Les Francouvertes sont de retour du 9 mars au 11 mai pour un concours-vitrine dans lequel 21 artistes s’affrontent amicalement pour le titre prestigieux. Cette année, c’est la 30e édition et, pour marquer l’occasion, les gagnants des éditions passées sont revenus partager leurs souvenirs. Ce qui est toujours l’fun avec les Francouvertes, c’est qu’il s’agit à la fois d’une compétition et d’une occasion de faire des découvertes. Il y a des artistes déjà assez connus qui affinent leur vision à travers le concours, ainsi que d’autres qui sont au tout début de leur carrière.
Luan Larobina, TDH et Spaghatt étaient les trois artistes de la quatrième soirée des Francouvertes, le 17 mars. Chacun a une identité distincte et, tout au long de la soirée, on était transportés dans les coins variés de notre belle province.
Luan Larobina et la Gaspésie
L’autrice-compositrice-interprète Luan Larobina a sorti son premier EP, CASA, en avril dernier, une collection de chansons qui rend hommage à son héritage latino-gaspésien. Aux Francouvertes, elle a mis l’accent sur ces deux aspects, en compagnie de ses musiciens, dont Sandrine Masse à l’alto et Cédrik St-Onge à la guitare. « La Gaspésie, c’est un lieu d’inspiration infinie », a-t-elle expliqué, en interprétant « Pointe-Saint-Pierre » et « 2e rang », tirées de son EP.
Le français et l’espagnol étaient mélangés avec douceur tout au long de sa prestation. La chanson Toutes les saisons en est déjà un exemple, mais elle a aussi présenté quelques nouveautés : Muéstrame a llorar (montre-moi comment pleurer) et Voz de mi vida. Cette deuxième chanson a été écrite pour son père, le musicien Juan Sebastián Larobina, qui a déménagé au Québec à l’âge adulte sans encore parler français. Luan a expliqué avec émotion que la musique est un outil puissant pour rassembler les gens, peu importe la langue qu’ils parlent. Debout devant un micro partagé avec ses musiciens, elle a créé une ambiance chaleureuse et émouvante.

TDH et ses racines jamaïcaines et innues
TDH, le projet de Tommylee Dauphinais Howard, basé à Montréal mais originaire de Mashteuiatsh, propose des chansons qui sont une expression de son identité et une façon de jouer avec les genres musicaux. Sur scène aux Francouvertes, il a apporté de l’énergie, encourageant le public à bouger et à se lever de leur chaise.
La confiance qu’il dégage sur scène se reflète également dans son approche de la musique. Par exemple, les premières chansons qu’il a présentées étaient teintées de folk, puis il a introduit des touches plus électro. Une chanson intitulée « Oxygène » était dédiée à tous les gens qui se sentent ignorés dans la société. Ici, en chantant en innu et en français, il a utilisé sa voix pour se battre davantage pour les droits autochtones: ka tshekuan apetenmak / nde shtessinat / nde e menepiak / le vent me d’un peuple inscrit dans ma peau / sur des terres aux noms que nul ne retient. La dernière partie de sa vitrine était plus dansante, avec aussi des influences reggae, pour son côté jamaïcain, et l’intégration du saxophone.

Spaghatt et le country
Luan Larobina évoque la Gaspésie et l’Amérique latine. TDH célèbre la Jamaïque et les communautés autochtones, notamment celle de Mashteuiatsh au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ce sont tous des exemples du multiculturalisme authentique qui fait rayonner le Québec. Spaghatt, le projet mené par Émile Touzin, est à la fois familier et joyeux. Il reprend les codes du country américain et les marie avec des paroles distinctement québécoises. Même le nom du projet et un genre d’ hommage au quotidien québécois.
Le premier EP de Spaghatt est sorti en février dernier. Ensoleillées et rassembleuses, les chansons nous donnent envie de partir sur la route (Alberta et Perte totale) et de danser avec un.e amour (Sweetheart). Ces chansons ont été présentées aux Francouvertes avec deux nouveautés, et une légèreté se dégageait tout au long de la vitrine. Sur scène, Patrick Bourdon (guitare et banjo) et Mélisande Archambault (violon) dégageaient une énergie contagieuse, qui a contribué à l’ambiance joyeuse pour terminer la soirée.

Étienne Coppée, l’invité
À l’occasion du 30e anniversaire, les Francouvertes ont invité des finalistes des éditions précédentes à jouer quelques chansons lors des préliminaires. Ce soir-là, il s’agissait d’Étienne Coppée, qui avait gagné en 2021. Assis derrière son piano, il a interagi avec le public avec aisance et humour. Pour sa dernière chanson, il a invité son coloc, Mantisse, sur scène. Celui-ci est un artiste folk, et Étienne travaille actuellement à la réalisation de son premier album. Inviter un autre artiste sur scène, inconnu pour la plupart du public, était une belle touche. Ça nous a rappelé que les Francouvertes ne sont pas vraiment une compétition, mais plutôt un tremplin pour le partage.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Photos : Frédérique Ménard-Aubin
