PETiTOM est animé par la scène et par les nouveaux projets. Ayant grandi à Québec, il a ensuite lancé sa carrière musicale à Montréal avant de partir en France où il s’est trouvé dans le rôle principal de Molière, l’opéra urbain. Actuellement, il passe son temps entre Paris et le Québec, et ce mélange des cultures francophones est visible dans son identité.
Le 14 septembre, PETiTOM a joué un spectacle intime au Ministère, à Montréal. Il a joué les chansons de son EP (sorti en 2022) d’une manière acoustique et il a présenté des nouveautés. Il a aussi chanté quelques chansons de Molière, dont Rêver j’en ai l’habitude et On se moque (la deuxième avec la chanteuse Lou qui joue Armande Bejart). Les personnes françaises devant la scène étaient notamment enthousiastes tout au long du spectacle, ce qui avait souligné la popularité de l’artiste en France.
Alternant entre le piano (qui a été construit par lui-même et son père) et la guitare acoustique, l’auteur-compositeur-interprète et danseur a présenté ses chansons avec honnêteté et bonheur. C’était la première fois que les nouveautés ont été jouées, donc c’était comme si le spectacle était un aperçu personnel de son processus créatif.
On a rencontré Tommy Tremblay, alias PETiTOM, avant le spectacle pour parler de la langue, de son parcours, de sa part dans le Grand concert de la francophonie à la SuperFrancoFête, et de ses projets à venir.





Pour commencer, pourrais-tu raconter un peu ton parcours artistique? On a l’impression que tu fais beaucoup de choses en ce moment!
Tout a commencé par la danse. Ma première passion était le cirque quand j’étais jeune, mais j’ai commencé par le breakdance. La musique est née à travers la danse. C’était comme si mon corps devenait un instrument de musique. J’ai fait Mixmania (en 2011), où j’ai dansé et chanté, et ça m’a donné ma première approche au média et comment ça fonctionne avec les fans. J’ai fait du théâtre quand j’étais plus jeune, mais je l’avais mis à côté. J’ai fait quelques comédies musicales au Québec, puis le Cirque du Soleil m’a engagé. Avec Molière en ce moment, c’est comme une compilation de tout ce que je faisais.
Pourquoi as-tu décidé de faire ce spectacle maintenant et pourquoi as-tu décidé de le faire acoustique?
On me reconnaît en tant que danseur et cette année était magnifique avec Molière, mais il y avait des moments difficiles que j’exprime à travers la musique. Je fais ce spectacle ce soir à Montréal parce que c’est chez moi et ma musique est née ici. Je pars en tournée la semaine prochaine et j’avais envie de faire un spectacle ici pour présenter mes nouvelles chansons en exclusivité. Je voulais le faire acoustique parce que les chansons sont vraiment dans les émotions. J’ai l’impression que c’est plus authentique quand c’est acoustique. Même quand j’étais jeune, je rêvais de faire un show comme ça et je me suis dit que c’est maintenant le moment parfait de le faire.
En ce qui concerne les nouvelles chansons, quand les as-tu écrites? Est-ce que ton style a changé depuis le EP?
J’ai sorti un EP acoustique et, même si ces chansons sont acoustiques, je vais les changer ce soir pour qu’elles soient un peu nouvelles. Je dirais que mon style a changé. Je pense que me baigner dans la culture de la France a changé mon art et ma personnalité. Au moment de l’écriture, j’écoute différents artistes et je travaille avec différents artistes. Forcément, mon art évolue vers une autre direction. Mon dernier EP était plus rap et maintenant j’ai plus envie de chanter mes émotions.
Pourrais-tu parler de ton rôle dans Molière? Le théâtre a-t-il toujours fait partie de ta vie?
J’en ai fait un petit peu. Je ne pensais pas qu’un rôle comme celui-là arriverait aussi tôt. Quand je suis parti en France, c’était pour faire de la musique et développer mon projet. Finalement, on m’a proposé un rôle dans une énorme comédie musicale dans le style du hip-hop, du rap, et de la pop. Ce n’était pas comme une comédie musicale traditionnelle, donc ça m’a beaucoup intéressé. Je joue le rôle d’un metteur en scène et d’un acteur, donc j’étais tellement fasciné par qui il est. Maintenant, à Paris, je préfère aller au théâtre qu’au cinéma. Je trouve que c’est le live et le vécu. En tant qu’acteur, c’est une façon d’être quelqu’un que peut-être qu’on l’habitude de juger dans la rue. Ça te force à être une personne que tu as préjugée et à ressentir la compassion. C’est libérant d’être quelqu’un d’autre pendant un moment. Actuellement, j’ai un bel équilibre entre le jeu, le chant et la danse.





La pièce est basée sur Molière, mais le style est plus moderne avec les chansons de rap et pop et l’inclusion du verlan. Vu que Molière est quelqu’un de très important concernant la langue et la culture francophone, qu’est-ce que tu penses de la modernisation dans la pièce?
Je l’adore! Je trouve que si on reste toujours coincé dans le passé, ce sera un peu difficile et redondant. On cherche toujours à évoluer. On ne devrait jamais oublier où l’on vient et l’histoire de Molière a marqué grave la francophonie et la langue française. On doit se rappeler comment la langue est née et comment on peut la pousser. Je joue Molière, mais je le trouve tellement fascinant de moderniser l’histoire, même dans les costumes et le décor. C’est un mélange du passé et d’actualité.
Est-ce que ton rôle de Molière t’a fait voir la langue d’une nouvelle manière? As-tu appris des choses?
Vraiment! Au Québec, le français est différent, même si c’est le français original de la France. En France, la langue a évolué. En plus de Molière le verlan à Paris m’a amené à développer mon français et à avoir un nouveau dictionnaire. Quelle beauté le verlan! Je trouve la langue française belle. Il y a tellement de teintes, au Québec, au Nouveau-Brunswick, en France. Grâce au projet, j’ai rencontré des gens qui parlent des variations du français.
À quoi ressemble la vie en France pour toi ? Quelles sont les similitudes ou les différences entre la vie là-bas et au Québec?
Il y a tellement de différences. On dit que c’est la même langue, mais ce n’est tellement pas le cas. Elles s’expriment de manière tellement différente. Ici au Québec, je me sens beaucoup plus chill et reposé, mais en France j’ai envie de travailler et m’inspirer. Je sens que tout le monde est dans cette énergie là-bas. J’adore Paris parce que je veux créer et je suis bien entouré. Au Québec, c’est un moment pour me reposer et pour être dans la nature. C’est tellement important pour moi.
Cet été, tu as fait partie du Grand concert de la Francophonie à la SuperFrancoFête. Quels étaient tes sentiments après? Je pourrais voir la joie sur ton visage tout au long du spectacle!
J’ai adoré. Je me suis retrouvé avec les grands artistes français comme Jenifer, M. Pokora, Patrick Bruel, ainsi que Bruno Pelletier et Daniel Lavoie du Québec. J’étais comme wow, je suis vraiment là et j’ai réalisé que, finalement, on n’est pas si différent. On chante parce qu’on aime ça. J’ai tellement de plaisir d’être sur scène avec un micro. En plus, ça fait un an que je n’ai pas joué au Québec donc c’était un énorme plaisir.



Selon toi, quelle est l’importance d’un festival comme ça qui célèbre la francophonie, surtout maintenant que tu passes ton temps entre le Québec et la France?
C’est une façon de rassembler le Québec et la France et les artistes qui viennent de là. Je le trouve beau, ce pont-là qu’on crée. C’était là depuis très longtemps, mais j’ai l’impression que le pont est plus fort ces temps-ci. Les événements comme le Grand concert de la francophonie célèbrent la francophonie. On avait Biz qui criait «Québec! c’est le cœur du pays» puis tout le monde chantait «Emmenez-moi au bout de la terre.» C’était le spectrum complet et, pour moi, c’est la francophonie. C’est pour ça que j’aimerais avoir un pied à Paris et au Québec.
Ta première passion était la danse. Y a-t-il un lien entre la création de la danse et la création de la musique?
Tout a commencé par la danse. Cependant, quand je m’exprime en danse, c’est pour libérer un truc qui est plus abstrait. Je freestyle, je bouge. La musique et l’écriture, c’est plus pour comprendre comment je me sens et ensuite le chanter. Si j’ai une douleur et je n’ai pas envie de savoir pourquoi, je danse pour que ça sorte.



Pour terminer, tu vas faire partie d’une série qui s’appelle Danse!, diffusée sur le Club illico. Pourrais-tu parler un peu de ce projet?
Il sort la semaine prochaine. On l’a tourné il y a un an alors je me sens un peu bizarre de me voir sur l’écran un an plus tard. J’ai adoré l’expérience parce que c’est un rôle complètement distinct de Molière. Je joue en québécois et ce qui est beau c’est que l’histoire est basée sur la danse. C’est une fiction sur l’histoire de la compétition Révolution. On voit souvent les danseurs sur scène mais on ne connaît pas leur vie. On pense que c’est beau mais il y a souvent beaucoup de petits problèmes. Dans DANSE, je joue Clément Coulombe et je suis dans un triangle amoureux. Il est très jaloux et possessif et il exprime ses émotions à travers la danse. C’était très cool de jouer ce rôle.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
