Ce dimanche 6 juillet, le ciel de La Ronde s’est teinté des couleurs du Soleil-Levant alors que la firme japonaise Great Sky Art faisait ses grands débuts à L’International des Feux Loto-Québec. Sous la bannière poétique Échos du Japon : De l’écran au ciel, les artificiers nippons ont proposé un feu d’artifice aussi surprenant qu’immersif, principalement inspiré de la culture pop japonaise : jeux vidéo, animés et musiques emblématiques formaient le cœur de la bande sonore.
Malgré des conditions météo peu clémentes — nuages bas et faible vent ralentissant la dissipation de la fumée —, les artificiers ont su tirer leur épingle du jeu en misant sur la richesse des fusées de basse et moyenne altitude, soutenue par une synchronisation musicale impeccable.
Le spectacle se distinguait par une grande variété de bombes aux motifs complexes, souvent agencées en éventails ou en nappes serrées, créant d’impressionnantes toiles lumineuses. Les Japonais ont su orchestrer une véritable symphonie visuelle au rythme d’une playlist éclectique et audacieuse, mêlant sons électroniques nerveux (Code: DDD), métal inattendu (Two Hundred Meter Blades) et ambiances plus contemplatives, comme l’inattendu Hymne à l’amour, le nostalgique Super Mario Bros Theme ou le plus traditionnel Furinkazan.






Chaque tableau faisait émerger des palettes de couleurs arc-en-ciel, ponctuées de flashes blancs saisissants. Ces éclats semblaient peindre la musique elle-même — en particulier lors du tonitruant Tank! du groupe The Seatbelts, où trompettes jazzy et gerbes lumineuses dansaient en parfaite harmonie, ou encore sur le Super Mario Bros Theme, où les fusées ont dessiné les pièces iconiques de notre plombier favori.
Les interludes laser ont permis à la fumée de se dissiper tout en maintenant le fil esthétique du spectacle. Ce choix judicieux, couplé à une trame sonore essentiellement instrumentale ou peu connue, créait une expérience sensorielle immersive, bien qu’il laissait peu de place à la participation vocale du public — ici, pas de karaoké à ciel ouvert, mais une écoute attentive et admirative.






Le public, massé dans les gradins de La Ronde, a salué à plusieurs reprises la finesse des fins de tableaux, applaudissant avec enthousiasme les explosions finales de chaque acte. Seul bémol : un bouquet final qui, sans être raté, ne surpassait pas l’intensité des moments précédents, laissant une légère impression d’inachevé.
Pour une première participation, Great Sky Art a offert un spectacle raffiné, créatif et résolument différent. Une proposition qui prouve qu’on peut marier culture geek et art pyrotechnique avec grâce et intelligence — et faire résonner, l’espace d’une soirée, les échos lointains du Japon dans le ciel montréalais.







Prochain rendez-vous : ce jeudi 10 juillet 2025, ce sera au tour du Canada de faire briller le ciel montréalais dans le cadre de la compétition. Le public est d’ores et déjà invité à venir en nombre pour découvrir ce nouveau chapitre flamboyant de l’International des Feux Loto-Québec.

Lucas Brunet | Journaliste

Benoit Leroux | Photographe
Grand consommateur de culture, Benoit Z. s’intéresse à beaucoup de disciplines. Le monde circassien est son principal terrain de jeu. Toujours curieux, ouvert et la caméra prête.
