Originaire du Saguenay, Mahéja n’a pas tardé à se faire remarquer. Entre ses chansons francophones, dont son récent extrait Eau saline, sa collaboration avec Gabriel Fredette et sa présence marquante sur les réseaux sociaux comme TikTok et Instagram, elle captive un public de tous âges, surtout les jeunes. Avec son album Eau potable, qui sortira le 30 octobre, et une tournée québécoise qui la mènera notamment au Club Soda de Montréal le 9 janvier prochain, Mahéja prouve que talent, authenticité et positivité font des étincelles.
Qui est Mahéja ?
Je viens du Saguenay et je suis née à L’Anse-Saint-Jean, un petit village de la région. J’ai grandi avec la musique, vraiment toute ma vie : ma mère a fondé l’École de musique du Bas-Saguenay. Depuis que je suis toute petite, je baigne dans cet univers. J’ai commencé à chanter dès que j’ai appris à écrire, très jeune, car je faisais l’école à la maison. Très vite, j’ai écrit mes propres chansons et participé à de nombreux concours musicaux dans ma région. Mais c’est vraiment au mois de juin que ma carrière a explosé grâce aux réseaux sociaux, et je trouve ça incroyablement excitant.
Tu écris depuis que tu es jeune, mais est-ce que tu avais déjà composé concrètement tes propres chansons ?
Oui, j’ai toujours composé, surtout en anglais. J’ai un peu étudié dans une école anglophone. Composer en français, c’est un autre niveau. C’est très vulnérable, parce que les gens vont comprendre ce que tu dis. Écrire en français, c’est vraiment ouvrir son cœur au public. Je pense que c’est ça qui fait les meilleures chansons : écrire dans sa propre langue, justement parce que c’est vrai.
Peux‑tu nous raconter comment est née ta collaboration avec Gabriel Fredette sur ta chanson À quoi ça sert ?
J’ai sorti On danse ensemble, puis Gabriel Fredette a lancé Tant qu’on est toi et moi. Nos morceaux ont explosé sur les réseaux. En voyant le succès du mien, il l’a reprise, et nous avons ensuite décidé d’en écrire un ensemble, À quoi ça sert. Une belle amitié est née de cette collaboration, et une autre pièce commune figurera sur mon album.
Parle-moi de ton succès… Comment t’expliques que ça ait pris autant d’ampleur en si peu de temps ?
C’est vraiment venu tout seul. J’étais un peu dépassée, mais de façon positive. Je n’étais pas tout à fait prête, mais en même temps, je savais que je voulais faire ça dans la vie. Je savais que ça finirait par arriver, mais je ne savais ni quand ni comment. Quand c’est arrivé, j’ai embarqué dans le bateau. Les gens demandaient, et je donnais. Dans le monde musical, on vit grâce au public. Je trouve important de rester à l’écoute, tout en portant attention à ce que les gens apprécient recevoir de moi, afin de leur offrir ce que je suis en mesure de donner. C’est vraiment grâce au public que je peux faire de la musique. S’il n’y a pas de public, il n’y a pas d’artiste.
Avant de devenir virale, est-ce que tu faisais des vidéos qui avaient le potentiel de le devenir ?
Je ne faisais pas tant de vidéos, non. Parfois, je faisais des covers de chansons, mais j’avais à peine 200 vues. C’était juste pour mon plaisir personnel. Je me disais : « Tant qu’à les laisser dans mon téléphone, autant les mettre sur les réseaux. » C’est vraiment quand j’ai décidé de montrer ma personnalité que les gens ont commencé à accrocher. Quand j’ai commencé à faire des vidéos où je parlais et où je décrivais mon spectre de l’autisme, ou plein d’autres sujets du genre, les gens ont vraiment embarqué.



Tu as plus de 90 000 abonnés sur TikTok, qu’est-ce que tu aimes le plus sur ce réseau social ?
Ce que j’aime vraiment, c’est le public. J’adore utiliser Instagram pour toutes les annonces, je trouve ça plus facile avec les stories, mais il y a moins de commentaires. Sur TikTok, tous les amis s’investissent au quotidien. Ils commentent, font des vidéos sur moi et sont vraiment présents. Cela me rend complètement abasourdie, et je suis vraiment reconnaissante.
« Avoir un public jeune est incroyable, car je peux avoir un impact sur leur vie et les aider à faire de bons choix. »
Je donne des conférences dans des écoles secondaires, et j’aimerais vraiment en faire encore plus. J’adore inspirer les jeunes à rester positifs, partager mon parcours et parler de l’autisme et des réseaux sociaux. J’aimerais aussi aller dans les écoles primaires pour proposer des activités musicales et ludiques autour des émotions et des chansons.
Est-ce que ton public s’accroche à ta personnalité, mais aussi à ta carrière musicale ?
Oui, exactement. Les gens ont aimé ma personne, et du coup, ils ont aimé mes chansons aussi. C’était un vrai deux-en-un. Je trouvais ça hyper avantageux, parce qu’il n’y a pas beaucoup d’artistes comme moi qui évoluent autant dans le monde des réseaux sociaux que dans le monde artistique.
Faire une tournée si tôt dans une carrière, ce n’est pas courant. Au début, j’étais un peu réticente, mais le public est vraiment présent. Ils ne viennent pas juste pour mes chansons, ils viennent pour moi. Ils veulent m’entendre parler. C’est un sentiment incroyable.



Présente-moi Eau saline…
Ma chanson Eau saline touche beaucoup de gens. Je l’avais écrite il y a longtemps et je l’ai performée au cégep. Tout le monde me disait que c’était leur préférée. J’avais posté un extrait de moi en train de la jouer au cégep sur mes réseaux. Les gens connaissaient déjà la chanson et avaient hâte de la découvrir avec un arrangement musical complet. Eau saline raconte une histoire poétique et significative. Il faut comprendre les paroles pour en saisir toute la force.
Pourrais-tu présenter ton album à paraître, Eau potable ?
Mon album sortira le 30 octobre, juste avant ma tournée québécoise, pour que les gens puissent découvrir les nouvelles chansons avant de les entendre en spectacle. Les titres sont positifs et inspirants, comme Cœur d’enfant ou Le sens du soleil. La chanson avec Gabriel (Fredette) sortira également un peu avant l’album. Cet album contient des morceaux que chacun peut s’approprier émotionnellement, plutôt que de se concentrer sur un événement précis.
C’est un album entièrement francophone, ce qui me semblait important pour mon public. Il s’intitule Eau potable, parce qu’on a la chance d’avoir de l’eau potable. L’album propose des chansons qui diffusent de la positivité et des messages de respect. Il contient sept chansons, dont quatre inédites. On danse ensemble, Eau saline et Une seconde. en font également partie.
Ta chanson Une seconde. est même entrée dans le top 10 des ventes francophones au Québec. Comment t’es-tu sentie en te voyant apparaître dans ce palmarès ?
Je n’y croyais pas vraiment. Je trouve ça incroyable et je suis reconnaissante. J’ai toujours rêvé d’être une artiste connue, et je n’aurais jamais pensé atteindre ça aussi rapidement. Le défi maintenant, c’est de maintenir ce succès, mais le public est là, et c’est vraiment incroyable.
Comment te sens‑tu à l’idée de partir en tournée un peu partout au Québec à partir du 7 novembre ?
C’est incroyable d’avoir cette opportunité. Peu importe la taille de la salle, je ferai le même spectacle. Chaque show comportera des invités surprises et différents artistes québécois. Il y aura aussi des articles de merch disponibles.
Comme tu es une artiste que ton public suit gratuitement sur les réseaux sociaux, comment te sens‑tu à l’idée de présenter un spectacle payant ?
Au début, j’étais un peu réticente, parce que je voulais que ce soit accessible à tout le monde. Mais les billets doivent couvrir le coût de la salle, les déplacements et les musiciens. J’invite toujours des artistes en première partie, et je reste après le show pour rencontrer le public, signer des autographes et prendre des photos. Pour moi, c’est une expérience complète et vraiment enrichissante pour tout le monde.


Question bubbly : Est-ce qu’il y a des gens qui disent « Je suis ta fan numéro 1 » ?
Oui, il y a beaucoup de comptes de fans sur les réseaux sociaux. Ça fait vivre mes réseaux et ça me permet aussi de prendre des pauses. Quand les gens me disent ça, je dis toujours : « Non, c’est moi ta fan numéro 1 ! »

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
