Quand l’amour tourne mal… c’est le fil conducteur de Six Petits Cœurs Brisés, la websérie de Camille Mongeau (scénarisation) et Émile Lavoie (scénarisation et réalisation). Six histoires d’amour qui dérapent, entre drame, horreur et humour noir, portées par des acteurs de renom.
La série Six Petits Cœurs Brisés rassemblera des acteurs et actrices talentueux : Jean-Michel Anctil, Pascale Montpetit, Paul Ahmarani, Marc Beaupré, Lou-Pascal Tremblay, Brian Piton, Kathleen Fortin, Camille Mongeau, Greg Beaudin, Juliette Gariépy, Katrine Duhaime, Hugo Giroux, Bernard Fortin, Maxime Genois, Pierre-Luc Lafontaine et Laurence Boileau.
D’où est venue l’idée de créer la série Six petits cœurs brisés ?
Émile : En fait, le concept de la série, c’est six histoires qui n’ont pas nécessairement de lien les unes avec les autres. C’est une série anthologique : six histoires fermées, six épisodes, six lieux, six personnages. À la base, c’étaient juste des histoires qu’on avait écrites au cours des dernières années, des histoires qui avaient toutes un point en commun, qui étaient des histoires de cœur qui finissent mal, des histoires d’amour qui finissent mal, des trucs un peu tordus. On s’est rendu compte que, si toutes nos histoires avaient un lien ensemble, on pourrait les mettre ensemble, ça ferait vraiment du sens. Et ça deviendrait une super belle série anthologique. C’est un peu de là qu’est partie la prémisse.
Est-ce que vous pouvez me présenter un peu le background de la série web en général ?
Camille : C’est une série anthologique qui présente six épisodes d’histoires de cœur qui finissent mal. Là-dedans, on a autant des retrouvailles du secondaire qui tournent au vinaigre qu’un accouchement qui se passe très mal. En fait, c’est un peu ça : ça finit toujours mal.
Au niveau de la création de la série, notre but était clair. On a six épisodes, qu’on aime visualiser comme six petits courts métrages. On voulait avoir des acteurs vraiment significatifs. Pour chaque épisode, l’idée était de créer de véritables duels d’acteurs. Chaque épisode a son univers, son esthétisme, et ce sont des acteurs de renom qui viennent tout porter et jouer de façon magnifique.


Quelles ont été vos principales inspirations pour créer le ton et l’ambiance de la série ?
Émile : Chair de poule (Goosebumps), c’est un peu notre inspiration. Sinon, Black Mirror pour les plus récents. Fais-moi peur ! (Are You Afraid of the Dark?), qu’on aimait beaucoup. Même le personnage de Paul Ahmarani qu’on voit dans la bande-annonce fait un peu penser au R. L. Stine de Goosebumps ou Les contes de la crypte (Tales from the Crypt). C’est comme le présentateur qui va annoncer chacune des histoires. Il aura toujours un petit commentaire moral sur l’histoire, puis ensuite on rentre dans l’histoire, pour revenir à la fin avec un espèce de « je vous l’avais dit, ça finirait mal », quelque chose comme ça. Paul Ahmarani va être un peu comme le maître du jeu.
Est-ce que les histoires gardent tout le temps les mêmes tournures, avec cette ambiance mystérieuse à la Chair de poule, où la situation semble se rétablir mais ce n’est qu’un mirage ?
Émile : La plupart des histoires finissent un peu comme ça. On aime en avoir une qui finit peut-être de façon plus optimiste, et une autre qui se termine de manière plus dramatique. C’est ça : on insère quelques histoires qui vont surprendre justement parce que tu t’attends à ce que ça finisse mal… et finalement, non, celle-là est correcte.
Camille : Certaines histoires se répondent aussi. On place de petits Easter Eggs pour que, par exemple, si tu écoutes le premier épisode puis que tu arrives au cinquième, tu te dis : est-ce que c’est en lien avec tel personnage du premier, juste un petit clin d’œil pour jouer avec le spectateur et s’amuser un peu.


Est-ce qu’on va voir des acteurs dans plus d’un épisode ?
Camille : Il y a un personnage qui est présent dans le premier épisode et qui revient dans le dernier, mais un peu transformé. Tu te demandes ce qu’elle vient faire là, et c’est assez inquiétant.
Émile : C’est le personnage de Camille, en fait. Elle joue Marika, elle est un peu psycho.
Camille, présente-moi ton personnage.
Camille : Mon personnage s’appelle Marika. C’est une fille qui a eu un passé assez trouble au secondaire, elle s’est fait un peu « bully». Elle arrive à un moment de sa vie où elle veut reprendre le contrôle et se venger un peu des gens qui lui ont fait du mal à travers son parcours. Le premier épisode s’appelle Les retrouvailles. Elle invite chez elle deux amis du secondaire, des « frenemies », pour un simple dîner. Mais on comprend rapidement qu’elle a d’autres intentions et qu’ils sont un peu piégés dans ce setup.
Émile : C’est comme une version vraiment sombre du film Le Dîner de cons. La première fille qu’on voit dans la bande-annonce s’appelle Krystel, celle qui « bully» Marika au secondaire. Dix ans plus tard, après que Marika ait disparu, Krystel reçoit une lettre : « On vous invite à la maison, au manoir. » Krystel et Marika venaient d’un milieu de classe moyenne plutôt nantie. Quand Krystel arrive, elle découvre que Marika vit dans un manoir et que son chum, Thierry, est joué par Lou-Pascal (Tremblay), est un acteur très connu. On se demande comment Marika a réussi à en arriver là.
Émile : Dans le dernier épisode, on retrouve Marika dans un chalet. En tant que spectateurs, on sait déjà qu’elle est « weird ». Elle est avec un gars joué par Pierre-Luc Lafontaine. Ils s’ennuient un peu, et il sort un jeu de société appelé Bouyah. Il n’y a qu’une règle : ne pas tricher. Mais le chum de Marika triche, et à partir de ce moment-là, des événements étranges commencent à se produire dans la maison. On sent une présence qui les observe. La maison devient hantée, et tout se passe dans l’ambiance typique d’un film d’horreur.
Camille : C’est un peu comme un nouveau genre de Jumanji.
Peut-on quand même s’accrocher à ton personnage ?
Camille : Oui, parce qu’on peut se retrouver dans ce personnage. C’est une personne blessée qui essaie de se faire justice… de la mauvaise façon. Mais c’est juste quelqu’un qui a été blessé. Je pense que chacun de nous a un souvenir ou une expérience similaire qui permet de se connecter à Marika.
Émile : Je pense que c’est un peu une façon détournée de parler des médias sociaux. Quand tu revois tes amis d’il y a dix ans qui sont maintenant chefs d’entreprise, avec de grosses maisons, des bateaux, etc., Marika se dit : « Ah, je l’ai connue, cette fille ! » Ça crée de la jalousie et ça te fait réfléchir : « Qu’est-ce que j’ai, moi, aujourd’hui ? »
Vous avez l’air à être plus indépendants, donc plus numériques, concours et festivals ?
Camille : En fait, nous, on vient du cinéma. On a fait deux courts métrages. Le prochain sera présenté en première au VIF (Festival international du film de Vancouver) en octobre à Vancouver, et notre autre court métrage, qui est un film d’horreur, a circulé dans 30 festivals. On a gagné huit prix au cours de la dernière année. On aime vraiment l’expérience en salle et voyager avec nos œuvres.
Avec cette websérie, on veut recréer ce même esprit en proposant un roadshow. La série sera disponible en ligne, mais aussi présentée dans différentes salles comme un long métrage, avec une projection spéciale des six épisodes à la suite, en présence des acteurs, grâce au soutien de h264. En parallèle, une plateforme gratuite en ligne dédiée uniquement à la série sera lancée.


On ne s’attend pas nécessairement à ce qu’une websérie indépendante attire autant d’acteurs de renom.
Camille : En fait, ça fait cinq ans qu’on travaille ensemble et on a fait plusieurs projets. On a rencontré ces acteurs à travers nos autres projets plus indépendants. Moi, en tant que comédienne, j’en avais rencontré plusieurs : par exemple, Paul Ahmarani jouait mon père dans 30 vies, Marc Beaupré jouait mon mari dans Ruptures. Ce sont des gens avec qui j’ai gardé contact et avec qui on aime travailler. Jean-Michel Anctil a joué dans notre dernier court-métrage. Dès qu’on les appelle pour un nouveau projet, ils disent oui. Peu importe le cachet ou l’envergure, ils sont là. On est vraiment chanceux et contents de ça.
Émile : On est vraiment honorés. Ce genre de projet n’est pas fait pour s’en mettre plein les poches, c’est pour l’amour de jouer et l’envie de faire des trucs un peu en marge, un peu décalés. Par exemple, Lou-Pascal Tremblay, qu’on ne voit pas dans la bande-annonce, a accepté rapidement parce qu’on se connaissait déjà grâce à nos collaborations précédentes. Quand il a vu la bande-annonce, il était emballé, comme si le projet apparaissait sous ses yeux tout seul. Le côté pratique, c’est que ces acteurs ont des emplois du temps chargés, mais étant donné qu’ils ne sont présents que pour un épisode, ça demande moins de journées de tournage. On peut ajuster la production autour de leurs horaires, ce qui est gagnant pour tout le monde.
C’est rendu à quelle étape du processus en ce moment ?
Camille : On vient de lancer la bande-annonce et on est en train de compléter le dossier pour le Fonds indépendant de production (FIP). C’est un programme à travers le Canada qui existe depuis une dizaine d’années. Chaque année, ils reçoivent des projets de webséries de créateurs émergents et en sélectionnent quelques-uns. Cette année, ils ont reçu 200 projets et en ont choisi 17 à travers tout le Canada, dont environ huit québécois. Ils nous accordent une bourse pour créer une bande-annonce et écrire les premiers épisodes. Ensuite, tous les projets sont évalués et ceux sélectionnés passeront en production en 2026. C’est vraiment un fonds qui permet aux jeunes voix, qui n’ont pas forcément de liens avec les diffuseurs ou qui ne sont pas établis, de créer et de se faire entendre. Nous, on correspond parfaitement à cet esprit.


Qu’est-ce que vous aimeriez dire pour garder en haleine les spectateurs qui liront ?
Camille : Comme je le disais avant, c’est une production indépendante. Une production qui n’a pas peur d’essayer de nouvelles choses et d’être différente. Si vous aimez le contenu un peu plus en marge, un peu éclaté, un peu « weird », je pense que Six Petits Cœurs Brisés est parfait pour vous accrocher.
Camille : Je reviendrais aussi sur les acteurs. Ce sont tous d’excellents comédiens, et on leur propose des rôles qu’ils n’ont jamais faits. Des rôles qu’ils n’ont jamais expérimentés à la télé ou au cinéma. On va s’amuser à créer des personnages vraiment complexes. Rien que pour les performances, ça va valoir le coup. L’horreur est de retour, et elle est partout. C’est la mode cette année, et nous, on est dedans.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
