Dans le Salon du livre de Montréal se trouvait un espace dédié au Centre culturel marocain à Montréal. C’est là que nous avons rencontré deux auteurs casablancais et époux dans la vie.
Soumaya Naamane Guessous
L’auteure, publiée chez Marsam, est aussi sociologue et enseigne à la faculté des lettres et des sciences humaines de Casablanca. Elle est également chroniqueuse pour le site internet marocain LE 360.
Est-ce que le fait d’être sociologue est important dans votre métier d’écrivain ?
Oui, car, en tant que sociologue, je fais beaucoup de terrain. Je m’intéresse à tout ce qui est une mutation sociale, les impacts sur la société, les relations hommes-femmes, le genre, la parité, la défense des droits des femmes à travers le monde et au Maroc, mais aussi à la paix entre les différentes cultures.
J’ai publié plusieurs essais qui concernent justement cette relation hommes-femmes et l’évolution de la condition féminine. Mon premier livre au Maroc a été sur la sexualité, dans les années 80, Au-delà de toute pudeur, le plus grand bestseller marocain [paru chez Eddif Maroc]. C’était la première étude sur la sexualité au Maroc.
De quoi parlent vos ouvrages ?
Nous les femmes, Vous les hommes parle de leur relation intime, à l’amour, leur sexualité ou le partage des rôles dans le foyer. Pour Vous les hommesil s’agit de mes chroniques qui concernent les hommes dans le contexte marocain. Femmes dans le Maroc d’hier et d’aujourd’hui aborde lui l’évolution des pratiques et des mentalités des femmes.
Et pour votre dernière publication C’est pas juste ?
C’est une sorte de plaidoirie pour toutes les injustices au niveau de la loi et les grands chantiers à réformer.


Dr Chakib Guessous
Le socio anthropologue a présenté son récent essai Mariages précoces, de l’antiquité à nos jours, aux Éditions la croisée des chemins. Était disponible également sur le stand Mariage et concubinage dans les pays arabes, aux mêmes éditions, ou Enfants en situation de rue, chez Marsam.
Pour Mariage et concubinage dans les pays arabes, quelles ont été vos observations ?
L’âge du mariage a reculé dans les pays occidentaux, mais aussi arabes. Entre la puberté et l’âge du mariage, pendant une quinzaine d’années où les jeunes hommes et jeunes filles ne sont pas mariés, ils ont des besoins affectifs et sexuels. Dans les pays occidentaux, les jeunes gens peuvent avoir des relations sexuelles, dans les pays arabes qui sont majoritairement musulmans, elles sont interdites. Les jeunes ont essayé de trouver des formules sous couvert de la religion. Cet essai traite de cela, dans la situation d’aujourd’hui. Il y a une analyse du mariage dans le contexte musulman, qui permet de comprendre la gymnastique qui est faite pour pouvoir rendre certains mariages acceptés par la religion ou pas.
Mariages précoces dresse-t-il un portrait de ce phénomène au Maroc ?
Non. Cet essai a pour ambition de traiter le problème dans le monde. Le mariage précoce touche tous les pays. Aux États-Unis, il y a encore quelques années, nous avons vu des fillettes de 14 ans mariées. Évidemment qu’aujourd’hui cela arrive plus en Afrique. Mais la problématique méritait d’être étudiée à l’échelon planétaire, et cela depuis l’Antiquité.
Cela n’arrivait pas avant ?
Non, justement. Ce n’est apparu qu’au moment des civilisations, une fois que les populations se sont sédentarisées, au départ dans le pourtour méditerranéen, sur le bord de l’Euphrate. Avant les peuples primitifs mariaient les jeunes femmes et les jeunes hommes de 17 à 20 ans. Et le livre explique pourquoi nous en sommes arrivés aux mariages précoces pour les filles.
Enfants en situation de rue concerne un pays en particulier ?
Oui, il s’agit d’une étude sociologique, collective, sur les enfants et jeunes qui dorment régulièrement dans la rue à Casablanca, au Maroc. La deuxième partie explique comment on arrive à les réinsérer. C’est le premier protocole qui est publié, avec des résultats.



