Présent en première partie du lancement montréalais du EP Eau potable de Mahéja, le 9 janvier dernier, Philippe Tremblay profitait de cette vitrine pour présenter ses propres chansons et confirmer l’élan que connaît actuellement sa carrière solo. Entre le succès de Fond de bière et la sortie récente de La sainte paix, l’artiste poursuit son chemin, guitare à la main, avec une identité de plus en plus affirmée. Voici une entrevue réalisée avec lui lors de l’événement.
Comment te sens-tu de performer ce soir ?
Ça fait vraiment spécial de revenir jouer à Montréal. Cela faisait longtemps que je n’avais pas joué dans une salle de spectacle montréalaise, alors c’est un vrai plaisir de retrouver notre bonne vieille métropole et le public montréalais. On me demandait depuis longtemps de jouer ici, mais ça n’avait jamais adonné, ça n’avait jamais été l’occasion. Revenir cette fois avec mes propres compositions change tout : je suis déjà venu avec Notre Dame de Paris (en Quasimodo) et d’autres projets, mais jamais avec mes propres chansons. Aujourd’hui, c’est vraiment le fun.
Comment te sens-tu de performer en première partie de Mahéja ce soir ?
Je trouve que c’est moins stressant, grâce à ce petit côté familial. Je connais tout le monde sur scène et en backstage, et un peu Mahéja aussi. L’essence de la région, on l’a : nous venons de deux régions voisines (Charlevoix et Saguenay) avec des racines assez semblables. Ce n’est donc pas si dépaysant, et l’atmosphère reste vraiment agréable.
C’est vrai que tu fais la première partie de Mahéja ce soir, mais les rôles pourraient tout aussi bien être inversés, puisque vous avez deux publics différents.
On a effectivement deux publics différents, mais ils se marient quand même très bien. Tout le monde n’a pas forcément le même public, et c’est justement agréable de voir comment ça fonctionne ensemble.


Vous êtes deux artistes qui connaissent un beau succès sur les médias sociaux en ce moment…
C’est un aspect que nous avons tous les deux mis de l’avant et développé. Cela nous a permis de nous faire connaître et de faire découvrir nos chansons à un public plus large. Nos publics se ressemblent un peu, notamment celui de TikTok, mais ils restent différents à certains niveaux.
Ce soir, ça me permet peut-être d’aller chercher de nouveaux fans, de présenter ma musique de façon simple et acoustique, et d’introduire mon univers à un public qui pourrait ensuite me suivre sur les réseaux sociaux. J’espère aussi que l’inverse se produira. Nos publics diffèrent un peu par tranche d’âge, donc jouer devant un public plus jeune aujourd’hui pourrait aider à rajeunir le mien. Et plus tard, cette collaboration pourra peut-être être présentée à mon public, qui est parfois un peu plus âgé.
Présente-moi ta nouvelle chanson, La sainte paix.
C’est venu d’une idée TikTok. On a sorti Fond de bière en mai, qui est devenue notre plus grosse chanson et qui a vraiment très bien fonctionné. Les gens sont restés très accrochés à cette image, et la question revenait souvent : est-ce qu’il va y avoir une suite à Fond de bière ? Je ne trouvais pas nécessairement gagnant de faire un Fond de bière 2.0, mais je me suis dit : pourquoi ne pas créer quelque chose qui s’en rapproche, avec la même vibe de région et la même ambiance festive, mais en l’amenant ailleurs ? Je me suis demandé ce que ça donnerait si on faisait un Fond de bière non pas pour l’été, mais pour l’hiver. Je suis ensuite parti sur un autre sujet, proche, mais plus axé sur les virées au shack que je faisais quand j’étais plus jeune. Je me suis replongé dans ces souvenirs-là, et c’est ce qui a fait que la chanson s’est écrite rapidement et naturellement.
Depuis sa sortie, je pense que les gens l’ont vraiment bien accueillie. Ce n’est peut-être pas une vague aussi énorme que Fond de bière, mais le résultat est là : dans les commentaires, c’est pratiquement unanime et c’est vraiment le fun. C’est aussi la première fois que je la joue sur scène ce soir. On ne l’a jamais jouée avant, même pas à la radio. En plus, c’est en version acoustique. La présenter devant le public et voir leur réaction, c’est comme un deuxième test, mais j’ai un très bon feeling. Émile, mon guitariste, et moi, on aime vraiment la jouer, et je pense que ça va beaucoup se refléter sur scène.
J’ai l’impression que ta carrière prend de l’ampleur, single après single que tu sors…
On est clairement sur une pente montante en ce moment, et c’est super le fun à vivre. On réussit à se renouveler et à créer de plus en plus. Fond de bière, en mai dernier, nous a vraiment fait passer à un autre niveau : on a sauté un palier d’un coup. Cela nous a apporté beaucoup de crédibilité et une visibilité qu’on n’avait pas autant avant. Je l’ai vraiment remarqué, entre autres, à l’ADISQ, quand des artistes connus sont venus me voir pour me dire : « J’espère que tu ne vas pas juste prendre un fond de bière ce soir ! » C’est drôle, mais ça montre à quel point la chanson a marqué les esprits.
Personne n’avait écrit une chanson juste sur un fond de bière. Tout le monde parle de bière, mais jamais seulement du fond. Ça a fait rire les gens et les a marqués. Aujourd’hui encore, même quand je joue dans des contextes de découverte, où les gens ne me connaissent pas, ils reconnaissent la chanson et disent : « Hey, on a déjà entendu ça ! » C’est vraiment le fun de voir l’effet que ça a eu et de constater à quel point la chanson a roulé au cours des derniers mois.
Est-ce que tu prépares un album, ou restes‑tu encore dans une approche single après single ?
On continue avec des singles, pour l’instant, en allant tranquillement vers un EP. Depuis mon retour de tournée avec Notre Dame de Paris, j’ai rencontré beaucoup de gens de l’industrie, et plusieurs m’ont approché ces derniers mois, surtout depuis la sortie de Fond de bière.
L’équipe a donc évolué, et clairement pour le mieux. On est maintenant entourés de personnes influentes du milieu artistique. Est-ce que cela nous mènera vers un album éventuellement ? On verra. Pour l’instant, on mise surtout sur des EP et des chansons, et il y a d’autres surprises prévues pour la prochaine année, mais je ne peux pas encore en dire plus.
Le fait que ta carrière solo ait pris son envol, est-ce que ça te donne envie de t’y consacrer entièrement, même si une proposition comme Notre‑Dame de Paris revenait ?
C’est sûr que je veux me concentrer sur ma carrière solo. C’est un rêve d’enfant que je poursuis depuis toujours. Notre Dame de Paris est arrivé un peu du jour au lendemain, et j’ai embarqué dans cette grosse machine-là. J’ai adoré l’expérience et j’ai énormément appris, tant sur le plan professionnel que personnel.
Fond de bière a été un peu la porte de sortie. Après trois ans et demi en comédie musicale, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de ce que je voulais apprendre. Cette chanson a été le petit coup de pied qu’il me fallait pour me dire que j’avais le droit de suivre mon objectif principal, ne serait-ce que pour ne pas avoir de remords. Je ne me voyais pas faire de la comédie musicale toute ma vie. J’aime être sur scène avec ma guitare, interagir directement avec le public, ce que je ne peux pas faire de la même façon en comédie musicale.
[Si on compare avec la trajectoire artistique de Garou, qui a interprété Quasimodo à l’origine dans Notre Dame de Paris] Sous le vent, c’est un peu mon Fond de bière à moi : mon incontournable. Aujourd’hui, les gens me reconnaissent surtout grâce à Fond de bière.
Question bonus : que penses‑tu de Mahéja ?
Son point fort, c’est sa grande naturalité. Elle a une personnalité incroyable. Non seulement elle chante très bien et ses chansons sont excellentes, mais elle est vraie et authentique, et ça, personne ne peut le lui enlever.
Elle dégage quelque chose de lumineux, de solaire. Le public adore ça, et ce n’est pas pour rien qu’il a accroché à elle. Les gens se reconnaissent en elle, autant dans la personne que dans ses chansons. Franchement, c’est très fort. Je suis un fan de la première heure.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.

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