Le 25 janvier dernier, Jay Scøtt a lancé une nouvelle chanson en collaboration avec Souldia pour la pièce Grand frère. En août dernier, l’auteur-compositeur-interprète Pier-Luc Jean Papineau (de son vrai nom) a performé sur la scène du festival Cigale et on a en profité pour piquer un brin de jasette avec lui.
Comment as-tu aimé ta performance ?
C’était super le fun, il fait beau, il est 17h et toutes mes choses sont rangées. Alors maintenant, je peux profiter du festival. Mes amis et ma famille sont là, nous allons profiter de la soirée.
Comment as-tu trouvé l’expérience de jouer sur la plage ?
C’était vraiment cool. J’ai déjà joué sur la plage, à la Plage de la Pointe-Scott à Roberval au Lac Saint-Jean. Ce n’est pas ma première plage, mais c’était beau avec les bateaux qui passaient en arrière !
Si tu pouvais créer ton propre festival, carte blanche, à quoi ressemblerait-il ?
Moi, je viens de Terrebonne et il ne se passe rien dans ce bout-là. Ça nous prend un festival ! Il y a le Festival Grande Tribu, mais je souhaiterais quelque chose d’envergure, plus internationale – un peu comme le Santa Teresa. J’aime la formule comme Osheaga, condensé en quelques jours. En même temps, j’adore aussi le Festival d’été de Québec. Je me contredis bref… Je ferais une version diversifiée d’Osheaga à Terrebonne.


Comment se passe ton été jusqu’à maintenant …
Très occupé. Partout où je vais, les gens sont là. Ça fait dix ans que je fais des spectacles et qu’il n’y a pas un chat. Et là, j’arrive et ils connaissent les chansons ! C’est mon deuxième été comme ça. Le premier, c’était vraiment plus de l’adaptation et de l’apprentissage. Et maintenant, je trouve plus mon style et c’est juste du fun. C’est mon plus bel été jusqu’à maintenant.
Tu termines ta tournée cet automne/cet hiver, comment vois-tu la fin ?
C’est certain qu’une fin, c’est fait pour démarrer quelque chose de nouveau. Je le vois donc comme un nouveau départ. Là, ce sont les festivals avec 10 000, 15 000 personnes. De retourner dans des scènes de 300 ou 400 personnes, c’est vraiment ce que j’aime. Je peux jaser et prendre mon temps. Je vais arriver avec tout mon bagage de l’été aussi.
Y a-t-il un moment mémorable que tu as vécu en tournée ?
Cet été, j’ai reçu une plaque d’or pour Broken, aux Francos (de Montréal). C’était une journée qu’il ne faisait vraiment pas beau, il a plu toute la journée et ça a arrêté pour mon spectacle. C’était rempli de monde. Je joue la chanson, je finis en laissant la foule chanter. Et quand je me retourne, je vois mon gérant arriver avec la plaque d’or. Je me mets à pleurer sur la scène. Déjà, ça me crée une émotion de voir tout le monde chanter ma chanson, mais je me retiens. Je me dis « Ok, je suis passé à travers, c’est fini », mais non. Il arrive avec la plaque, je pleure et je ne fais que lui dire qu’il ne peut pas me faire ça ! J’ai pris la plaque, comme un lutteur qui vient de gagner sa ceinture, et je l’ai levée en faisant « Ahhhhh !! » Je vais m’en rappeler longtemps.
Ça me fait penser, tu as une fan qui a vécu un moment dont elle va se souvenir toute sa vie, plus tôt cette année. Tu as chanté Ensemble avec Léonie au Zénith à Saint-Eustache. Elle a une question pour toi : Quelle a été ton inspiration derrière la chanson ?
Oui, je m’en souviens ! Tu vois, c’est drôle… je pense que ça, personne ne le sait. C’était pour une activité à l’Université de Sherbrooke. Les jeux de la Communication, je crois. Ils devaient faire une campagne publicitaire pour l’environnement et ils m’ont contacté. Ils m’ont envoyé les balises à respecter… Là, ce que je vais te dire, c’est EXCLUSIF. Je fais comme si de rien n’était, oui oui je vais le faire… mais je ne le fais pas. À la dernière minute, la veille, ils me demandent si j’ai la chanson, car ils en ont besoin pour demain. Sais-tu ce que j’ai dit ? « Oui, je l’ai ! », mais je ne l’avais pas. J’ai pris ma guitare, bing bang, j’ai fait la chanson Ensemble et je leur ai envoyé et finalement, c’est devenu ce qu’elle est devenue.
Qu’est-ce qui jouait dans ton lecteur CD quand tu étais plus jeune ?
Je trippais sur Limp Bizkit. Une de mes cassettes préférées que j’écoutais beaucoup, c’était Dubmatique. Aussi, j’ai fait du théâtre quand j’étais jeune et à la fin, ma mère m’a donné la cassette de Will Smith, Big Willie Style, avec la chanson de Men in Black. Ça fait tout du sens avec ce que je fais maintenant, au fond.
Si tu pouvais collaborer avec l’artiste de ton choix, qui choisirais-tu ?
Ce serait Kendrick Lamar, c’est sûr. Pour moi, c’est une légende. C’est ça qui est fou, moi je le vois comme une légende encore vivante. Alors quand je le vois en spectacle, je me retiens de be pas pleurer parce que… je suis un émotif. Je me dis, je n’en reviens pas, on est en train d’assister à un moment légendaire. Quand on va être vieux, on va se bercer dans nos chaises et en parler comme les gens parlent de 2pac. Sa musique est tellement avant-gardiste.
À l’opposé, est-ce qu’il y a des artistes de la relève que tu aimerais nous faire découvrir ?
J’aime beaucoup SeinsSucrer, c’est un rappeur québécois très old school que j’adore et aussi TDH, que j’aime beaucoup. J’aime beaucoup d’affaires, j’adore aussi le métal, mais des artistes que j’aimerais ça que ça fonctionne, ouais, ces deux-là.
Avant Jay Scøtt, il y avait Pier-Luc. Que faisais-tu avant, qui est Pier-Luc ?
Pier-Luc existe encore ! Au départ, j’étais intervenant en maison des jeunes pendant huit ans. Ensuite, je suis allée travailler à la SQDC puis pendant la pandémie, j’ai travaillé dans un centre de crise en santé mentale. Comme c’était sept jours de travail puis sept jours de congé, je me disais que j’aurais plus de temps pour travailler sur mes choses. Puis après, je suis devenu ce que je suis. J’ai toujours fait de la musique, depuis que je suis jeune que j’adore ça. Je chantais dans la chorale, j’ai fait une comédie musicale, j’ai appris la guitare tout seul.
Tu me parles de plein de styles différents, qu’est-ce qui t’a amené à trouver ta couleur ?
J’ai commencé quand j’avais 18 ans, dans des groupes de punk/métal. J’y ai appris à jouer de la guitare et de la basse, à chanter. Après, je me suis mis à faire du rap français pour faire rire mon groupe. Ensuite, on s’est dissocié et j’ai continué à faire du rap pour le plaisir. Comme je savais maintenant chanter et jouer de la guitare, ça m’a amené ici. J’ai tout laissé sur ma chaîne YouTube. Alors si tu vas voir, tu peux voir mes premières vidéos.
Tu travaillais en centre de crise. Est-ce que ça t’inspirait ?
Je m’inspirais beaucoup, j’allais puiser dans les histoires des autres. Les gens pensent que ce sont tous des histoires qui me sont arrivées, mais non, je m’assois à mon ordinateur, je flatte mon chat et j’écris. J’essaie que ce soit le plus universel possible.
Dans le contexte actuel, qu’aimerais-tu dire aux intervenants ?
Je fais appel aux profs, aux infirmières, au monde du service à la clientèle et je me demande toujours le quatrième qu’est-ce que je devrais dire, je pense que j’ai trouvé. Les travailleurs sociaux qui sont complètement débordés. Il ne faut pas lâcher, ce sont dans les petites victoires qu’il faut se motiver. C’est tellement pas facile parfois, tu as l’impression que tu perds tout le monde. Alors quand tu as une petite étincelle, une petite graine à la bonne place… il faut le prendre. Je recroise des jeunes à qui j’ai dit quelque chose il y a dix ans et ils me disent, ça a changé ma vie. Je ne pensais pas, moi.
Le mot de la fin de Jay Scøtt?
On a juste une vie à vivre, faites ce que vous aimez. On a toujours le choix.

Catherine Lévesque | Journaliste
La première question que te posera Catherine en te rencontrant, c’est certainement à propos de musique. Grande passionnée de musique en tout genre, dès son plus jeune âge, celle-ci comprend que c’est à ses yeux, le plus merveilleux des moyens de communiquer. À travers ses mots et en parallèle à sa carrière en intervention sociale, Catherine profite de chaque opportunité pour offrir une belle vitrine à ses artistes préférés et à ses plus récentes découvertes. Tu risques fortement de la croiser dans un concert ici – ou ailleurs sur la planète.
Photos : Dominic Courchesne
