Alors que le printemps mettait de côté sa timidité, vendredi le 17 avril 2026, The Franklin Electric faisait escale au Zénith de Saint-Eustache dans le cadre de sa tournée canadienne.
Le groupe montréalais indépendant mené par Jon Matte en est à plus de 12 ans de carrière et compte à son actif six albums et deux microalbums – un troisième s’apprêtant à sortir en mai. Le collectif musical en était à sa deuxième visite à St-Eustache en tout près d’un an et le public semblait ravi de le retrouver une nouvelle fois, l’accueillant chaleureusement sur scène.
Il n’y a pas assez de mots pour décrire la grande gamme d’émotions qu’une performance de The Franklin Electric fait vivre. Dès que le groupe prend place sur scène, il nous amène avec lui vivre une expérience hors du commun, tantôt bercée par ses balades folk, tantôt animée par ses sonorités pop-rock.
Il n’aura d’ailleurs fallu que trois chansons pour que le public s’enflamme et contamine Matte de son bonheur. « Saint-Eustache, what a place ! » s’est exclamé ce dernier, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Ses mots ont déclenché des rires dans la foule. Ce n’est peut-être pas le Centre Bell, mais à Saint-Eustache, on est bien là !


Particulièrement soucieux de découvrir les environs des villes où il performe, le chanteur explique que le groupe et lui sont allés manger à la microbrasserie Noire et Blanche, dans la vieille ville, et qu’ils ont adoré l’expérience. « Il y avait une petite terrasse, c’était vraiment beau et on a bien mangé », poursuit-il. Un incontournable des Eustachois, qui ont applaudi par centaines. L’authenticité de Matte est ce qui fait son charme – sur scène, il n’est pas une vedette, il est un être humain qui se nourrit d’expériences et qui a un désir profond de connecter avec les autres.
Ces caractéristiques se transposent aussi à travers ses performances, alors qu’il cherche toujours à interagir avec son public et à le faire participer en tapant des mains et en chantant.
« Il y a quelque chose qu’on a fait ici la dernière fois qu’on a vraiment aimé. On aimerait ça le refaire, ça vous va ? » annonce le meneur du groupe, qui s’apprête à offrir deux chansons totalement acoustiques au centre de la salle. Une tradition qui fait partie de l’âme de The Franklin Electric depuis des années maintenant, mais dont on ne se lassera jamais. Un micro acoustique sur pied, une ampoule à la luminosité vacillante et trois musiciens en harmonie qui nous offrent Most Of The Time We Are Lost et leur plus récent titre, Bones To Ashes, Dark To Light. C’est renversant. L’instant d’un peu plus de sept minutes, on se croirait téléporté au bord de la mer, le soleil se couchant et un feu de camp nous réchauffant le bout des orteils.


C’est là où toute la magie opère. La musique de The Franklin Electric fait voyager et donne l’impression d’être complètement ailleurs, ensemble. Bien que cela fasse rêver, l’artiste ne perd pas de vue la réalité parfois fracassante à laquelle on doit faire face et se livre, en toute humilité, avec Choices, une pièce où il avoue avoir eu besoin de beaucoup de temps pour apprendre à faire les bons choix, et Call Me, qu’il dédie à son frère « et à toutes les personnes qui vivent avec des troubles de santé mentale, de l’anxiété, la dépression… C’est important d’en parler et de ne pas garder tout ça à l’intérieur de soi. Surtout nous, les hommes. On a tendance à se refermer sur nous-mêmes, mais il ne faut pas », mentionne-t-il.
Cette dernière, particulièrement touchante, est tirée de l’album Oh Brother, paru en 2023. Son œuvre la plus intime, décrit-il, où il aborde divers enjeux de santé mentale qui l’ont touché de près ou de loin, mais surtout ceux faisant partie du quotidien de son grand frère, vivant dans l’itinérance depuis plus d’une décennie. Un magnifique solo de violon accompagne les paroles et nous tire des frissons.
« Call me when I need you most
Call me when it’s early
Call me when you’re lost
Call me when you’re close
Call me regularly
Call me a fool
Call me up when you’re down
Call me when you choose
Don’t you go
But don’t you go »


Et alors qu’on sent que la soirée retrouve une ambiance plus électrique avec des pièces comme River Runs et Unsatisfied, Jon nous ramène dans l’émotion avec une performance acoustique de C’est Plus Comme Avant, accompagné de Marianne Beaulieu (première partie), et This Is How I Let You Down, titre éponyme de son premier album en carrière. Cette chanson, il l’offre à Émilie, une admiratrice du groupe, et à sa mère : « Tout ça a commencé il y a plus de dix ans, ici, au Québec. J’ai beaucoup d’anecdotes de tournée, mais hier, c’était spécial. Une maman m’a remis une toile, une peinture là… de ma face (rires). C’est la mère d’Émilie, qui est décédée d’une tumeur au cerveau fulgurante. Émilie avait vu 12 spectacles, c’était donc très touchant de parler avec sa mère. Ça m’a donné la force de continuer à partager mes histoires et la sienne, la vie est si fragile. Que son âme repose en paix », conclut-il, émotif.
Et quand les dernières notes s’éteignent, il reste cette impression rare d’avoir vécu quelque chose de profondément humain. Une soirée qui continue de résonner bien après la dernière chanson.
Jon Matte et son groupe poursuivent leur tournée canadienne à Toronto le 22 avril, à Bromont le 24 avril et à Sherbrooke le 25 avril 2026 avant de prendre la route pour l’Europe quelques jours plus tard.
Pour des billets ou plus d’informations : www.thefranklinelectric.com | Instagram : @franklinelectric
Marianne Beaulieu en première partie : un coup de cœur inattendu
On ne sait pas toujours à quoi s’attendre d’une première partie d’un artiste que l’on apprécie particulièrement. Pour plusieurs, c’est un « ça passe ou ça casse ». Vendredi soir, c’était un « ça passe » et haut la main !
Dès l’entrée sur scène de Marianne Beaulieu, une jeune femme auteure-compositrice-interprète québécoise, on se retrouve complètement charmé par sa lumière et sa douceur. Seule sur scène au piano ou à la guitare, Marianne se livre à une prestation intime, qu’on sent totalement sincère. « C’est la première fois que je fais une première partie et une tournée au Québec, c’est le fun de pouvoir parler en français », partage celle qui a vécu à l’étranger plusieurs mois et qui est majoritairement connue pour son art dans la langue de Shakespeare.
Elle présente plusieurs œuvres originales, autant en français qu’en anglais, comme A Place I Used To Know, L’Art de Bien Parler et Overflow, son premier titre enregistré il y a six ans.
Découverte sur les réseaux sociaux en 2019 alors qu’elle reprenait des chansons de ses artistes préférés, Marianne explique aimer préserver cet aspect de son univers qui a donné vie à sa carrière en jouant des reprises en concert. Ce soir-là, c’est la grande pièce de Tom Odell, Another Love, qu’elle nous livre au piano. Un sans-faute.


Le timbre de sa voix et son élégance nous rappellent celle de Gracie Abrams et de Bon Iver ou encore, plus près de nous, celle de Charlotte Cardin.
Celle qui a d’abord complété un baccalauréat en psychologie avant de se tourner vers sa passion, la musique, écrit en s’inspirant de sa vie et de ses choix. The Drawing Room, une pièce particulièrement touchante, est née des suites d’un voyage familial en Irlande. « On visitait le château de Dublin et il y avait une pièce qui s’appelait The Drawing Room – la chambre à dessins, en français. Je pensais que c’était une pièce qui avait autrefois servi à… bien, faire du bricolage », avoue-t-elle, en riant. « En fait, “drawing room” vient du mot “withdrawing”, qui signifie se retirer. C’était dans cette salle que les gens s’échappaient des grands bals et venaient boire du thé, calmement. Je me suis rendu compte que moi aussi, c’est là où je me serais le mieux sentie plutôt que dans la foule », termine la jeune artiste. Une explication qui prend tout son sens lorsque l’on porte attention aux paroles.
Celle qui cumule plus de 230 000 abonnés sur Instagram, plus de 370 000 abonnés sur TikTok et des millions d’écoutes sur Spotify accompagnera The Franklin Electric pour la deuxième partie de leur tournée européenne en mai avant de revenir au Québec poursuivre ses projets.


D’ici là, on t’encourage fortement à la suivre sur les réseaux sociaux parce que bientôt, son nom sera assurément partout !
www.marianneofficial.com | Instagram : @marianneemusic | TikTok : @mariannebl
Liste de chansons de The Franklin Electric (non-officielle) :
- Victory Songs
- The Gates of Malpasso
- Borderline
- Nouvelle chanson, titre inconnu
- After All
- Most of the Time We Are Lost
- Bones to Ashes, Dark to Light
- Can’t Find Your Way Out
- Choices
- Tu Reviendras
- Call Me
- Answers
- How You Holding On
- There’s A Fire
- River Runs
- Unsatisfied
- C’est plus comme avant (avec Marianne Beaulieu)
- This Is How I Let You Down
- In Your Heart

Catherine Lévesque | Journaliste
La première question que te posera Catherine en te rencontrant, c’est certainement à propos de musique. Grande passionnée de musique en tout genre, dès son plus jeune âge, celle-ci comprend que c’est à ses yeux, le plus merveilleux des moyens de communiquer. À travers ses mots et en parallèle à sa carrière en intervention sociale, Catherine profite de chaque opportunité pour offrir une belle vitrine à ses artistes préférés et à ses plus récentes découvertes. Tu risques fortement de la croiser dans un concert ici – ou ailleurs sur la planète.
