C’est mercredi soir que l’humoriste Christine Morency s’est donnée corps et âme lors de sa première médiatique à l’Olympia de Montréal. Malgré une laryngite, elle est montée sur scène pour nous présenter son premier spectacle en carrière intitulé Grâce. Accueillie comme une véritable rock star, les spectateurs lui ont rendu une ovation avant même que le spectacle ne démarre. Il est plutôt rare de voir autant d’enthousiasme lors de ce genre de soirée. Normalement, les gens de l’industrie sont plutôt réservés et en mode « analyse », mais ce ne fut aucunement le cas. Le ton était donné!

« À soir, ce ne sera pas du Shakespeare! » nous lance Christine d’entrée de jeu. Ce fut honnête. En effet, pendant plus d’une heure et demie, l’humoriste nous a proposé et imagé des histoires toutes aussi indélicates les unes que les autres, toujours ponctuée de vulgarité et d’humour décapant. Impossible d’assister à une anecdote n’étant pas lié au sexe, ou presque! Est-ce que le spectacle est « 18 ans et plus », absolument! Est-elle sur son X ? Plus que jamais! Et on se demande pourquoi elle a tant attendu avant de nous offrir son premier one woman show.
Certes, elle ne plaira pas à tout le monde. Celles et ceux qui recherchent une écriture fine et sans blasphème seront très déçus. Pourrait-elle réduire ses références à son entre-jambe, peut-être. Mais il est évident que l’humoriste vise un public qui se situe entre celui de Mike Ward (elle a d’ailleurs fait sa première partie pendant un bon moment) et Mariana Mazza, tout en touchant à Lise Dion qui fût visiblement une inspiration.

Elle nous offre son propre style, et impressionne avec, en bon québécois, un delivery irréprochable! Elle maîtrise à la perfection le timing qui fait toute la différence. Une seconde de plus et certains gags tombent à plat. Mais Christine impressionne sur ce plan, nous bombardant d’images et de situations loufoques auxquelles nous n’aurions jamais pensé. Son énergie transcende le texte, qui est parfois plus banal que songé, mais peut-on vraiment demander autre chose? Le sujet de la grossophobie est abordé de manière efficace sans devenir lourd et moralisateur. Elle trace une ligne mince au bon endroit et s’aventure même sur le sujet glissant du consentement avec habileté.
En allant voir Christine Morency, on doit accepter de se faire mitrailler de blagues salaces et même parfois malaisantes. Avis aux consommateurs d’humour! Cette humoriste a sa place dans notre industrie et plaira assurément à une grande partie de la population.
On peut la suivre partout au Québec dans sa nouvelle tournée sur son site web www.christinemorency.com







TAPIS ROUGE



























