Après le succès de la première saison autant du public que des critiques, L’air d’aller sera de retour à l’écran avec une nouvelle saison dès le mardi 19 mars à 21h sur Télé-Québec.
Voici des entrevues réalisées avec Noémie Leduc-Vaudry, Antoine Olivier Pilon et Catherine St-Laurent lors du visionnement de presse médiatique des trois premiers épisodes de la série qui tirera, malheureusement, sa révérence après la diffusion de ces 10 épisodes.
On se souvient que Cindy (Noémie Leduc-Vaudry), Gabriel (Antoine Olivier Pilon) et Jimmy (Joakim Robillard) sont tous atteints de fibrose kystique, et l’histoire reprend un an après le décès de Katrine (Catherine St-Laurent) [au cours de la saison 1].
Noémie Leduc-Vaudry
Qu’est-ce qui se passe avec ton personnage dans cette nouvelle saison ? On la voit hésiter à contacter sa mère …
Cindy n’est pas en très bon terme avec sa mère Odile (Dominique Quesnel) [On peut voir sa mère dans une seule scène, dans la saison 1, où sa fille l’envoie promener en y claquant la porte au nez]. Dans cette scène, elle est fâchée qu’elle ne soit pas venue aux funérailles. Cindy pense que sa mère l’a abandonnée parce qu’elle a la fibrose kystique, et qu’elle s’est débarrassée de sa fille comme une vulgaire chaussette. Elle n’a jamais eu vraiment d’explication. Sa mère n’a jamais essayé tant que ça de revenir vers elle. Elle est dégoutée qu’elle revienne parce que son père est mort.
Il y a beaucoup de frustrations, de non-dit et même de hargne dans leur relation. Comme Cindy n’a plus de famille, il y a une partie d’elle qui se dit que ça ne serait pas pire de lui donner une chance. On voit le tiraillement, et elle hésite à y aller et elle va lui donner tranquillement une chance.
Ça va être beaucoup, beaucoup, beaucoup d’émotions et beaucoup de grosses conversations difficiles entre elles. Cindy va apprendre des choses qu’elle ne savait pas, elle va savoir pourquoi sa mère est partie. Il va y avoir une certaine réconciliation entre elles.
Est-ce que tu penses qu’on va aimer ou détester ta mère ?
Les deux ! Je pense que les gens vont être comme mon personnage, ils vont être ambivalents. Ils vont comprendre sa réalité parce qu’on va en apprendre plus sur elle. On ne va pas être nécessairement d’accord avec tout ce qu’elle a fait, mais on aura des moments où on va avoir de la sympathie pour elle. Ça va être un « mix feeling » pour ma mère.
Revenons à nos moutons avec ce que vivra ton personnage au niveau de l’amour …
Je vous présente ma vision de la situation : Cindy, comme moi, a été adoptée. C’est quand même un gros abandon d’être adoptée. Ça laisse des traces dans une vie. Dans son cas, elle a eu deux autres abandons, bien involontaires, dans la saison 1. Son père est décédé d’un cancer et sa meilleure amie Katrine est décédée pendant sa greffe. Je pense que pour le dating, c’est la même chose. Elle veut dater, elle veut avoir quelqu’un dans sa vie. Mais si ça ne fonctionne pas, elle craint le rejet et l’abandon. Alors, elle auto-sabote ses dates.
C’est un peu la même chose qu’elle vit avec sa mère, il y a une partie d’elle qui veut s’approcher du personnage de Dominique Quesnel. En même temps, elle craint de se faire rejeter à nouveau. Elle va s’ouvrir un peu plus à l’amour dans la saison 2 de façon très drôle.
En plus de la relation tendue avec sa mère et ses difficultés à dater, elle a peur de perdre Jimmy. Malgré qu’elle vit beaucoup de deuils et de choses difficiles, elle est quand même forte. Il y a cette espèce d’épée de Damoclès au-dessus de sa tête qu’elle a tout le temps peur de perdre les gens qu’elle aime.
Rassurez-vous, il y a beaucoup de lumières dans la saison 2. Katrine n’est plus là, mais les trois amis sont toujours aussi soudés. Dans cette nouvelle saison, on les voit davantage évoluer chacun de leur côté, et on voit comment la maladie impacte les gens autour d’eux.
– Noémie Leduc-Vaudry.


Comment te sens-tu à la fin de cette belle aventure ?
Je suis triste ! C’était tellement un beau projet de A à Z (le scénario, la sensibilité, la poésie, la réalisation, l’équipe, etc.) . Pour vrai, c’est un projet bonbon. C’est sûr que ç’a été mon premier rôle principal, ça va toujours avoir une place spéciale dans mon cœur. Je suis vraiment contente d’avoir travaillé sur ce projet-là.
Même d’un point de vue de la créativité, je trouve que la série est rafraîchissante et très différente de ce qu’on voit. J’aime beaucoup le fait que ce soit drôle et touchant que ce ne soit pas juste dramatique et comique. C’est un beau mix des deux à chaque épisode.
C’est le fun d’avoir participé à un projet qui a autant de nuances, et qui aborde aussi la fibrose kystique. Je suis la première à dire que je méconnaissais cette maladie. Je ne la mélangeais pas avec la sclérose en plaques; comme certains personnages. Ces gens-là sont très courageux !
Qu’est-ce que ton expérience vécue sur le projet de L’air d’aller va t’apporter pour le reste de ta carrière ?
DES SOUVENIRS IMPÉRISSABLES ! Du point de vue de la carrière, c’est un bel accomplissement pour moi parce que c’est « tough » ce milieu-là. Je n’aurais pas pu espérer un plus beau projet pour un premier rôle principal. J’ai fait plein de belles rencontres. J’ai adoré l’expérience en général, je suis vraiment reconnaissante de ça. J’espère qui va y avoir d’autres beaux projets comme celui-là qui m’attendent.
Quel est ton mot de la fin ?
De prendre bien soin de soi et de sa santé. La vie n’est pas toujours facile qu’on soit malade ou pas. Je pense que c’est vraiment important de prendre bien soin de soi et de demander de l’aide si on en a besoin. Les personnages de la série vivent tous des difficultés, c’est grâce à leurs amis et leur famille qu’ils arrivent à se sortir de plusieurs épreuves. Et moi personnellement, j’ai de la misère à demander de l’aide et je n’aime pas déranger. Prendre soin de soi, c’est important et c’est comme la première étape pour pouvoir être disponible pour les autres.
Antoine Olivier Pilon
Qu’est-ce qui se passe avec ton personnage dans cette nouvelle saison ?
On le verra dans son amour avec son copain (Iannicko N’Doua). Ils vont se marier, et le mariage va être assez « space » [un épisode complet y a été dédié]. Cela a été de belles scènes à tourner avec la préparation du mariage, dans le choix des costumes; on plongera un peu plus dans la folie du personnage de Gabriel.
On va voir Cindy, Gabriel et Jimmy se permettre de rêver un peu plus. Dans la première saison, nos personnages étaient condamnés à mourir. Dans la deuxième saison, ils sont condamnés à vivre. C’est ce qu’on ressent dans l’évolution de mon personnage dans la deuxième saison.
Est-ce que tu prends plaisir à faire vivre de bonheur ton personnage ?
Je l’aurais fait vivre pour une troisième saison aussi si ça avait été possible. Il y a de très belles scènes avec Iannicko. Il y a quelque chose qui évolue et qui s’approfondit dans leur amour que j’ai vraiment aimé.
Au niveau de la danse et des chorégraphies, j’ai vraiment senti le confort qui s’est installé par rapport à la première saison. Quand on tourne de telles scènes, c’est toujours un peu intimidant comme il n’y a pas de musique sur le plateau de tournage et qu’il y a plein de gens autour. Après avoir regardé la première saison, j’ai pu voir le travail qui s’est fait au montage. Avec de la musique, tout vient s’adoucir. Ça m’a fait du bien de réattaquer ces scènes-là en me sentant plus à l’aise.
Ça va bien en santé et en amour, mais ça semble être une tout autre histoire au travail cependant (au côté du personnage de Claudine Prévost) …
Je pense que Gabriel commence à se connaître de plus en plus et à réaliser que la version de lui-même qu’il pensait que c’était la bonne n’est pas la bonne.


Qu’est-ce que ton expérience vécue sur L’air d’aller va t’apporter pour le reste de ta carrière ?
Le confort de danser. Je m’amuse, parfois, à danser chez nous tout seul avec de la musique en faisant d’autres affaires. En travaillant avec la chorégraphe Brittney Canda, cela est venu débloquer cette espèce de plaisir à danser.
Quel est ton mot de la fin ?
J’espère que les gens vont être heureux de comment on est venu terminer la boucle de L’air d’aller. Je suis très content de la fin de la série. C’est plein d’espoir et de lumière. C’est une série dont je suis très fier. J’espère que les gens vont avoir autant de plaisir à la regarder qu’on a eu à la tourner.
Catherine St-Laurent
Parle-moi de ton implication dans cette deuxième saison …
À la base, je pense que mon personnage ne devait pas être dans la deuxième saison. Quelque part dans l’écriture, ils se sont dit que ça serait peut-être important que mon personnage revienne. J’étais très contente ! J’étais heureuse de revoir ma gang.
Le personnage de Katrine revient par petites bulles et seulement dans la tête de Jimmy, je trouve que c’est bien dosé. Jimmy se fiait beaucoup sur l’opinion de Katrine, elle était très rassembleuse dans leur gang. Quand il y a des moments de doute ou qu’il est en questionnement, Katrine réapparaît pour l’apaiser. Ça représente ce que c’est, j’imagine, le deuil de perdre quelqu’un qui est très proche de toi. Cette personne-là continue de t’habiter. Après la mort, je ne pense pas qu’on disparait complètement. On continue de vivre dans l’esprit des gens qui restent. Ça représente une façon de traverser le deuil.
Je crois qu’il a besoin d’elle pour se rassurer que ça va bien se passer même si son destin semble aller dans une direction, malheureusement, négative …
Elle le sait, elle est passée par là. Elle a comme les outils pour lui dire, par exemple, de ne pas partir en peur. C’est vraiment comme son ange gardien. Comme elle le faisait de son vivant, elle lui donne de la confiance. Jimmy doute beaucoup, il est un peu parano et il est un peu insécure, je pense que c’est important qu’elle soit là pour lui donner de la confiance. On dirait que Katrine l’aide à aller chercher cette confiance-là dans la deuxième saison.
Est-ce que tu as l’impression que ton personnage dans la saison 2 amène une certaine bonté, une certaine bienveillance au personnage de Joakim pour l’aider à traverser des épreuves ?
Oui. Dans leur relation d’amitié, je pense que Katrine était peut-être plus confrontante. Tandis que dans la saison 2, elle est plus dans la bienveillance en lui tapant dans le dos et en faisant des clins d’œil comiques. Elle ramène un peu de sa magie et son côté pince-sans-rire, mais pas dans la provocation. Elle flirtait un peu avec la limite dans la saison 1, mais là elle est plus dans la douceur et dans l’accompagnement de ce qu’il vit.


Qu’est-ce que ton expérience vécue sur le projet de L’air d’aller va t’apporter pour le reste de ta carrière ?
Cela a été une expérience marquante. On dirait que c’était la première fois que je jouais un rôle qui avait une portée sociale et que je sentais une aussi grande responsabilité par rapport, premièrement, à l’auteur parce qu’il vit avec la maladie et par rapport à tous les gens qui vivent avec cette maladie-là.
On s’est amusé avec le personnage de Catherine à lui donner une personnalité forte et à la rendre colorée, mais elle était tellement ancrée dans quelque chose de solide, de concret et de réel qui allait au-delà de l’imaginaire – soit la maladie. Ça m’a permis de construire mon personnage, ça m’a aidé en fait. Ce que je pensais qui allait être dur à défendre ou plus angoissant a été mon meilleur allié parce que tu es capable de prendre des décisions et de faire des choix pour ton personnage parce que tu sais avec quoi il « deale » au quotidien dans sa tête, par rapport à la maladie. C’est comme le personnage le plus complet que j’ai interprété.
Quel est ton mot de la fin ?
Continuer de consommer de la culture québécoise, c’est important !
Joakim Robillard
* Malheureusement, Joakim Robillard a dû quitter après la prise de photos.


Production
Scénarisation : Jean-Christophe Réhel / Réalisation : Sarah Pellerin




Rappel
Diffusion : Le mardi à 21h dès le 19 mars à la télé et en simultané sur le Web.
Sur les plateformes : Le premier épisode est offert dès maintenant sur video.telequebec.tv et sur l’appli. Les épisodes 2 à 10 seront offerts dès le 19 mars en rafale.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

1 thought on “L’AIR D’ALLER, un second souffle bénéfique !”