j’ai tellement fait de ménage dans ma vie; il n’y a plus rien qui me pèse lourd sur les épaules.
Il n’y a plus d’environnement toxique. Il reste vraiment juste l’amitié et le bonheur de faire de la musique. Donc, c’est particulier. On se le dit souvent la gang ensemble : crime qu’on est chanceux! On s’entend bien. Il y a de la bisbille des fois dans les équipes, mais nous autres, on est toujours contents de se voir. On aimerait ça continuer cette tournée-là le plus longtemps qu’on peut. Ceci dit, maintenant que l’équipe est bien et qu’on est tous bien ensemble, le prochain album va sûrement avoir la même vibe.
Comment présenterais-tu ce spectacle à des gens qui ne l’ont pas encore vu ?
C’est très personnel comme show. Je ne sais pas si tu as lu le livre de Rick Rubin [Créativité : un art de vivre], mais dedans, il dit que les artistes, plus on fait quelque chose de personnel, plus c’est universel tandis que plus on essaie d’être large et de plaire à tout le monde, moins ça rejoint les gens. Ce show-là est extrêmement personnel, mais de par les commentaires des gens que je reçois après, c’est celui qui semble le plus rejoindre les gens.
Je parle justement de ménage qu’on fait à l’intérieur de soi, puis je parle aussi beaucoup de mes voisins, de rencontres entre des gens, de prendre le temps de parler avec les gens qui nous entourent. C’est enfin faire des choix pour soi, aussi. Tout le show est construit autour de l’achat de ma maison, de cette décision que j’ai prise, et de toute cette espèce de bonheur là qui repousse comme les fleurs d’un jardin au printemps. Je pense que c’est un show qui n’est pas moralisateur du tout, mais à la fin, tu ressors peut-être avec un petit goût de prioriser ce qui te fait du bien.
Tu reviens d’ailleurs d’aller chanter en Europe, en Belgique plus précisément. Comment as-tu trouvé l’expérience ?
J’y suis allée pour deux raisons! J’étais coach d’un atelier d’écriture pendant la semaine. Moi, j’adore ce rôle-là, même si c’est bizarre parce que les artistes qui sont là pourraient être les coachs aussi. Dans le fond, c’est plus un échange (rires)! J’ai recommencé à vouloir écrire. Ça, c’est le fun! Ça me fait souvent ça quand je travaille avec d’autre monde. Je n’ai même pas écrit de toune, mais j’ai écrit mon roman toute la semaine jusqu’à deux heures et demie du matin parce que j’écrivais en malade. Ça, ça m’a fait du bien! Après ça, on a fait une petite vitrine devant des professionnels de la Belgique, de la France et de l’Afrique, puis on a fait un petit show aussi.
Ça a été beaucoup d’aller faire des contacts. J’espère vraiment qu’on va pouvoir aller faire une petite tournée là-bas, soit en Belgique et en France ou même en Afrique. J’ai parlé beaucoup avec les gens; il y a quand même 23 pays francophones là-bas. C’est le plus gros marché franco en fait et c’est un de mes rêves d’aller en Afrique! J’espère qu’il y aura une suite pour ça, mais le voyage aura surtout servi à rouvrir la machine artiste. Je passe d’un chapeau à l’autre tout le temps. J’écris, je produis, j’écris, je produis. Là, j’étais en mode ni l’un ni l’autre, donc ça a reparti la machine (rires)!
Aussi, pour une 12e année consécutive, tu assures la direction artistique du spectacle Jamais trop tôt, qui sera présenté le 17 août prochain dans le cadre du Festival international de la chanson de Granby. Qu’est-ce qui t’interpelle le plus dans ce projet ?
La rencontre avec les gens! Avec les années qui passent, moi, j’ai pris un coup en commençant à voir les artistes des premières années faire leur place dans le milieu. Cette année, il y en avait six de Jamais trop tôt à Star Académie [Katrine Sansregret, Maxim Doucet, Léo Giroux et Romie Lacasse ainsi que Philippe LeBouthillier et Mirani Coelho, qui ont participé au premier variété]. Il y en a plusieurs que j’ai connus quand ils avaient 14 ans, mais maintenant, c’est des humains complets et des artistes accomplis. J’ai toujours eu beaucoup de fun à Jamais trop tôt, mais là, il y a cet aspect-là qui commence à entrer aussi.
Je réalise que, les artistes qu’on coache, on fait vraiment une réelle différence dans leur vie. Je le vois dans leur parcours. Ce n’est pas anodin qu’il y en avait autant de Jamais trop tôt à Star Ac. On monte un show en cinq jours; c’est pratiquement un mini Star Ac pas filmé. C’est vraiment un gros, gros projet qui est super formateur pour eux. Donc, moi, mon plaisir personnel là-dedans, c’est de faire de la mise en scène parce que c’est une des affaires que j’aime le plus au monde. Mon cerveau bouillonne d’idées, et je peux mêler tous les arts en même temps. C’est un mégatrip pour moi! Il y a aussi le fait de rencontrer des gens de la francophonie canadienne.
Ça fait réaliser qu’il y a des communautés francophones partout. On parle tous la même langue; c’est vraiment cool! Jamais trop tôt, c’est un magnifique projet, trop méconnu du grand public. La rencontre avec les jeunes me garde aussi un peu plus up-to-date sur la nouvelle génération (rires)! Puis, je prends aussi un malin plaisir à les voir grandir et faire leur place. C’est une fierté que je ne connais pas puisque je n’ai pas d’enfant, mais à Star Ac, au premier gala, j’étais vraiment comme une petite mère qui voyait ses petits bébés sur la scène d’une expérience qui, moi, a changé ma vie.
Justement, il y en a quand même quatre sur les six de Jamais trop tôt qui ont été sélectionnés pour faire partie des quatorze académiciens et académiciennes cette année. Qu’est-ce qui ça t’a fait de les voir évoluer dans cette émission-là à laquelle tu as participé il y a 13 ans ?
C’est un sentiment partagé. Évidemment, il y a le grand sentiment de fierté, mais ça vient avec un sentiment de protection aussi. Quand il y en avait un qui n’entrait pas ou qui sortait, ça me faisait tellement mal (rires)! Je me sentais quasiment mal d’avoir participé à la sélection de ces gens-là dans le but de leur faire vivre une expérience qui, pour moi, a été tellement, tellement positive. Puis là, je les voyais sortir, et il y en avait certains qui avaient le cœur brisé, donc là, je me disais que j’avais un peu participé à leur briser le cœur (rires)!
C’était un drôle de sentiment! Mais, en vrai, j’étais une des trois juges dans une des étapes. Il fallait que je lâche prise à un moment donné par rapport à leur parcours. C’était vraiment un sentiment très maternel. Ça s’est développé pour tous les candidats d’ailleurs. Je me suis attachée énormément à eux; j’ai eu des mégas coups de cœur en auditions pour l’entièreté de la cohorte. C’était tough pour moi de ne pas être là après. J’aurais aimé ça faire partie du corps professoral pour continuer à les voir évoluer. Ça aurait été vraiment le fun! S’ils me l’offrent pour une prochaine édition, c’est sûr que je dis oui!


Mise à jour: 29/06/2025
Andréanne A. Malette, Léa Jarry et Trudy dévoilent « Une rose à la fois »!
Il s’agit d’une première collaboration aux accents country et pop, parfaite pour l’été, pour ce trio d’autrices-compositrices-interprètes. La chanson est disponible dès maintenant sur toutes les plateformes.
« En tant que femmes, on se met de la pression sur tout, constamment. On avait envie d’écrire ensemble pour retrouver le plaisir de faire de la musique sans penser au résultat. Juste pour se rassembler, pour entendre nos voix s’entremêler, pour revenir à l’essentiel. Le sujet de la chanson s’est finalement imposé naturellement. Ça parle de guérison, de solidarité, et d’humanité; envers soi-même et envers les autres. Et ça tombe bien, le résultat est finalement aussi beau que le processus », nous disent-elles par communiqué.
Pour suivre Andréanne sur les réseaux sociaux
Photos d’Andréanne en spectacle: Frédéric Lebeuf
Crédit photos promotionnelles pour « Les frontières »: Catherine Deslauriers
Crédit photos de l’édition 2022 de Jamais trop tôt: Réseaux sociaux d’Andréanne

Samuelle Guimond | Journaliste
Samuelle est une passionnée de musique, de littérature, de télé et de théâtre. Si elle est journaliste pour le média, c’est dans le but de faire briller des artistes d’ici en qui elle croit, principalement à travers des entrevues. Tu pourrais très bien la croiser dans une salle de spectacle aux environs de Montréal!
