Avec son sixième spectacle solo, présenté le 21 octobre 2026 au Théâtre Maisonneuve, à Montréal, l’humoriste Louis-José Houde a livré une prestation surprenante qui a frappé en plein dans le mille. Loin des anecdotes plus conventionnelles auxquelles il nous a habitués, l’ancien animateur de la défunte émission Dollaraclip a ouvert grand les portes de son intimité, se livrant à des confidences et à des réflexions sur la maladie d’Alzheimer qui a emporté sa mère.
Avec beaucoup de délicatesse, le comédien a raconté comment il a accompagné sa mère dans cette épreuve difficile, qui a bouleversé toute sa famille. Ces années passées à jouer le rôle de proche aidant ont profondément marqué l’homme qu’il est devenu.
Avant d’aborder les années plus difficiles liées à la maladie, l’humoriste est remonté jusqu’en 1968, année où son père a rencontré Angèle, une femme forte et amoureuse de la vie. Il est ensuite revenu sur la séparation de ses parents, sur la vie de sa mère à Québec et sur son déménagement à Montréal, après des années de résistance.






Malgré la gravité et la tristesse du sujet, Louis-José Houde a raconté ses anecdotes avec bienveillance et un sens de l’humour remarquablement équilibré, sans jamais verser dans le mélodrame. C’est avec tendresse, respect et dignité qu’il a parlé de sa mère, qui a reçu un diagnostic d’Alzheimer en 2018, ainsi que des moments les plus difficiles de son parcours.
Les six déménagements qu’il a dû organiser durant la pandémie ont provoqué une foule de rires. La vie en résidence, qui n’était visiblement pas de tout repos, a elle aussi donné lieu à des scènes cocasses. Les ascenseurs, la laveuse-sécheuse et la clinique de la mémoire ont notamment déridé les spectateurs. D’autres moments, notamment ceux évoquant Gilles Vigneault, le dernier Noël où sa mère était encore lucide et son premier appartement à Québec, ont également enrichi ce récit personnel.








Lors de son passage à Tout le monde en parle, le 18 octobre, l’humoriste a expliqué avoir volontairement écarté certaines situations plus difficiles et personnelles afin de privilégier les moments les plus drôles. « Je me suis forcé pour garder ça drôle », a-t-il confié. Ce choix s’est révélé judicieux : cet équilibre entre l’émotion et le rire constitue l’une des grandes forces du spectacle.
Il faut également souligner le rôle important de sa sœur Marie, qui a elle aussi accompagné leur mère tout au long de cette épreuve avec courage et ténacité. Le fait que leur mère l’ait débaptisée à quelques reprises dans ses moments de confusion ajoute une touche à la fois drôle et touchante au récit. Cette anecdote rappelle que la maladie a bouleversé toute la famille et que la proche aidance est une épreuve que l’on traverse rarement sans soutien.
Huit années de travail ont été nécessaires pour donner naissance à Et jusqu’à la fin la beauté. Avec ce spectacle, Louis-José Houde a démontré que l’humour pouvait aborder des sujets aussi sensibles que la maladie avec intelligence
Photos du tapis rouge































Serge Larivière | Journaliste
Passionné de musique, Serge ne jure que par les succès d’ici et d’ailleurs des années 80, 90 et début 2000. Avec les années, il s’est toutefois découvert une nouvelle passion pour tout ce qui touche l’humour québécois. On comprend, il adore rire et faire rire les gens.

