Le Cirque du Soleil signe un retour triomphal à Montréal pour l’été 2025 avec Luzia, un spectacle éblouissant qui puise dans les couleurs, les rythmes et l’imaginaire du Mexique pour nous emporter dans un rêve éveillé. Sous le grand chapiteau du Vieux-Port, l’expérience de 125 minutes, avec entracte, s’ouvre sur une scène circulaire pleine de secrets, un véritable bijou de scénographie aux transformations imprévisibles, où poésie et prouesse technique s’entrelacent en parfaite harmonie.
Dès les premiers instants, Luzia capte le regard par son esthétique flamboyante : costumes somptueux, éclairages chauds, motifs inspirés de la nature mexicaine, et surtout, un sens du détail visuel qui émerveille. Chaque tableau transporte le spectateur dans un monde distinct, propulsé par une mise en scène d’une fluidité remarquable, soutenue par un orchestre live et la voix envoûtante d’une chanteuse aux accents solaires. La musique, omniprésente, fait battre le cœur du spectacle et accompagne magnifiquement chaque performance.
Le voyage commence avec une envolée d’oiseaux flamboyants dans un numéro d’anneaux chinois à couper le souffle. Tandis que la scène tourne sans relâche, les acrobates s’élancent dans les airs avec une légèreté et une précision époustouflantes. Le spectacle enchaîne avec un somptueux numéro d’adagio où une voltigeuse virevolte entre trois porteurs sans jamais toucher terre. Le tout, bercé par la voix chaude de la chanteuse, atteint un niveau de grâce et de précision rarement égalé sur une scène de cirque.






Luzia nous mène ensuite au cœur du désert mexicain. Parmi les fleurs d’agaves surgissent des artistes éblouissantes dans un trio de roue Cyr et de trapèze. Tandis que deux d’entre elles tracent de larges cercles au sol, l’autre danse dans les airs, toutes trois observées par un trio de cactus malicieux, clin d’œil humoristique d’une mise en scène qui n’a pas peur du ludique et du facétieux. La pluie s’invite soudain, tombant en cascade sur la scène, transformant le désert en oasis éphémère.
Le clown, personnage central et attachant de Luzia, traverse cette odyssée comme un voyageur décalé et désarmant. Avec son sifflet, ses mimiques universelles et sa capacité à interagir avec le public, il offre des moments de respiration pleins d’humour et de tendresse. On rit de bon cœur alors qu’il se débat avec une pluie capricieuse qui semble se jouer de lui, avant que celle-ci ne révèle sa beauté, dessinant dans les airs des formes animales d’une poésie saisissante.






Le numéro d’équilibre d’un maître-nageur musclé, suspendu dans les airs au-dessus d’une piscine où évoluent des nageurs pailletés a fait retenir son souffle au public. Sa force brute, son contrôle absolu et la hauteur vertigineuse de sa prestation provoquent une tension palpable sous le chapiteau. S’ensuit un numéro joyeux et enlevé de jonglage de ballon de soccer: les artistes, débordants de charisme, rivalisent d’adresse, manipulant leurs balles et multipliant sourires et figures acrobatiques spectaculaires.
Après l’entracte, Luzia nous plonge dans une jungle luxuriante. Un numéro de pole dance et mât chinois révèle des artistes à la fois puissants et gracieux. Un numéro de sangles, les pieds effleurant l’eau de la piscine ouverte au centre de la scène, fait jaillir des éclaboussures arrosant un immense léopard, marionnette saisissante de réalisme, essayant de s’abreuver.






Les surprises s’enchaînent avec un jongleur frénétique aux quilles lancées à une vitesse hallucinante, et, moment fort du spectacle, un contorsionniste dont l’entrée sur scène arrache des exclamations incrédules à la foule. Son numéro, à la frontière de l’impossible, hypnotise littéralement le public, jusqu’à une salve d’applaudissements spontanée et méritée. Puis la balançoire russe catapulte les acrobates dans des envolées spectaculaires, où chaque réception, millimétrée, semble défier les lois de la gravité.
Luzia s’achève dans une apothéose festive : un banquet haut en couleur, réunissant l’ensemble des artistes dans une dernière célébration de la vie, du mouvement et de la beauté. Le moment est chargé d’émotion, comme un adieu doux-amer à ce rêve éveillé que le Cirque du Soleil a su insuffler avec tant de maîtrise.








Luzia est une ode au voyage, à la culture mexicaine et à l’imagination sans limite du Cirque du Soleil. Avec ses numéros vertigineux, sa direction artistique d’une finesse rare, et sa capacité à émerveiller sans relâche, le spectacle s’impose comme un incontournable de l’été 2025 à Montréal. Un enchantement total, à ne manquer sous aucun prétexte.

Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
