L’humoriste Guy Nantel présentait, le 20 octobre 2026, son tout nouveau spectacle solo, Bienveillant, dans un Théâtre Maisonneuve rempli à craquer, à Montréal. Contrairement à ce que laisse entendre le titre du spectacle, le comique est loin de faire dans la bienveillance. Quand on pense à ce terme, le nom de Nantel ne nous vient pas nécessairement en tête.
Fidèle à son habitude, l’ancien candidat à la chefferie du Parti québécois en 2020 a offert une prestation étonnamment humaine, malgré ses coups de gueule politiques, ses sujets de prédilection comme le racisme ou les anglophones et ses propos qui ont inévitablement fait réagir le public.
L’une des grandes qualités de Nantel est de pouvoir naviguer, pendant près de deux heures, entre l’actualité qui foisonne dans nos journées, notre époque et ses travers, et certaines pratiques sexuelles surprenantes, comme la nécrophilie et la scatophilie. Il réussit, avec parcimonie, à mettre le doigt là où il veut faire réagir les spectateurs, sans toutefois tomber dans la provocation gratuite.
L’hypocrisie du milieu culturel
Le segment où il accuse le milieu culturel d’hypocrisie, surtout concernant l’environnement, est empreint de sincérité et d’audace. C’est d’ailleurs l’une de ses grandes qualités : l’audace. Il dénonce les travers de notre société avec doigté, mais surtout avec authenticité et honnêteté. Même si ses observations sont parfois grossies, voire exagérées, l’humoriste fait facilement comprendre à son public qu’il assume pleinement les propos qu’il tient.
Lorsqu’il aborde le sujet de l’immigration, vers la fin du spectacle, le comique s’aventure sur un terrain miné et très glissant, mais il le fait de manière à susciter une réflexion chez le public, tout en étant capable de se remettre lui-même en question. À vrai dire, Nantel fait du Nantel : il demeure cohérent et fidèle à ce qu’il nous a habitués à voir.
Il possède une présence solide sur scène, un débit efficace et cette aisance à nous faire comprendre le deuxième, voire le troisième degré de ses propos.


Personne n’est épargné
Durant ce spectacle, personne n’est épargné. Même pas le public, qui a droit à quelques quolibets peu sympathiques comme « BS ». Avec Bienveillant, le but recherché par l’humoriste n’est pas de choquer pour choquer, mais bien de susciter une réflexion. Et c’est cette impression qui nous habite lorsque nous quittons le Théâtre Maisonneuve.
En somme, avec ce spectacle, le public retrouve le bon vieux Nantel, un brin baveux, qui se permet parfois de dire tout haut ce qu’on pense tout bas !



Serge Larivière | Journaliste
Passionné de musique, Serge ne jure que par les succès d’ici et d’ailleurs des années 80, 90 et début 2000. Avec les années, il s’est toutefois découvert une nouvelle passion pour tout ce qui touche l’humour québécois. On comprend, il adore rire et faire rire les gens.

Photos : Courtoisie
Crédit photos : Dominic Gouin
