Tel un cri du cœur, Michael Numbley (neurodivergent) nous présente sa première pièce intitulée Les waitress sont tristes, au théâtre Espace Libre jusqu’au 1er octobre. Avec Catherine Bourgeois, son alliée créative, il a mis en scène cette dramaturgie à la western. Idéateur et porteur de ce projet, Numbley se projette dans le rôle du cowboy et occupe le plateau avec beaucoup d’imagination. Loin des codes!
Une collaboration fertile
Performance multidisciplinaire, Les waitress sont tristes est le deuxième spectacle initié et dirigé par un artiste neurodivergent produit par Joe Jack et John.
Depuis 2009, Michael Numbley, comédien étonnant, pas comme les autres, collabore de façon régulière avec cette compagnie de théâtre, notamment dans les pièces Mimi, Just fake it, AVALe et Abîmés. En résidence dans ce lieu artistique et performatif depuis 2018, il a pu développer sa propre pièce.
Un « Drifter »
Morrison, joué par Michael Numbley, est seul dans son appartement.
Isolé par sa différence intellectuelle et son mal de vivre, il fabule et s’invente un alter-ego.
Il devient alors un cowboy pour s’évader vers une vie plus excitante.
À l’aide d’un tapis roulant, ce héros prend la route avec son meilleur ami Ti-Mousse, un chat mécanique.
De bar en bar, il fait des rencontres, il discute avec les waitress mais ne se lie d’amitié à aucun client. Il est seul et reste seul!
Les waitress
L’imaginaire de Morrison l’amène vers les waitress, reflet de sa tristesse, ses tourments et sa solitude.
Comme un chœur ou un cœur qui exprime les émotions du héros, ces cinq waitress anonymes – sauf Anne qui lui sert de la bière et vers qui il se rapproche un peu – rient par convenance et se fâchent par manque de liberté, de compréhension et surtout d’isolement.
Sur des chansons country, dont la très connue Achy Breaky Dance, les waitress dansent en ligne de façon joyeuse au début. Progressivement, leurs pas et leur gestuel deviennent lourds et saccadés, comme leur colère engendrée par leur incapacité à se débarrasser des jugements étouffants des autres face à leurs différences.
Ces chorégraphies western montrent à quel point, Morrison a de la difficulté à sortir de sa solitude et du ressentiment qui l’habite.
Un moment très touchant
Ce spleen, le héros en fera un moment tendre et très touchant lorsque, seul dans son appartement, après avoir demandé à son chat s’il s’ennuie de Tania, il danse en endossant la robe rouge de son ex, au son de la chanson It’s all wrong but it’s alright interprétée par Dolly Patton.
Ces quelques minutes dépeignent avec puissance une mélancolie intime et mettent en valeur tout le charisme du comédien qu’est Michael Numbley.
Musique, musique, musique
La musique joue un rôle majeur dans cette dramaturgie. L’auteur s’en est fait un complice qui semble le conforter et nous en fait cadeau.
Un cadeau qui s’étendra jusqu’à la sortie de la salle, avec Riders of the storm des Doors. Michael Numbley est un fan de Jim Morrison, chanteur du groupe, décédé en 1971.
Pour tous – Jusqu’au 1er octobre
Musique, danse, texte et gestuel sont au rendez-vous à Espace Libre avec Les waitress sont tristes jusqu’au 1er octobre.
Toutes les représentations incluent une actrice qui interprète le texte en langue des signes québécoise (LSQ) et certains passages sont projetés sur le décor.
Les 23 et 24 septembre auront lieu des représentations décontractées.
Les 27 et 29 septembre, les représentations seront accessibles aux personnes malentendantes.
Pour plus de détails, voir le site.
Idéation, écriture et co-mise en scène : Michael Nimbley
Co-mise en scène et alliée créative : Catherine Bourgeois
Interprétation et écriture de plateau : Anna Atkinson, Maryline Chery, Guillermina Kerwin, Michael Nimbley, Natacha Thompson, Anne Tremblay
Crédit photo : Vivien Gaumand
Texte : Micheline Rouette

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