Encore cette année, le Festival International de Jazz de Montréal excelle avec une programmation variée, fidèle reflet de la mosaïque musicale contemporaine. Le 4 juillet 2025, les Violent Femmes ont enflammé la Place des Arts dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. Punk, folk, sueur et nostalgie : une soirée déchaînée où la rébellion douce des années 80 a repris vie, sous les cris d’un public conquis.
Le groupe Violent Femmes (VF) est fondé en 1980 à Milwaukee par Brian Ritchie et Victor DeLorenzo. Leur nom, un collage inventif, met en exergue le contraste entre Violent et Femmes, dans le but avoué de créer un malaise, un avertissement ironique, et qui sait, une révolte — aussi intime soit-elle. En 1981, le chanteur, compositeur et guitariste Gordon Gano se joint au groupe, et dès 1983, le trio lance son premier album, Violent Femmes, qui devient immédiatement un succès critique et populaire. VF, ou « the Femmes », est devenu l’un des groupes rock les plus marquants des années 1980 et 1990, ayant vendu un total de neuf millions d’albums en 2005 — sans jamais atteindre les sommets des palmarès, mais en accédant au statut de groupe culte.
Notons également que Gordon Gano a produit les deux premiers albums de Louise Attaque, dont le chanteur Gaëtan Roussel et son groupe se réclament ouvertement de l’héritage des Violent Femmes.
Les fans de VF, toutes générations confondues, sont donc au rendez-vous en ce 4 juillet 2025. Groupe culte par excellence, VF attire un public qui connaît les chansons par cœur et se déhanche au rythme soutenu des morceaux. Symbole d’une adolescence à l’américaine, empreinte de révolte sous-jacente, leur musique combine colère, énergie, finesse et humour. Ces musiciens chevronnés — pour la plupart multi-instrumentistes — manient avec brio xylophone, cajón péruvien, saxophone, trompette, basse, guitare, batterie… Chaque instrument est intégré avec fluidité à des chansons souvent très accrocheuses. Leur premier succès, Blister in the Sun, donnait déjà le ton : un mélange assumé de punk-rock et de folk, une envie de tout casser, d’être « high as a kite », dans une vision résolument déjantée.
Ajoutons que la Place des Arts (!) permet désormais de consommer des boissons alcoolisées dans la salle pendant le spectacle — ce qui améliore sans doute la rentabilité, mais peut déranger certains spectateurs lors des allers-retours entre les sièges et le bar. Sans parler des corps qui se lèvent et se trémoussent dans cette ambiance festive aux allures libertaires. Soyons indulgents : c’est la fête de la musique à la montréalaise, version été — et tout cela reste bon enfant !

Michel Jolicoeur | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : Benoit Rousseau
