Pour souligner le lancement de l’album Reconstruire les saisons de Marina Orsini, paru le 14 février, voici dix questions pour dix nouvelles chansons.
Nous savons que vous portez plusieurs chapeaux. Nous connaissons Marina la mannequin, Marina la comédienne, Marina l’animatrice et Marina l’épicurienne. Alors pourquoi, maintenant, nous dévoiler Marina la chanteuse?
J’ai toujours chanté, en fait, et dans mon métier, on m’a souvent invitée à chanter pour toutes sortes de raisons. Que ce soit En direct de l’univers, des soirées-bénéfice ou un duo sur l’album de René Simard, j’ai toujours adoré chanter. Et j’ajouterais que maintenant, c’est le bon moment. Au fil des ans, j’étais très occupée ailleurs et je n’avais pas vraiment la tête à ça. Mais ces dernières années, les choses se sont concrétisées. Et puis, avec l’âge, j’étais prête à assumer. J’étais rendue là!
Regrettez-vous de ne pas vous être lancée dans la musique avant?
Tellement pas! L’album est exactement ce dont je rêvais. Il est comme je le souhaitais. Avec l’âge et l’expérience, «aujourd’hui» était le seul bon moment pour le sortir. C’est un projet riche, unique, et j’en suis extrêmement fière.


Quelle ampleur représente le travail derrière la confection d’un album ? Avez-vous suivi des cours de chant ou participé à des séances d’écriture?
Le chant a toujours fait partie de ma vie. Avant l’enregistrement des chansons, je suis retournée voir ma prof de chant. D’ailleurs, je m’y remets pour les spectacles ! Catherine Major a également été un mentor extraordinaire. Elle m’a aidée à surmonter mon syndrome de l’imposteur. Pour l’écriture, cet album-là a été créé à la campagne. J’écris dans ma campagne, où le rythme est très différent de celui de Montréal.
Comment décririez-vous votre démarche artistique, votre processus créatif?
J’ai grandi avec le public, et c’était important pour moi de garder cette proximité-là. J’ai essayé d’ouvrir mon cœur, mon intimité, et j’étais prête à partager ça avec les gens. Pour m’aider, les artistes qui m’accompagnent ont été fondamentaux pour ce projet. Je n’aurais pas accompli ce rêve seule.


Vos chansons sont riches en images. Était-ce important pour vous d’accorder une telle place à cette poésie.
Oui, vraiment ! Je voulais montrer mes élans de cœur. C’est pour ça que des gars comme Jeff Moran et Nelson Minville, des poètes exceptionnels, étaient si importants. J’ai coécrit l’album, et je me reconnais dans l’écriture. Ils n’ont pas transformé mes mots, ils les ont soutenus avec d’autres images encore plus fortes. Et puis, Richard Séguin aussi… Ça fait longtemps qu’on parle de musique ensemble, et il a embarqué spontanément dans mon projet. Il m’a fait de beaux cadeaux : de la musique et des paroles.
Selon vous, quelle est la pièce incontournable de Reconstruire les saisons?
Ce sont toutes des pièces incontournables qui viennent toucher tout le monde avec leur portée universelle, mais c’est certain que je reviens toujours à la deuxième chanson, La mère. Elle a été la première chanson de toutes, toutes, toutes! C’est le premier texte du projet. C’est sûr qu’elle restera toujours la plus spéciale. Elle est à l’origine de tout et le thème est très important pour moi, ma mère. Elle a partagé tout de ma vie.
Pourquoi avoir choisi de mettre de l’avant le piano et les cordes?
Parce que j’ai fait trois tentatives dans ma vie pour jouer du piano, mon instrument préféré. Après, je dirais que ce sont les cordes. Tout ce qui est cordes – violon, violoncelle, contrebasse – c’est de l’émotion pure. Et on l’entend dans l’album. Ça n’a pas de bon sens. Ça remplace ce que les mots ne peuvent pas dire.
Dans Reconstruire les saisons, Richard Séguin, Manuel Tadros et Paul Piché joignent leur voix à la vôtre. Pourquoi avoir voulu passer le micro à ces hommes?
Parce que ce sont des hommes que j’aime, des hommes de cœur. Ils sont authentiques dans leur façon d’être, délicats et sensibles dans la vie. Je voulais absolument chanter avec des hommes de mon âge. Il y a une maturité dans ce projet-là qui est importante pour moi, l’expérience de vie. Et cette expérience de vie, elle ressort dans la voix. Le résultat m’a complètement bouleversée. Quand j’entends toute la fragilité dans la voix d’un Richard Séguin, d’un Paul Piché et aussi de Manuel Tadros... Y a-t-il quelque chose de plus beau que ça? Je voulais cette sensibilité-là et un dialogue entre homme et femme, l’idée du couple qui traverse les saisons.



Votre fils, Thomas Postigo, est lui-même chanteur. Dans votre cœur de mère, comment vivez-vous le partage de cette passion qu’est la musique?
Chaque fois que je vois mon fils sur scène, la mâchoire me débarque! Il est tellement immense sur une scène. Mon fils, oui, c’est mon enfant, mais c’est aussi un artiste. Il est une bête de scène, et c’est là qu’il est le plus heureux au monde. C’est très émouvant pour moi. Partager cette passion, c’est très intense. Je pense que c’est une étape importante pour lui, qu’on vive ça ensemble. Qu’il me voit sortir un album, et moi, apprendre plein de choses sur ce métier-là. J’apprends aussi pour l’aider, par la suite. Ça nous a beaucoup rapprochés.
Que peut-on souhaiter à Marina Orsini pour la suite de sa carrière?
Oh mon dieu, de continuer à réaliser mes rêves. De continuer à avoir des rêves, surtout. Je veux les réaliser entourée des gens que j’aime. Ce projet-là, Reconstruire les saisons, c’est ça. Je ne suis entourée que de personnes que j’aime. Comme on dit en anglais, c’est un « labour of love ». Éventuellement, le but est de monter sur scène. C’est un vertige, vous n’avez même pas idée! Je sais exactement ce que je veux et encore là, je suis entourée des bonnes personnes, celles que je souhaitais. J’ai neuf mois, je me dis que c’est une grossesse. J’ai le temps d’une gestation pour me préparer et je me l’offre comme un cadeau.

Marie-Ange Larouche | Journaliste
Écrivaine, journaliste et grande passionnée de la culture québécoise, Marie-Ange s’amuse à capturer l’essence même des événements auxquels elle assiste : l’Art. Curieuse et cultivée, elle se donne à cœur joie pour partager ses expériences et ses observations avec le public. Restez à l’affût, elle ne vous décevra pas.

Frédéric Lebeuf | Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

MARINA ORSINI WHY DO YOU SING LIKE A LITTLE GIRL GROW UP THAT IS NOT NORMAL I WILL NOT BY THAT
GROW UP THAT IS NOT NORMAL