Mani Soleymanlou reprend la route avec Zéro. Dans ce spectacle, l’artiste aborde la transmission intergénérationnelle et les origines avec tout l’humour et toute la verve qu’on lui connait.
Un décompte identitaire
C’est avec Un en 2012 que l’auteur, metteur en scène et comédien a amorcé un cycle numérique dans lequel il creuse les origines et l’identité. Ont ensuite suivi Deux, Trois, (Un.Deux.Trois), Ils étaient quatre, Cinq à sept, 8 et Neuf (titre provisoire).
Puis, survient un appel téléphonique où son père lui raconte les raisons de sa fuite de l’Iran. Ce dernier lui suggère d’inclure le tout dans son spectacle et ainsi nait Zéro en 2019.
En replongeant dans ces événements et en interrogeant ce qu’il parvient à transmettre à son fils, il tente de remonter à l’origine de lui-même et de son travail de création.
Deux histoires en parallèle
Sur scène, la coupure entre les deux histoires est nette. Lorsque Mani parle de son paternel, la lumière baisse considérablement et le récit est plus posé.
Lorsqu’il qu’il est question de lui-même, l’éclairage s’intensifie et le débit du texte augmente considérablement.
Cette rupture de ton est voulue mais, comme il le souligne lui-même, cela vient hélas casser le rythme.
On comprend que le flot de ses paroles reflète sûrement celui de ses pensées, mais c’est essoufflant pour le spectateur.
Le génie créatif de Mani Soleymanlou
Zéro est construit autour de la question : « Sommes-nous ce qu’on nous a transmis ou ce que nous lèguerons à notre tour? ». On pourrait penser que des réflexions aussi intenses et importantes alourdissent l’œuvre, mais ce serait mal connaître son créateur!
Du mime, des contes pour enfants, de la danse moderne et même un lipsync du succès de Julie Masse « C’est zéro« , viennent ponctuer son monologue. Le conte mettant en vedette le petit Martineau et le petit Cassivi est tout simplement hilarant.
Enfin, malgré les choix de mise en scène remis en question plus tôt, Zéro est une œuvre ludique et divertissante qui invite à la réflexion.
Zéro au Québec et en Saskatchewan
Présenté du 2 au 6 avril à l’Usine C, puis en tournée au Québec et en Saskatchewan jusqu’au 26 avril. Les informations détaillées sont disponibles au https://www.orangenoyee.com/zero. Le texte est publié aux éditions Le Quartanier.
Une création de Orange Noyée en coproduction avec le Théâtre français du CNA et en codiffusion avec La Chapelle / Scènes contemporaines.
Texte, mise en scène et interprétation : Mani Soleymanlou
Crédit photo : Jean-François Hétu
Texte : Nancie Boulay
