Le 16 janvier, Mahéja a lancé une nouvelle composition, Plan b, en collaboration avec son amie Ariane Simard. Mais avant de sortir ce nouveau single, elle a fait découvrir son univers musical à Montréal lors du lancement de son EP Eau potable, le 9 janvier dernier au Club Soda. Pour mieux comprendre son approche artistique et son univers, nous l’avons rencontrée en entrevue avant son spectacle.
Comment te sens-tu à l’aube de présenter ton tout premier spectacle à Montréal ?
Je me sens excitée. J’ai vraiment hâte de voir le public. Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre avec le public montréalais. Dans ma tête, c’est un autre univers.
Comment se sont déroulés tes autres spectacles jusqu’ici ?
Ça se passe vraiment bien, surtout que je ne suis pas stressée avec ça. Moi, j’y vais au feeling. Il n’y a aucun spectacle qui est pareil : ce ne sont jamais les mêmes artistes invités ni les mêmes premières parties. J’aime vraiment le concept de ne pas avoir à me stresser avec un horaire strict et de pouvoir faire ce que je veux.
Ressens-tu un certain stress en ce moment ?
Non, pas du tout. J’adore être sur scène, ça ne me stresse jamais.


Peux-tu nous présenter le spectacle de ce soir ?
Je vais chanter les chansons de l’EP Eau potable, mais aussi plusieurs titres qui ne sont pas sortis — et qui ne sortiront peut-être jamais. C’est vraiment pour montrer mon univers musical. J’invite aussi des artistes : comme ça, quand les gens viennent au spectacle, ils voient au moins cinq artistes, et ça vaut la peine. Même s’il n’y a pas de collaboration officielle, je leur donne le stage pendant le temps qu’ils veulent. Parfois, je chante avec eux aussi. J’ai mes musiciens qui m’accompagnent, et je trouve que ça fait un très beau tout.
Pourquoi avoir choisi Philippe Tremblay comme première partie ?
Philippe (Tremblay), il est trop cool. Sa voix ne fitte pas avec son look, et c’est justement ça qui est hot. En ce moment, il est partout, tout le monde en parle. Plusieurs personnes m’ont écrit pour me dire qu’elles venaient surtout pour voir Philippe et qu’elles ne me connaissaient pas, mais qu’elles étaient contentes de me découvrir en même temps. Pour Montréal, c’était vraiment un bon choix.


Parle-moi de tes invités spéciaux ce soir.
Romie a un talent immense. Je trouve qu’elle mérite d’être connue partout. Ce qu’elle fait est unique et très inspirant. J’aimerais vraiment travailler avec elle un jour, en coécriture ou en collaboration. Je voulais qu’elle ait son moment pour briller et montrer ce qu’elle peut faire en salle, parce qu’elle a aussi une très belle personnalité.
Statzz, lui, est plus connu que moi. Je le connaissais comme artiste, mais je l’avais jamais rencontré. Je me suis dit que si j’arrivais à l’amener, ça allait avoir un gros impact. J’étais vraiment contente quand il a dit oui. J’écoutais déjà beaucoup ses chansons, donc j’étais comme : « Oh my god, trop hot ! » On est une grosse gang ce soir et on va juste triper.
Qu’est-ce que tu retiens depuis la parution de ton EP ?
J’ai appris à ne pas sous-estimer mes chansons. Celles que j’aimais moins sont finalement très aimées du public. Je trouve ça incroyable quand les gens écoutent ma musique. Comme artiste, tu finis par te tanner de l’entendre, parce que tu baignes dedans constamment. Mais de réaliser que la musique vit à l’extérieur, que les gens l’écoutent vraiment, je trouve ça tellement hot.
Le EP a eu exactement l’effet que je voulais : il a rejoint les bonnes personnes. C’est un EP super positif, avec de belles paroles que tout le monde peut chanter. Je suis vraiment touchée par l’impact, surtout auprès des jeunes : dans les écoles primaires, les garderies et à la maison. Il y a tellement de parents qui m’écrivent pour me dire que c’est juste moi dans l’auto le matin. Si je peux aider des enfants à développer une mentalité plus positive et à viser les belles choses de la vie, tant mieux.
Penses-tu déjà à la suite ?
Oui, je sais que je veux faire un autre EP, mais pas tout de suite. Pour l’instant, je vais faire rouler celui-là. J’ai une collaboration avec Ariane Simard qui sort le 16 janvier, puis une autre collaboration en février. Ensuite, il y aura les festivals cet été. À l’automne, on reviendra avec des singles pour préparer un futur EP.
Présente-moi ta collaboration avec Ariane Simard.
C’est une très belle collaboration. On s’est inspirées du girl power et de l’esprit d’équipe. La chanson parle du fait qu’il faut suivre son cœur, suivre son plan A. Le titre, Plan b, vient justement du refus de choisir un plan de rechange.
Comme artistes, on est tannées de se faire dire : « Continue l’école, pense à autre chose, aie un backup. » Oui, c’est correct, mais à un moment donné, est-ce qu’on peut juste vivre notre vie et aimer ce qu’on aime ? Quand on est jeune, on nous permet de rêver grand : tu veux devenir astronaute, on te dit « go ». Mais en vieillissant, on te freine. La chanson parle de ça, pour inspirer les gens à suivre leurs rêves sans hésiter.
J’aime vraiment composer avec Ariane. Elle a une voix magnifique. Nos voix fittent très bien ensemble : elle a beaucoup de force, moi j’ai peut-être plus le grain, et ça se complète vraiment bien.
En quoi te sens-tu différente aujourd’hui par rapport au moment de notre première entrevue ?
Je prends de moins en moins tout ça pour acquis. Je ne le faisais déjà pas, mais je renforce encore cette mentalité-là. Ça devient facile d’oublier à quel point ce que je vis est exceptionnel. Parfois, je me surprends à dire que c’est difficile, mais c’est exactement ce que je n’aurais jamais osé rêver faire avant. J’essaie de me recentrer là-dessus. J’ai toujours confiance en moi, mais une confiance plus lucide : oui, je suis bonne, mais il y a des gens meilleurs, et c’est correct. J’ai envie d’apprendre d’eux.
Quand tu viens de région et que tu es seule à faire ça, le spotlight est toujours sur toi. Il n’y avait pas vraiment de compétition. En arrivant en ville, tout le monde est bon, tout le monde se démarque. C’est une autre étape. Tu réalises que tu n’es pas le centre de l’univers — et ce n’est pas grave. Si quelqu’un est meilleur que toi, tu vas apprendre de lui, et lui va apprendre de toi.
Tu viens tout juste d’envoyer ton premier extrait aux radios. Comment vis-tu ce moment ?
On a poussé Une seconde. en radio. J’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner. Je n’ai jamais vraiment suivi les statistiques radio auparavant. J’aimerais ça atteindre un top 20, un top 15 : ce serait vraiment cool.

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
