L’auteur-compositeur-interprète Julyan a dévoilé son premier album, intitulé Future Lovers, le 20 septembre dernier. Celui-ci est une compilation de chansons ensoleillées qui parlent de romance, de réminiscence, et du fait de mettre une relation dans le passé.
Depuis l’automne dernier, il nous a présenté les chansons Piña Colada (ludique et avec des souvenirs intimes), Think About You (accrocheuse et calme) et 1999 (la nostalgie, qui se transmet avec une guitare acoustique rêveuse). Sur Future Lovers, il y a aussi celles qui sont plus mélancoliques dans le son, comme Morning Light et Beautiful Lie, mais elles sont mélangées avec celles qui nous encouragent à taper du pied (notamment The Game et Howling at the Moon).
Julyan a fait partie de The Seasons et Forest Boys et dans les années récentes, il a collaboré avec Simon Lachance, San James, Gabrielle Shonk et Jérôme 50, parmi d’autres. Depuis son EP, intitulé Julyan, en 2020, son projet solo a évolué. On a rencontré Julyan dans le quartier Limoilou de Québec, le jour de la sortie de Future Lovers, pour parler de sa vision créative et de l’industrie musicale qu’il connaît bien.
D’abord, tu as été très impliqué dans la scène musicale québécoise ces dernières années. Par conséquent, comment te sens-tu d’avoir enfin sorti ton premier album solo?
C’est vraiment quelque chose parce que c’est deux ans et demi de travail. J’ai l’impression qu’aujourd’hui je me rappelle pourquoi j’ai commencé l’album et que j’ai travaillé aussi fort.
Quelle était la raison?
C’était un besoin de m’exprimer. J’ai de la misère à avoir beaucoup de points solides dans ma vie. J’ai besoin d’être en mouvement et d’avoir des changements et des aventures. C’est le fun, mais je pense que j’écris des chansons pour comprendre tout ce que je vis. L’album est sorti, donc c’est comme si l’idée revenait au complet.
Quel a été le parcours de l’album? Est-ce que la vision a changé depuis le début de sa création?
Certaines choses, oui, mais d’autres choses, non. Je dirais que, musicalement, je suis resté assez proche de ce que j’avais envisagé. Je pense que quand j’ai commencé à travailler sur l’album, il y avait beaucoup de pression parce que je voulais qu’il soit un succès. Avec le temps, je suis revenu à quelque chose de personnel et j’ai réussi à faire l’album que je voulais faire sans me soucier trop des normes de l’industrie.
Même si tu as collaboré avec beaucoup d’artistes francophones et composé/écrit des chansons en français, ton projet solo est tout en anglais. Pourquoi es-tu plus attiré par la langue anglaise pour t’exprimer?
Je n’ai pas vraiment une réponse claire, mais c’est quelque chose qui me vient naturellement. J’ai décidé de faire de la musique parce que j’avais envie de faire quelque chose qui me tente et d’aller dans un milieu qui me permet de faire des choses que je veux faire. Je ne sais pas pourquoi les chansons me viennent en anglais, mais je sais que je ne peux pas combattre contre ça. Je veux que le processus soit naturel et que la musique me représente, sinon ce serait une trahison envers la raison pour laquelle je fais de la musique.
Comment cette écriture a-t-elle développé à travers les années?
Je consomme beaucoup de musique en anglais. Donc, c’est sûr que ça a eu un impact sur ma maîtrise de la langue. L’anglais n’est pas ma langue maternelle, mais c’est une langue dont je me sens proche, en ce qui concerne les médias et les voyages que je fais.
L’ambiance de l’album est très pop ensoleillée, ou feel good pop, et c’est très Julyan parce que tu avais déjà un style distinct qu’on reconnaît tout de suite. C’est aussi, selon toi, un album breakup. Comment décrirais-tu les meilleures chansons breakup ? Est-ce que tu as incorporé ces éléments dans ta propre musique?
Je dis que c’est un album breakup parce que je sais ce qui m’a motivé à écrire. Ce ne sont pas toutes les chansons qui parlent directement d’un breakup. Il y a beaucoup de chansons, comme Piña Colada et Morning Light, qui parlent plus de nouvelles rencontres. Pour moi, ça vient du concept du breakup parce que ça couvre tous les aspects qui viennent avant et après. Je ne sais pas nécessairement ce qui fait une bonne chanson de breakup parce que je n’ai pas essayé de le faire. Par contre, le thème s’est produit naturellement.
Pourrais-tu parler des gens avec qui tu as collaboré pour cet album? Comment ont-ils influencé le résultat?
J’ai travaillé avec Philippe Brault à la réalisation, un grand réalisateur au Québec. J’ai aussi travaillé avec Ghyslain-Luc Lavigne qui est ingénieur son et mixeur. Hubert Lenoir, mon frère, m’a aidé avec la direction et les conseils. Il était ma référence quand j’avais un genre de dilemme et je ne savais pas où aller musicalement. On se connait bien et il comprend mes goûts. Il y a aussi José Major qui est un batteur phénoménal. J’ai joué presque tous les instruments sur l’album, mais je ne suis pas très bon à la batterie. Je la joue correct, mais pas assez pour enregistrer en studio. Jérôme 50, qui est mon meilleur ami, m’a donné beaucoup de conseils quand j’étais bloqué.
Est-ce que l’album était enregistré à Montréal ou aussi à Québec?
Les enregistrements principaux étaient faits à Montréal, mais j’ai fait quand même beaucoup de postproduction à Québec, que ce soit chez moi ou chez Marius Larue, un ami qui a un studio ici. L’album est comme un mélange de plein d’endroits, mais l’enregistrement principal était au Treatment Room, à Montréal.
C’est sûr que tu es très fier de l’album, mais est-ce qu’il y a des chansons qui ont plus de signification pour toi, peut-être grâce à l’histoire derrière sa création?
Humm. Toutes, mais je pense que The Game, la dernière toune de l’album, a une signification très forte. Elle parle du parcours que j’ai traversé dans l’industrie musicale qui m’a brisé, mais je parle d’une manière qui n’est pas accusatoire et je ne crois pas avoir été une victime. Je reconnais ma part et ma responsabilité dans ce que j’ai vécu et je comprends qui je suis.
Comment décrirais-tu la scène musicale québécoise et as-tu remarqué des changements à travers les années?
Ah oui, vraiment. La scène que je connais, c’est avec les artistes de mon âge et plus jeunes. Je trouve que cette scène a marqué un changement vraiment le fun. Avant, les artistes étaient un peu émancipés du côté commercial, donc c’était très restreignant. C’est le fun de voir les artistes, comme Valence, Jérôme 50 et Hubert Lenoir, être capable de vraiment performer et apporter quelque chose au paysage québécois sans avoir besoin de suivre un modèle très commercial.
Est-ce qu’il y a des choses que tu penses qui devrait changer ou évoluer?
Hum, il y en a beaucoup. Par contre, je ne suis pas un expert alors je fais attention à ne pas trop critiquer. Il n’y a pas beaucoup d’argent dans la musique et des artistes de partout à travers le monde disent qu’ils sont pauvres. Les gens qui sont là-dedans sont là avec leur cœur, donc je crois que tout le monde fait de son mieux. C’est un monde d’indépendance, donc je crois qu’il devrait y avoir plus de confiance aux artistes pour gérer et exister financièrement. Je parle des subventions, etc. Je suis avec une maison de disques et je suis très heureux, mais je connais aussi des artistes qui travaillent de manière complètement indépendante. Les artistes aujourd’hui sont des businessmen, businesswomen et ils font du marketing, etc. S’ils ne font pas ces choses, ce serait difficile. Les artistes travaillent très fort et je pense qu’ils méritent plus de reconnaissance pour ça.
Tu passes ton temps entre Québec et Montréal… Quelles sont les différences entre ces deux villes et est-ce qu’elles influencent ta musique?
Sans doute. Québec, c’est petit et il y a moins d’industrie. En même temps, on dirait qu’on a plus de paix. Je suis avec mes amis et je vis ma vie. Le loyer est moins cher et je suis moins stressé. Je peux donc plus me concentrer sur ma musique. À Montréal, c’est sûr qu’il y a plus d’opportunités professionnelles.
Tu auras deux lancements pour Future Lovers, le 3 octobre à la Casa del Popolo (Montréal) et le 4 octobre au Pantoum (Québec). Quels sont tes plans pour ces spectacles?
C’est le début officiel de ma tournée, donc je prévois de célébrer fort. Cet album était écrit dans le but de le partager sur scène. Parfois, faire de la musique est très abstrait, tu composes et tu imagines comment ça va sonner. Ma façon de matérialiser la musique et de sentir qu’elle est plus concrète, c’est de m’imaginer en train de la partager avec des gens. L’effet c’est que ma musique fonctionne bien sur scène et que mes choix artistiques m’amènent à ça naturellement. J’ai vraiment hâte de faire des shows.
Finalement, vu que ton nom est déjà connu, qu’est-ce que tu espères que les gens retiennent de ce premier album?
Je l’ai fait dans le but d’être moi-même. C’est un album qui parle beaucoup du fait de trouver notre identité et notre place dans cet univers. J’espère que ça pourrait inspirer les gens d’aussi trouver leur place. Trouver ou ne pas trouver, ce n’est pas si important. Ce qui est important, c’est qu’on cherche et pose de bonnes questions.

Frankie Rose | Journaliste
Frankie est originaire d’Angleterre mais elle est francophone dans l’âme et elle aime découvrir et promouvoir la langue. En ce qui concerne la musique, elle aime les chansons qui racontent les histoires, que ce soit dans les paroles ou le lien personnel que la musique peut créer.

Photos : Courtoisie
Crédit Photo : Sam Billington

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