Le 3 juillet 2026, Uzeb en fusion de Philippe Frenette-Roy prend l’affiche en salle et propose une plongée inventive dans l’univers du groupe de jazz fusion Uzeb, porté par un riche travail d’archives et d’animation.
« Les gens nous demandent souvent c’est quoi la musique d’Uzeb. Est-ce que c’est du jazz ? Est-ce que c’est du rock ? C’est quoi ? L’étiquette de fusion, c’est le fun, mais moi je dirais que c’est plus un groupe de jazz moderne ». Ainsi commence le nouveau film du réalisateur Philippe Frenette-Roy, Uzeb en fusion. Après avoir réalisé les documentaires Albert et Alma en seize temps (2016) et Louis! Louis! Louis! (2018), Frenette-Roy propose une nouvelle œuvre qui retrace la carrière et le succès du groupe québécois de jazz fusion Uzeb.
Le documentaire indépendant de Philippe Frenette-Roy plonge dans l’effervescence de la musique des années 80, une époque où trois jeunes musiciens partent à la conquête des plus grandes scènes de jazz du monde. Il s’agit d’Alain Caron (bassiste), de Michel Cusson (guitariste) et de Paul Brochu (batteur). Le film retrace les tout débuts du groupe à Drummondville jusqu’à leur première tournée mondiale, en passant par leurs succès et leurs nombreuses distinctions dans l’industrie musicale.


Une mise en scène d’archives inventive
Le réalisateur Philippe Frenette-Roy, qui assure également l’écriture, la direction photo, la prise de son et l’ensemble de la recherche documentaire, livre une œuvre pertinente et singulière tant par sa mise en scène que par son traitement du sujet. Porté par une impressionnante variété d’archives, le documentaire se distingue par la manière soignée et inventive dont celles-ci sont intégrées au récit. Les archives vidéo et les entrevues sont présentées de façon originale, notamment cette entrevue du groupe qui ouvre le film, diffusée à travers une vieille télévision dans un décor de salon rétro. Ce choix artistique revient à plusieurs reprises et enrichit l’unicité de l’œuvre.
Le cinéaste varie également les lieux de tournage des entrevues, renforçant la mise en scène et le rythme du film. À cela s’ajoute le travail de graphisme et d’animation de Kevin Bouchard, qui marque l’identité visuelle de l’œuvre. Dès le générique d’ouverture, le spectateur est plongé dans des expérimentations visuelles colorées sur le rythme de la chanson Uzeb Club. Le reste du documentaire multiplie les interventions graphiques et animées, évoquant un son en mouvement.


Une structure en boucle assumée
Uzeb en fusion se déploie comme une boucle qui s’ouvre et se referme sur les mêmes images : le spectacle du groupe au Festival International de Jazz de Montréal en 1992. Dévoilé plus tard comme un adieu non officiel, ce moment devient un point d’ancrage narratif fort. Frenette-Roy choisit de débuter son film par cet événement avant de revenir aux origines du trio et de proposer un portrait détaillé de ses membres.
S’ensuit un montage des périodes marquantes du groupe à travers les années 70 et 80. L’équilibre entre les images d’archives et les séquences tournées pour le film est particulièrement réussi, maintenant un rythme soutenu. Porté par une trame sonore immersive et une direction visuelle audacieuse, le documentaire s’impose comme une œuvre aboutie, capable de capter l’essence humaine d’un groupe mythique et de faire rayonner une part importante de la culture musicale québécoise.
Après sept ans de travail, Uzeb en fusion a donc été présenté en première mondiale le 29 juin 2026 au Monument-National dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal 2026. Le film prendra l’affiche en salle le 3 juillet.



Myralie Roy | Journaliste
C’est durant sa formation en cinéma à l’Université de Montréal que Myralie découvre ce qu’elle aime le plus faire en photographie : la photo de spectacle. Elle combine sa passion pour le théâtre, la musique et la photo en capturant, à travers sa lentille, les émotions des artistes. Ses films préférés sont Dead Poets Society et Prière pour une mitaine perdue.
