Dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, Avishai Cohen présentait le 30 juin 2025 un concert à la Maison symphonique avec son trio et un orchestre symphonique encore sans nom. Une soirée riche en contrastes, entre berceuses séfarades, rythmes moyen-orientaux et jazz orchestral.
Avishai Cohen est né en Israël le 20 avril 1970. Ses racines culturelles sont variées : espagnoles, hébraïques, polonaises et grecques. Les musiques classique et traditionnelle sont présentes dès son enfance, par sa mère Ora, une influence sur ses choix et expositions aux différentes cultures musicales. Cohen apprend le piano à l’âge de neuf ans puis, à son arrivée à St-Louis, Missouri, en 1984, il continue le piano et commence à s’intéresser à la guitare basse en admirant la musique de Chick Corea et Jaco Pastorius, particulièrement l’album Return to Forever.
De retour en Israël, inscrit au Music and Arts Academy de Jérusalem, il se consacre définitivement à la contrebasse et son destin y sera définitivement associé. Il revient s’établir à New York en 1992 pour entreprendre une carrière associée à de multiples rencontres et collaborations. En 1997, le pianiste et compositeur Chick Corea, son idole, l’appelle pour lui demander de se joindre à son groupe, auquel il contribuera de diverses façons pendant plus de six ans. La suite est évidemment le développement de la carrière de Cohen par une série d’enregistrements sur le label de Corea : Stretch Records. Il créera ensuite sa propre étiquette de disques en 2002, Razdaz Recordz, en vue de créer ses propres métissages latino et électroniques et aussi repérer de jeunes musiciens talentueux. Notons qu’Avishai Cohen a reçu le prix Miles-Davis du FIJM en 2023 pour rendre hommage à son œuvre et à sa contribution au renouvellement du genre musical.
Le concert présenté à la Maison symphonique le 30 juin 2025 présente des choix éclectiques : des berceuses en langue « ladino », parlée par les Séfarades de la péninsule Ibérique, des chants en hébreu et en anglais, tout cela accompagné par un grand orchestre symphonique qui ne porte jusqu’ici aucun nom, « no name ». Et deux jeunes musiciens formant le trio Cohen : Itay Simhovich au piano, et Eviatar Slivnick à la batterie.
Comme le déclare justement Avishai Cohen, en musique, il n’y a aucune injonction ou ordonnancement, on peut aimer également toutes les sonorités, les inspirations et les compositions musicales. En effet, Arab Medley nous envoûte avec ses rythmes azerbaïdjanais et libanais, avec le piano qui prend une place importante dans la ligne mélodique dansante de la tradition moyen-orientale.
Notons la composition Almah Sleeping, qui nous berce et se termine en broussaille, alors que la jeune petite d’Avishai aurait dormi tout au long de la composition de cette pièce par son papa. Profondément humanistes, les choix sont judicieux et les interprétations sont riches : Song for My Brother et A Child Is Born.
Enfin, Nature Boy de Nat King Cole est interprété comme une confidence bien ressentie sur la valeur de l’amour, le vrai et le seul bonheur. « To love and be loved in return », avec le grand orchestre, c’était vraiment beau!

Michel Jolicoeur | Journaliste

Photos : Courtoisie
Crédit Photos : victordiazlamich
