La SuperFrancoFête est de retour cette année et son premier spectacle, intitulé L’été de mes chansons, a pris la forme d’une grande célébration de la chanson francophone. Le 15 août, l’Agora du Port de Québec a accueilli une belle variété d’artistes — Michel Rivard, Mara Tremblay, Pierre Kwenders, Matiu, Ariane Roy, entre autres — pour faire rayonner la francophonie. En plus d’être offert gratuitement au public, le spectacle était diffusé en ligne sur toutes les plateformes. Comme l’a souligné Mara Tremblay en ouverture, c’était une occasion unique de réunir plusieurs générations de musiciens afin de célébrer notre belle langue.
Les hommages
Des reprises étaient dispersées tout au long de la soirée. La première était Chante encore de Daniel Bélanger, interprétée par Mon Doux Saigneur, Ariane Moffatt et Rose Perron (Rau_ze). Michel Rivard et Matiu ont offert une reprise ludique de Jack Monoloy de Gilles Vigneault, une chanson qui raconte l’amour entre un homme autochtone et une femme blanche.
On a aussi participé à une séance de karaoké, présentée par Lydia Képinski. Elle a été rejointe par Naomi, Rose et Ariane Moffatt, et toutes les quatre ont chanté C’est zéro de Julie Masse, Vivre dans la nuit de Nuance, T’oublier de Marie Carmen et Chats sauvages de Marjo. Les paroles étaient projetées sur un écran incliné sous le plafond de la scène — une touche innovante qui aurait pu être exploitée plus souvent.
Les écrans et l’éclairage ont grandement contribué au spectacle. L’interprétation de Le Dôme de Jean Leloup a été particulièrement puissante : la scène s’est transformée en une vaste forêt verte et vibrante. Mara Tremblay, Les Louanges et Mon Doux Saigneur ont partagé le chant, tandis que la foule reprenait le refrain.
La soirée s’est conclue par un hommage à Serge Fiori. « La dernière chanson est de toi et nous la chanterons pour toi », a lancé Michel Rivard, avant que lui, Pierre Lapointe et Lou-Adriane Cassidy interprètent Depuis l’automne d’Harmonium. Vers la fin, les autres artistes sont remontés sur scène pour chanter tous ensemble.


Les connaisseurs et la relève
En réunissant les générations, le spectacle a rassemblé des artistes vus à la fois comme des icônes de la musique québécoise et toujours aimés du public de tous âges. Plus âgés mais encore dynamiques, ils ont présenté quelques chansons de leur répertoire tout en partageant la scène avec des artistes plus émergents. Par exemple, Mara Tremblay a choisi deux de ses chansons scintillantes pour l’occasion — Tu n’es pas libre et Le printemps des amants. Pour cette dernière, elle a été rejointe par Ariane Roy et Lou-Adriane Cassidy à la voix. Ensemble, elles ont dégagé une énergie hypnotique. L’apparition de Pierre Lapointe a apporté un moment de calme et de jubilation : Hymne pour ceux qui n’excusent pas s’est conclue par une explosion de confettis, avant d’être suivie par Maman, Papa.
Lou-Adriane Cassidy et Hubert Lenoir sont deux icônes d’aujourd’hui, et leur présence sur scène ce soir-là respirait la confiance. Lou-Adriane Cassidy a interprété Dis-moi, dis-moi et Journal d’un loup-garou avec fougue, vêtue d’un t-shirt court orné d’une fleur de lys. Pour la première, elle a débuté cachée dans la foule. Hubert Lenoir est « sorti de son studio » pour saluer le public et interpréter sa chanson Fille de personne II. L’accueil a été chaleureux, et une partie de la foule s’est même mise à scander « Le Québec, un pays » à répétition — une phrase qu’il connaît bien.
Pour résumer l’esprit intergénérationnel du spectacle, on peut revisiter le moment où Les Louanges a présenté La nuit est une panthère. Les adolescents et jeunes adultes près de la scène ont chanté toutes les paroles à pleine voix, tandis qu’un homme plus âgé devant moi les observait avec fascination et amusement. Il a avoué ne pas connaître la chanson, mais semblait impressionné par la passion de la foule.


La joie
Parfois, des spectacles réunissant plusieurs artistes et chansons variées, dans le but de faire chanter et danser le public, peuvent sembler un peu exagérés. Pourtant, il y avait une réelle authenticité tout au long de L’été de mes chansons. La soirée a débuté avec Paruline Paruline de Damien Robitaille. Accompagné de sa guitare acoustique ainsi que des musiciens et choristes de la soirée, il a mis l’accent sur les paroles.
La joie des artistes était également palpable tout au long du spectacle. Pendant un medley de chansons d’amour — interprété par Hubert Lenoir, Mara Tremblay, Pierre Kwenders, Matiu, Rose et Damien Robitaille — Hubert et Rose ont échangé des rires complices de façon subtile. La même complicité s’est retrouvée entre Lydia Képinski et Les Louanges à la fin du spectacle.
Le rassemblement intergénérationnel, tant chez les artistes que dans le public, se poursuivra en août avec le Grand concert de la francophonie, Marie-Mai, Dadju et l’événement 25 ans de Notre-Dame de Paris.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Photo crédit: Eric Myre

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