Le 5 juillet prochain, au Théâtre Sainte-Catherine, un moment marquant attend Laurence Provencher, puisqu’elle y présentera son tout premier spectacle solo. Intitulé Ma première scène, ce rendez-vous musical représente bien plus qu’un début de carrière : c’est l’aboutissement d’un long parcours fait de persévérance, de remises en question et d’un amour indéfectible pour la musique. Voici une entrevue avec l’artiste, qui nous met l’eau à la bouche à l’aube de cette grande première.
Peux-tu me présenter ton parcours musical
J’ai commencé à chanter toute petite, dans mon village natal de Saint-Cyrille-de-Wendover. Très vite, la musique est devenue une passion, une occupation majeure dans ma vie. J’ai ensuite étudié en musique au secondaire et dans mes études postsecondaires, tout en participant à plusieurs concours comme La Voix ou Star Académie, sans être retenue, mais ces expériences m’ont forgée.
J’ai fait énormément de spectacles et de scènes dans ces années-là, ce qui m’a permis de découvrir que c’est ce que je voulais faire de ma vie. J’ai ensuite passé quatre ans à Montréal pour me perfectionner et être dans le milieu, ce qui m’a poussée à explorer toutes mes passions liées aux arts de la scène. Je suis revenue dans ma région il y a environ un an pour bâtir mon propre projet artistique à ma façon : un grand spectacle qui marquera le début de ma carrière.
Quelle est la plus belle expérience musicale que tu aies vécue jusqu’à maintenant?
C’est vraiment facile à répondre pour moi. La plus belle expérience que j’ai vécue, c’est quand j’ai eu la chance de chanter sur scène avec Sébastien Plante (Les Respectables) et Yves Lambert (La Bottine Souriante) pendant le spectacle La fête des Fêtes d’Alain-François. J’avais 16 ans, dans ma dernière année de secondaire, et c’est un de mes professeurs de musique à l’époque qui m’avait choisie pour participer à ce moment-là. Juste ça, c’était déjà énorme.
Ce dont je me rappelle le plus de cette plus belle expérience musicale, c’est la sensation que j’ai eue en montant sur scène. Il y avait un public de milliers de personnes, et c’est ce qui m’a fait réaliser et dire : « C’est ça. C’est ça que je veux faire de ma vie. » Ça m’a énormément marquée, et c’est un spectacle incroyable qui va rester gravé dans ma mémoire à tout jamais.
Qu’est-ce qui te rend le plus fière aujourd’hui?
Ce qui me rend le plus fière, c’est d’être restée debout, malgré les refus et les « Tu n’y arriveras jamais ». Ça fait des années que je me bats pour me faire une place dans un domaine où on entend souvent « non » plus que « oui ». J’ai vécu des rejets à répétition dans les concours, j’ai douté de moi plus d’une fois parce que plusieurs doutaient de moi, mais je n’ai jamais complètement arrêté de croire que j’avais un talent à exploiter, une voix à montrer. J’ai pris tous ces doutes-là, tous ces « non », et je m’en suis servie pour me relever et pour débuter ma carrière de chanteuse.


Ma première scène est ton tout premier spectacle solo. Pourquoi avoir choisi de débuter ta carrière professionnelle avec un spectacle?
J’ai longtemps pensé qu’il fallait passer par des concours ou attendre qu’un producteur me remarque pour devenir chanteuse, mais à un moment donné, je me suis dit : « Pourquoi je ne pourrais pas juste créer ma propre opportunité? »
Ce que j’aime le plus, c’est être sur scène. C’est là que je me sens à ma place et que je suis bien. J’avais envie de me présenter au futur public et aux médias par moi-même. Je voulais un moment complet, un long spectacle que j’ai bâti au complet, pour montrer qui je suis en tant qu’artiste et ce que je suis capable de faire.
C’était important pour moi de commencer ma carrière avec un spectacle qui me ressemble, que j’ai monté à ma façon, avec mes chansons, mes choix et surtout mes émotions. Je suis plus que fière du travail mis dans ce spectacle, et je suis plus que prête à ouvrir et débuter ma grande carrière avec ce spectacle.
Que peux-tu nous dire sur Ma première scène, ton tout premier spectacle solo?
Ma première scène, c’est plus qu’un premier spectacle solo pour moi. C’est l’aboutissement de tout ce que j’ai vécu et tout ce que j’ai traversé. C’est un projet que j’ai bâti de A à Z. J’ai choisi chaque chanson, écrit chaque petit détail, pensé à chaque moment et chaque mise en scène.
C’est un spectacle très intime. Il y a des chansons qui ont marqué mon parcours, à partir de vrais moments que j’ai vécus. Il y a une très belle et grosse mise en scène, mais ça fait des mois qu’on la répète, et elle est prête. Je change de costume, je me déplace, je parle au public entre les chansons. Je veux que les gens aient l’impression de me rencontrer pour vrai, pas juste d’assister à un numéro.
Ce spectacle, c’est fait avec tout l’amour, la passion et la détermination que j’ai en moi. Mais surtout, c’est le début. Mon début, et j’en suis fière.
Comment décrirais-tu ta voix et ton style musical à quelqu’un qui ne t’a jamais entendue?
Je dirais que j’ai une voix forte, remplie d’émotions et très influencée par le monde de Broadway. J’ai grandi en chantant des chansons de comédies musicales, avec toute l’intensité que ça demande. Je suis capable de livrer quelque chose de grand, de puissant, mais aussi de revenir en douceur quand la chanson le demande.
Musicalement, je suis aussi entre le pop et le jazz. J’ai cette base solide, grâce au secondaire, qui m’a appris la technique et qui me permet d’aller chercher des notes intenses, tout en ayant le côté très doux du jazz. J’ai une voix qui peut autant impressionner en poussant de hautes notes, qu’une voix que tu peux mettre pendant tes soupers, comme fond jazz!
As-tu des influences marquantes ou des artistes qui t’inspirent particulièrement?
Oui, et d’ailleurs mon plus grand modèle, c’est Céline Dion. Depuis que je suis petite, je l’écoute, je la chante, et je m’identifie beaucoup à sa manière d’interpréter. Elle vit chaque mot et chaque émotion à travers ses chansons tout en ayant une voix tellement puissante, c’est énormément inspirant. Céline, c’est l’exemple parfait de quelqu’un qui vient d’un petit coin, mais qui a rêvé grand pis qui a tout donné pour y arriver.
Sinon, j’ai aussi été influencée par le grand monde de Broadway. Principalement, Lea Michele. C’est une artiste incroyable ayant fait plusieurs comédies musicales importantes. Ce style-là et ces artistes-là de comédie musicale m’ont appris à être dans l’histoire de la chanson, pas juste dans la performance.


Quelle est la chanson qui te fait sentir « en pantoufle », parfaitement à l’aise? Et celle avec laquelle tu ressens la plus grande connexion avec le public?
La chanson dans laquelle je me sens vraiment plus que parfaitement à l’aise, c’est Tennessee Whiskey de Chris Stapleton. C’est une chanson qui me rejoint énormément, en plus de sentir que ma voix glisse toute seule dessus. Elle me permet d’être dans ma zone, dans mes émotions, sans avoir à forcer, et je l’aime encore plus depuis que j’ai vu Chris Stapleton en spectacle. Ça m’a vraiment marquée. Il a une intensité incroyable sur scène, mais sans en faire trop. Ça m’a confirmé que ce genre de chanson-là, c’est exactement le genre de moment que je veux créer moi aussi.
Les paroles de la chanson, en plus de sa mélodie simple mais incroyablement belle, me donnent tout le temps envie de la chanter, en toutes occasions, que ce soit une petite prestation, un karaoké ou bien un grand spectacle, cette pièce restera toujours ma chanson de prédilection.
Qu’est-ce qui t’inspire en écriture? Quelles thématiques aimes-tu explorer?
Ce qui m’inspire le plus, c’est ce que je vis. J’écris souvent à partir d’expériences personnelles, surtout celles qui m’ont fait mal ou qui m’ont marquée. J’ai besoin que ce soit vrai, que ça parte de quelque chose que j’ai ressenti pour que ça sorte naturellement. Sinon, je ne suis pas capable d’écrire juste pour écrire, et j’ai le syndrome de la page blanche.
J’écris aussi beaucoup sur l’amour et l’amitié. Parfois, c’est l’amour qu’on aurait voulu avoir. Parfois, c’est l’amour qui reste même après une rupture. Sur les liens forts, les gens qui ont été là dans les moments importants, ou même ceux qu’on a perdus. J’essaie que ce ne soit jamais cliché, ce que j’écris, parce que ce sont de vrais moments que j’ai réellement vécus.
Où te vois-tu dans cinq ans, artistiquement?
Dans cinq ans, je me vois encore sur scène. C’est là que je suis le plus moi-même, et c’est là que je veux rester. J’aimerais avoir sorti peut-être un album complet, avec mes compositions ou des chansons qui me ressemblent vraiment et qui m’ont touchée.
Je me vois faire des spectacles un peu partout, en passant par quelques festivals, peut-être même jouer en première partie d’artistes que j’admire. Je veux rencontrer des gens et me bâtir un public qui va me suivre tout au long de ma carrière. J’aimerais vivre de ma passion et partager mon petit bonheur à travers le public.


As-tu envie de sortir des extraits, un EP, un album? Et de présenter d’autres dates de spectacles?
Oui, absolument. C’est un gros rêve pour moi de sortir un EP/album. J’ai déjà des petites compositions qui sont en processus et qui me tiennent à cœur, que j’aimerais travailler avec certains, une petite aide de plus pour les amener plus loin. J’aimerais travailler avec des producteurs, des gens de studio qui croient en moi, qui comprennent ce que je veux dire à travers ma musique.
Côté spectacles, c’est sûr que « Ma première scène », c’est juste le début. Je veux continuer à faire des shows, aller à la rencontre du public ailleurs, dans d’autres villes, d’autres salles. J’ai envie de continuer à créer des moments incroyables en spectacle où les gens peuvent vraiment connecter avec ce que je vis sur scène. J’aimerais pouvoir faire une tournée, même petite. Passer par des salles intimes jusqu’à certains festivals, en passant par des cafés culturels ou peu importe, tant que je peux performer et partager ma passion !
Pourquoi ne faudrait-il pas manquer ton spectacle du 5 juillet au Théâtre Sainte-Catherine?
Parce que ce n’est pas juste un spectacle, c’est un rêve qui devient réalité. Ce sont des années de travail, de doutes, de persévérance qui mènent à ce moment-là. J’ai tout donné dans ce projet-là, en y mettant mon temps, mon énergie et surtout mon cœur. Chaque détail a été pensé avec soin pour créer un moment incroyable, un spectacle plus que parfait.
C’est aussi la première fois que je me présente officiellement comme artiste solo, sur une scène professionnelle, avec ma propre mise en scène, mes chansons, mes choix. Une grande voix qui se mettra sur scène en solo pour la première fois, il ne faut pas manquer ça !
Ce n’est pas un show monté par une équipe de production, c’est un spectacle né d’un rêve personnel depuis si longtemps, que j’ai financé en travaillant fort, soir après soir. Si tu as envie d’encourager une artiste émergente qui met tout ce qu’elle a dans ce qu’elle fait, si tu as envie de vivre un moment sincère, touchant, où la musique vient vraiment du cœur, où tu vas avoir que du plaisir, viens me voir ce soir-là, le 5 juillet 2025, à 19 h, au Théâtre Sainte-Catherine.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
