Pour Marie-Ange Bourdages, réalisatrice de l’œuvre, la sortie officielle de son premier court-métrage Alicia, Darling est un rêve devenu réalité. Étant passionnée de cinéma depuis sa tendre enfance, elle atteint maintenant un but dans la vie qu’elle souhaitait tant atteindre.
Voici une entrevue réalisée avec Marie-Ange Bourdages ainsi que les actrices Alicia Guillotte et Camille Gauthier le 25 janvier dernier.
Marie-Ange Bourdages
Présente-moi le court-métrage Alicia, Darling.
Alicia, Darling, c’est un peu de ma personnalité et un peu de la personnalité de jeunes adultes du monde entier qui vivent plein d’émotions hyper intenses. Dans le cas spécifique de Alicia (Alicia Guillotte), elle est souvent en colère et on ne comprend pas pourquoi. À travers les émotions qu’elle vit, on la voit en relation avec sa sœur (Camille Gauthier) et sa mère (la mère d’Alicia Guillotte). La chimie sur le plateau était vraiment cool parce qu’il y avait une belle complicité avec tout le monde.
Pourquoi avoir choisi d’aborder une thématique quand même épineuse – soit les émotions dans la tête de jeunes adultes ?
C’est très important en tant que jeune de représenter les autres jeunes, c’est la meilleure chose à faire, surtout au cinéma, pour que les gens aient un sentiment d’appartenance aux personnages que l’on a créé et qu’on met à l’écran. Il y a une partie de moi qui voulait le développer dans un scénario pour m’en détacher. On parle beaucoup d’anxiété par rapport à plein de trucs qui se passent dans la vie (tels que les relations avec nos parents et nos amis).
À travers le personnage d’Alicia, j’ai beaucoup donné de ma personne. Non seulement ça m’a fait du bien, mais je pense que ça peut faire du bien à d’autres gens aussi qui vivent de l’anxiété, qui sont des jeunes vingtenaires comme moi et qui sont excessifs sur certaines parties de la vie. C’est aussi beaucoup inspiré d’émotions que les jeunes adultes vivent avec tout ce qui a trait à la pression sociale. C’est important, selon moi, de le mettre à l’écran.


Comment as-tu réussi à jongler avec le tout pour arriver à tes fins ?
Quand tu es un jeune cinéaste, il y a tellement de pression pour faire son premier court-métrage. Pour ma part, je n’avais pas d’équipe derrière moi. J’ai scénarisé, filmé et monté par moi-même. C’est sûr que c’est un méga défi que je me suis donné, mais je voulais le réaliser pour vraiment me challenger. Je pense que j’ai bien réussi.
Je suis vraiment fière des filles aussi, je suis reconnaissante de leur aide. Avec le support qu’elles m’ont apporté et le support des gens autour de moi, cela m’a donné beaucoup de confiance envers moi-même et pour arriver à mes fins. Avec les idées que j’ai eues et les idées de tout le monde, ça m’a vraiment motivée et je suis très contente du résultat final.
Qu’est-ce que tu aimais chez Alicia et Camille pour attribuer leur rôle respectif ?
Alicia, c’est quelqu’un que j’ai rencontré parce qu’elle m’avait engagé pour tourner une de ses vidéos par rapport à un de ses recueils de poésie. Je me rejoins beaucoup dans elle et vice-versa. On s’entend super bien, on est super aligné. On a la même vision des choses autant en ce qui concerne le cinéma et les arts que dans la vie. Alors, on est devenu ami bien rapidement. La première personne que j’ai pensée pour jouer dans mon court-métrage, c’était Alicia parce qu’elle m’inspire beaucoup dans les projets qu’elle fait et dans son estime de son travail. J’ai tout de suite vu son talent. Je me suis dit : « Let’s go ! Je veux Alie pour ce projet … et personne d’autre. »
Et pour Camille, ça aide beaucoup que ce soit ma meilleure amie. Tout comme Alicia, elle m’encourage beaucoup dans mes projets. Elle est tout le temps willing de faire quelque chose qui sort un peu de sa zone de confort. Je savais qu’elle serait bonne pour incarner la sœur d’Alicia puisque c’est un rôle secondaire; donc peu de pression. Elle n’a jamais vraiment plongé dans l’acting, mais elle est quand même intéressée par le domaine de l’art. C’est toujours cool d’avoir des gens motivés autour de soi.


Qu’est-ce que tu voudrais accomplir avec ton court-métrage ?
J’aimerais me faire une place dans le domaine. Je sais que ce n’est pas aussi facile vu la concurrence et le nombre de talents en cinéma au Québec. J’aimerais surtout me faire un nom pour m’aider à obtenir une subvention dans mes futurs projets et pouvoir compter sur une équipe derrière moi pour me permettre de m’épanouir.
C’est tellement un gros accomplissement de faire un court-métrage. Juste d’avoir des gens du public et des réalisateurs qui viendront à la projection de mon court-métrage, ça me fait du bien parce qu’on a mis tellement d’effort, de temps et de planification dans ce projet-là. Je le laisse maintenant dans les mains du public. C’est ce que je suis. C’est à prendre ou à laisser, mais j’aimerais ça qu’on me prenne (rires).
Alicia Guillotte
Présente-moi ton personnage.
Alicia est une femme de 22 ans. C’est quelqu’un d’extrêmement frustré. C’est un personnage qui est tristement dans le déni. Elle vit beaucoup de colère. Elle ne sait pas trop comment gérer ses émotions, et elle se tourne beaucoup dans l’emprisonnement de ses émotions. C’est un personnage qui peut être associé à plein de gens qui vivent des choses similaires.
Comment est-ce que c’était pour toi d’incarner un premier rôle pour la première fois dans un court-métrage ?
C’était une opportunité en or. Je remercie tellement Marie-Ange, honnêtement. Ç’a été un projet que j’ai adoré. J’ai rencontré Camille qui est une personne incroyable. Je suis vraiment contente. C’est un défi pour moi, car c’est un personnage loin de moi. Elle est en colère, elle est de mauvaise humeur et elle sacre beaucoup (tout le temps en fait) tandis que moi, je suis une personne optimiste, je suis de bonne humeur et j’essaie de ne pas trop sacrer.
Mon plus grand défi était que j’avais des textes à apprendre et des paroles à dire pour la première fois (contrairement à ses vidéos-poèmes). C’était stressant sur le coup, mais j’ai bien géré. Camille a vraiment une bonne mémoire. Une chance qu’elle était là pour m’aider !


Est-ce que tu crois que ton bagage en poésie a eu un impact sur ton jeu ?
Je pense que oui. Quand Marie-Ange m’a parlé du projet, lors de la première rencontre qu’on a eue, j’étais super excitée et partante pour en faire partie. J’ai tellement confiance en la vision artistique de Marie-Ange. Je trouvais que le court-métrage avait comme un passage poétique. Quand elle m’a dit que je pourrais écrire un petit poème vers la fin, je capotais !
Quelle est ta plus grande fierté ?
C’est le défi d’apprendre des textes et de devoir parler devant la caméra. Ce n’est pas seulement de dire le texte, c’est aussi de vivre l’émotion. J’ai quand même trouvé ça difficile. Ma plus grande fierté, c’est d’avoir réussi à le faire.
Camille Gauthier
Présente-moi ton personnage.
Camille joue la sœur d’Alicia. C’est un personnage secondaire, mais qui est très important dans le cours du court-métrage parce qu’on associe Alicia a une certaine appartenance pour la famille. Elle vit des émotions, avec sa sœur, qui ne sont peut-être pas hyper plaisante à revivre. Même si Alicia est toujours dans le déni, sa sœur est tout le temps là pour elle. C’est important d’avoir un personnage qui donne un peu d’espoir. On parle de sujets qui sont un peu tristes et un peu drabes. Le personnage de Camille permet justement d’avoir une certaine légèreté et un certain espoir face à ces émotions-là qu’on ne comprend pas tout le temps. On peut la voir comme une présence rassurante à ses côtés.
Comment est-ce que c’était pour toi de jouer dans un court-métrage pour la première fois ?
Quand Marie est arrivée avec ce projet-là, j’étais super contente et super enjouée à la base. C’est venu aussi avec du stress de vouloir performer et d’être à la hauteur. Après avoir parlé avec les filles et après avoir lu le script plusieurs fois, cela a été super facile et super le fun aussi de travailler ensemble et de rencontrer Alicia. Les trois ensembles, on a une super chimie. Ça n’a pas été super difficile de s’habituer au rôle et de prendre les prises.


Quelle est ta plus grande fierté ?
Ç’a été de pouvoir reproduire le rôle de la manière que Marie-Ange aurait voulue et de donner l’émotion désirée – soit représenter l’idée qu’elle avait dans sa tête. Ma plus grande fierté est d’avoir été capable de reproduire ce qu’elle anticipait.
Quel est, selon toi, le message que laisse cette œuvre ?
Je crois que c’est vraiment de regrouper un public de jeunes qui se sentent seuls dans leur situation et qui ont des émotions qu’ils ne sont pas habitués à ressentir. Que ceux-ci puissent avoir une espèce de point d’appui ou un rappel pour leur dire qu’ils ne sont pas seuls là-dedans. Même si ça peut être difficile par moment, il y a toujours une solution à la fin, et il va toujours y avoir du monde pour nous aider à travers les épreuves.
Une projection de Alicia, Darling est prévue le mardi 20 février au Cinéma Moderne. Toutefois, l’événement affiche déjà complet.
Bande-annonce

Frédéric Lebeuf | Journaliste & Photographe
Grand passionné de musique rock, metal, metalcore et post-hardcore, Frédéric adore assister à des concerts de ses artistes préférés qui gravitent autour de son palmarès hebdomadaire. Passionné de lifestyle et de télévision, il reste à l’affût pour couvrir des événements de tout genre. Son premier album qu’il a acheté est Americana de The Offspring.
