Parmi les nouveaux personnages de la deuxième et ultime saison de L’air d’aller, on retrouve Nour qui est brillamment interprétée par Mounia Zahzam. Voici une entrevue réalisée avec l’actrice à l’aube de la diffusion du premier épisode le mardi 19 mars à 21h sur Télé-Québec.
Parle-moi de ton expérience sur L’air d’aller…
Ça a été une super expérience. C’est le fun parce que j’avais passé l’audition pour le personnage de Cindy lors de la première saison, et je n’ai pas eu le rôle. C’est parfait parce que Noémie (Leduc-Vaudry) fait une job extraordinaire et ça fitte à fond avec sa personnalité.
L’année suivante, on m’a rappelé parce qu’on avait bien aimé ce que j’avais fait. Sarah (Pellerin), réalisatrice de la série, voulait travailler avec moi. On m’a offert le personnage de Nour, j’étais vraiment contente. Je connaissais Joakim (Robillard), on avait passé des auditions ensemble pour le théâtre. Je me suis dit que c’était sûr que ça allait cliquer avec lui.
Ce que mon personnage vit dans cette série-là, il y a une réelle rencontre qui se fait. Nour est très présente pour Jimmy (Joakim Robillard) qui lui vit toutes sortes d’affaires. Mon personnage ne connaissait pas la maladie comme moi. Je rentrais vraiment en tant qu’actrice dans le processus et aussi en tant que Nour qui rencontre Jimmy et sa réalité. Elle est vraiment là pour l’aider, le soutenir dans ses décisions, le calmer et lui donner confiance.
Jean-Christophe (Réhel) a écrit une série vraiment touchante et drôle. La série est dramatique par moment, mais pas dans le tragique. C’est très beau, lumineux et comique. On dirait que tout le monde a mis sa touche et son essence pour rendre ça encore plus riche. Je trouve que ce plaisir qu’on a tous à jouer, à réaliser, à diriger et à produire se sent dans l’image. Ç’a été un super projet pour moi, je suis vraiment contente d’y avoir participé.


Présente-moi un peu ce qui arrive au personnage de Joakim…
Dès le premier épisode, le groupe d’amis, composé de Cindy, Gabriel (Antoine Olivier Pilon) et Jimmy, apprend une bonne nouvelle comme quoi ils peuvent avoir accès à quelque chose qui atténuera et réduira les effets secondaires de cette maladie. Ce médicament, nommé Bynucin, aide les gens qui sont atteints de la fibrose kystique, mais ils ne sont pas tous compatibles au médicament. C’est ce qui survient avec Jimmy qui ne peut pas prendre ce médicament. Quand il retourne chercher son ancienne médicamentation à la pharmacie, il a un coup de foudre avec Nour, la technicienne en laboratoire de la pharmacie, qui est interprétée par moi.
Elle l’a trouvé tellement charmant avec sa timidité ainsi que sa franchise et tout ce qui s’est permis d’être devant elle pendant ce moment de rencontre. Quand elle a l’occasion de le contacter à nouveau, elle propose de passer un moment avec lui. À la suite d’une situation moins évidente pour elle, elle a un peu peur parce qu’elle ne connaît pas cette maladie. Elle se surprend elle-même à embarquer dans quelque chose ne sachant pas quelle réalité elle vivra.
Rencontrer Nour donne un espoir de vie à Jimmy. Il y a quelque chose qui lui donnera envie de vivre encore plus, malgré la médicamentation et le fait qu’il ne soit pas compatible avec le médicament. Physiquement, il ressent une force de vivre qu’il n’avait peut-être jamais vécue auparavant mis à part leurs folies qu’ils font dans la gang. Il souffre beaucoup, il tousse, il crache du sang, c’est vraiment intense. Il ne peut pas courir, il ne peut pas faire de sport. Quant à elle, Nour est très active et elle ne condamne pas. Ce qui est très beau dans la série, c’est que mon personnage ne condamne pas la maladie. Elle a peur de ce qu’elle va vivre, mais elle ne condamne pas le personnage sur qui elle va tripper.
Est-ce qu’on peut dire que c’est un personnage parfait pour toi au niveau de l’interprétation comme elle est remplie de bonnes intentions et qu’elle a un côté bubbly ?
Complètement. Je pense que je suis aussi une personne très lumineuse dans la vie. Avec la lumière, l’amour et l’unicité qu’il y avait sur ce plateau de tournage, ça fait en sorte que le personnage était pour moi et je suis très contente de l’avoir interprété. Je l’ai interprété avec amour, liberté et confiance, je me suis sentie bien. J’avais un peu peur au début parce qu’il y a beaucoup de choses qui se passent, il y avait beaucoup de premières fois. C’était vertigineux par moment, mais en même temps j’avais beaucoup de confiance.


Donne-moi un exemple de première fois…
C’est la première fois que je faisais du roller blade sous la pluie ! On a eu toutes sortes de péripéties sur le plateau de tournage avec les intempéries de la nature. Mère nature voulait participer au projet.
Qu’est-ce que tu retiens de toute cette expérience ?
J’ai adoré rencontrer tous ces artistes incroyables, spécialement la réalisatrice Sarah Pellerin et le directeur photo Simran Dewan. J’ai bien aimé partager les scènes avec mon ami Joakim Robillard qui m’a touché, ému et fait rire tout le long du tournage. C’est un grand acteur.
Cependant, c’est une tragédie que l’aventure de L’air d’aller soit déjà finie après seulement deux saisons; c’est une autre série qui tire sa révérence trop tôt. Ça me fait peur pour l’avenir de la culture en général. Je ne crois pas que Jean-Christophe soit allé jusqu’au bout de son écriture. Je ne comprends pas le pari qu’on fait avec le téléspectateur. On essaie d’éduquer un public et des spectateurs pour qu’ils soient au rendez-vous et qu’ils s’attachent aux personnages. Et là, on tire la plogue avant même qu’ils y aient eu le temps de se déposer. Il faudrait un Bynucin pour la culture aussi!
On est tellement talentueux au Québec. Il y a tellement de talent. Il y a de bons auteurs, autrices, réalisateurs, réalisatrices, directeurs photo et directrices photo ainsi que des acteurs et actrices extraordinaires. Alors, comment ça se fait qu’on arrête une série comme ça ? Les gens s’investissent et travaillent sur leur projet pendant des années. Ils réussissent, enfin, à avoir des subventions et à monter tout un projet. Il y a plein de monde qui travaille là-dessus avec cœur et passion. Tout d’un coup, on apprend que c’est la dernière saison et on le sait très tard …
Heureusement, la saison 2 est très complète et entière, mais il y avait encore de l’espace. Il y avait des choses et des réalités à raconter. La fibrose kystique existe encore. Pourquoi faut-il arrêter la série alors ? J’ai vécu la même situation avec Les moments parfaits qui a été débranchée après deux années et demie.
Je ne sais pas comment je peux m’investir en tant qu’actrice sur un projet. Ce n’est pas bon de tout donner, il faut donner au compte-gouttes, nourrir le personnage et permettre au personnage d’évoluer. Tu ne peux pas tout donner frontalement. Je ne sais pas où on s’en va avec la culture.
Qu’est-ce qu’il faut de plus pour continuer à produire nos séries ? Je trouve ça un peu troublant, je suis un peu confuse sur ce qui se passe.


Entrevues réalisées lors du visionnement de presse

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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